Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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< La création de l’Horizon Chapitre trois : Combats et amitiés >

Chapitre deux : Rencontres et amitiés ~ Autobiographie de Ferora

De Ferora, publiée le lundi 07 javian 638 à 00:00:00

Ce qui était le plus différent ici, c’était la faible population de ce monde. Il y avait bien les cités de Bonta et Brâkmar, et même le château d’Amakna avec son village, celui de Pandala et des éleveurs aussi, mais je croisais très peu de personnes sur ma route, et toutes n’étaient pas à même de m’informer correctement. Pourtant, ce monde presque vierge commençait à me plaire, il y avait tout à redécouvrir, et peut-être même des choses à découvrir tout court. C’était vraiment comme cela que je voyais ce monde au début, et depuis, je n’en ai pas véritablement changé. Certes, il est devenu aussi peuplé que le monde de Jiva ou Djaul, mais il est toujours plein de surprises. Mais la première qu’il me réserva était vraiment spécial.

C’était quelques jours après être arrivée à Astrub, j’avais déjà renouvelé mes vœux mais je m’étais rendu compte que je ne pouvais explorer ce monde entièrement seule. Mon éducation et l’aide de mon connecté ne suffisait pas, je manquais cruellement d’expérience – autre que le massacre de Flaminaë ou les bandits. C’est à ce moment là que le monde de Raval me fit sa première surprise. C’était à la sortie de la taverne d’Astrub, vers la fin d’après-midi. En voulant me rendre à l’hôtel de vente des mineurs, pour obtenir les matériaux nécessaire à la forge d’une hache de bûcheron, je la trouvais. Il était affalé le long du mur Nord de la taverne, tout de noir vêtu – toujours voulu dire cela – avec un tofu en aussi mauvais état que son maître. Oui, oui, il s’agissait bien d’un disciple d’Osamodas. C’était sûr qu’étant ivre à ce point, c’était difficile de le reconnaître comme tel, mais c’en était bien un. Je l’aurais sans doute oublié dans l’instant s’il n’avait soudainement prononcé le nom de ma défunte mère.

Je n’en revenais pas ! Comment pouvait-il le connaître alors qu’elle avait toujours vécu dans un monde différent de celui-là. Non, vraisemblablement, il avait dû vouloir prononcer mon nom — que je savais pas non plus comment il pouvait le connaître —, mais avec tout l’alcool qu’il avait apparemment ingurgité, ce n’était certes pas facile de parler correctement. Toutefois, je décidais d’en avoir le cœur net. Ainsi, et malgré son odeur pestilentiel, je le portais jusqu’au puits de l’herboriste, à l’autre bout du village. Et, je lui donnais une bonne douche froide comme mon père en avait le secret ! Cela ne manqua pas de faire son effet. J’en ris encore aujourd’hui. Il vous aurait vraiment fallu voir sa tête. On aurait dit que je l’avais aspergé d’urine de mulou ! Il est devenu comme fou. Il courait partout en agitant ses bras et ses jambes dans tout les sens. Son compagnon tofu n’était même pas dans un meilleur état. Pire, la seule différence avec son maître, c’était qu’il ne pouvait hurler : « Au meurtre ! On m’assassine ! On veut me faire boire de l’eau ! Sauvez-moi ! Une bière pour me sauver ! »

Je finis quand même par