23 nov. 2008

Un métier pas si connu que cela...

Bonsoir !

En cette soirée pluvieuse, m’est arrivée l’envie de vous parler d’un travail que j’ai effectué pendant deux semaines et demie, fin août-début septembre. Lequel est-ce ? Celui d’une personne que vous pouvez voir tout les jours à vélo ou en voiture, qui comme nombre de métiers a perdu de son prestige d’antan. Je parle bien sûr de celui de facteur, ou de factrice. Il y a longtemps que le métier s’est mixifié, même s’il reste sans doute des inégalités comme partout ailleurs ^^’

Bon, il faut être honnête, sans un parent pour vous pistonner, il vous sera difficile d’obtenir un travail d’étudiant. Toutefois, il ne faut tout de même pas ménager votre Curriculum Vitae, ni votre lettre de motivation. Car, en fin de compte, ce seront eux qui vous permettront de passer par l’entrebâillement ouvert par votre ‘parrain’ et décrocher un rendez-vous. Un rendez-vous important qui permettra à votre ‘futur’ supérieur de juger, de visu, de votre motivation, de la pertinence de votre recommandation, de vos réponses à ses questions, et caetera. A la suite de quoi, il prendra la décision d’investir ou non dans votre formation qui pourra mobiliser un facteur pendant un à trois jours, et les autres à faire votre part du tri général. S’il investit en vous, ce n’est pas pour quelques semaines, mais quelques années. Dans le même temps, si vous le satisfaisiez, vous seriez certain(e) d’être rappelé(e) lorsqu’il aurait besoin de vous.

Alors, en quoi consiste le travail ? Et bien, tout d’abord, il vous faut arriver à l’heure, jamais en retard. Vous pointez, et vous dîtes “Bonjour” à vos collègues. C’est quand même la moindre des choses, non ? Ensuite, lorsque le courrier arrive, si ce n’est pas déjà le cas, vous en prenez une caisse et vous vous rendez à votre première place. Laquelle ? Celle où vous allez effectuer le tri général. C’est-à-dire que vous allez trier, un par un, les lettres, magazines et autres prospectus en fonction des différentes tournées, mais aussi des boîtes postales. Dans le bureau de poste dans lequel j’ai travaillé, il y avait une quinzaine de tournées, presque autant en vélo qu’en voiture. Mais ?! Comment on trie ? Avec les casiers mis à votre disposition, enfin ! Il y a un pour chaque division que vous devez faire dans votre tas de courrier. Et, les autres ? Bah, comme vous, ils ont exactement les mêmes casiers, vous ne pourriez pas trier tout ce tas tout(e) seul(e) :p

Néanmoins, il faut que vous sachiez que le tri général ne se fait pas dans tout les bureaux de poste. Et oui, dans certains, et de plus en plus, ce tri est déjà fait. Elle est’y pas belle la vie ? Dans mon bureau, ce sont déjà plusieurs caisses qui arrivent triées. Ainsi, il n’y plus qu’à passer au tri de la tournée. Pour ça, il faut aller récupérer le courrier que l’on vient de trier au tri général — vous suivez toujours ? — ou/et dans les caisses triées. D’ailleurs, dans celles-ci, il l’est également pour la tournée. Vous n’avez donc plus qu’à suivre vos casiers dans l’ordre et y placer votre courrier. Sinon, comme précédemment, il faut le trier un par un, dans l’ordre où vous le distribuerez. Cet ordre n’étant pas forcement celui des numéros des maisons, ce qui peut se révéler assez tordu. Là, je parle par expérience ^^’

En plus de cela, si vous faîtes une tournée vélo, vous êtes dépendant(e) du collègue qui va déposer pour vous des sacs remplis de courriers dans des dépôts relais. Qu’est-ce que sont ces dépôts ? Et bien, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la quantité de courrier, mais sachez que dans ma tournée, les jours les plus chargés, le coffre d’une Renault 5© suffirait tout juste à le contenir — j’exagère à peine. Par conséquent, vous vous rendez compte que ce n’est pas sur votre petit vélo, pas si petit, que vous pourrez tout transporter. Primo, il n’y aurait pas la place ; deuxio, ce serait bien trop lourd ! Ainsi, les dépôts relais servent à entreposer une partie du courrier de votre tournée, vous refaîtes le plein de courrier à chaque dépôt. Quand y’en plus, y’en a encore ! C’est’y pas bô ? Plaisanterie mis-à-part, ce système permet au facteur d’effectuer des tournées assez longues sans avoir à revenir sans cesse au bureau, ni se casser le dos à porter des charges bien trop lourdes. Le poids des mots, vous y avez déjà réfléchi ?

Pendant que vous faîtes ce(s) tri(s), une ou plusieurs personnes trient le courrier à remettre contre signature, que ce soit des lettres ou des colis, et les autres colis. Si vous faîtes une tournée vélo, les plus gros sont pris en charge par un collègue en voiture, ouf ! Une fois qu’elle a/ils ont fini leur tri, elle/ils le signale(nt) et vous pouvez alors venir le chercher pour le trier à votre tour en fonction de votre tournée. Mais, attention, vous ne les prenez pas comme cela ! Il vous faut d’abord vous assurer que le nombre de recommandé(s) que vous prenez est le même que celui compté par votre(vos) collègue(s). Une fois fait, vous signez une feuille en y écrivant le nombre que vous avez calculé et vous pouvez les emmener.

Mais, les boîtes postales ? les lettres mortes ? les lettres à rediriger ? Tu n’en as pas parler… Non, et je ne le ferai pas ce soir. Je pense que le billet est déjà assez volumineux comme cela. Je terminerai donc avec la tournée proprement dite. Avant de partir, vous n’oubliez pas de prendre les clefs de votre tournée qui servent de passe-partout, ou à rentrer au bureau. Vous n’oubliez pas non plus le petit classeur des recommandés, ni le cahier des procurations, ni un crayon qui fonctionne, encore moins votre imperméable si vous êtes à vélo et qu’il commence à pleuvoir. La pluie n’arrêtera pas votre tournée, même si elle la ralentira sans doute ^^ Vous prenez donc votre véhicule et vous rendez au lieu où commence votre tournée. Vous n’avez plus qu’à mettre le courrier dans les boîtes à lettres.

Seulement, encore faudrait-il les trouver… Oui, oui, ce n’est pas toujours évident, surtout pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de cette tournée, ou encore moins du métier. Parfois, la boîte est bien visible, mais à qui appartient-elle ? Pas de numéro sur elle ou la maison/l’appartement, ou même de nom… D’autre fois, ça peut être le chien qu’on a oublié de rentrer, ou qui est de mauvaise humeur aujourd’hui, qui vous empêchera de l’atteindre. Malheureusement, d’autres fois, ce pourra être des vandales qui auront démolie la nécessaire boîte. Et, que sais-je encore… La vie est pleine de surprises, non ? D’ailleurs, d’autres surprises peuvent arriver. Comme la chaleur de l’accueil des habitants, la beauté de certaines maisons ou de certains jardins, les moments de vie d’une famille que vous avez surpris, un chat au pelage comme vous n’en avez jamais vu, des lieux que vous n’imaginiez pas pouvoir se trouver là… C’est vrai que pour moi, la tournée était le meilleur aspect de mon travail. Toutefois, la vie n’est pas toute rose non plus, et certaines tournées sont difficiles, voire très difficiles… Ce serait bien de ne pas confondre messager et message.

La disciple de Sacrieur s’apprêtait à quitter son hôte. Cela faisait maintenant trois jours qu’elle était arrivée, il était temps de repartir. Ce dernier l’avait bien aidée à dégrossir son rêve, mais il s’était révélé impuissant face à la complexité de celui-ci. La dernière fois qu’il avait entendu parler d’un rêve divin de ce niveau, le disciple en question était devenu fou. Enfin, tout le monde le prenait pour tel, mais Selte Also avait toujours douté de la perdition de celui-ci. Il faut dire qu’il l’avait bien connu dans sa jeunesse, il était vraiment un grand homme, respecté par ses pairs, et admiré par les plus jeunes. Il n’avait jamais compris comment un homme si intelligent pouvait perdre tout cela du jour au lendemain. Pour tout dire, il soupçonnait que ce ne soit son rêve divin qui lui ai révélé de se conduire ainsi, mais qui sait… En tout cas, c’était à lui qu’il avait recommandé à la disciple de Sacrieur de l’aider à comprendre davantage son rêve. Aussi partait-elle pour les montagnes Bworks afin de trouver Barbamouss, le magicien déchu.

Bons draps, et bon feu !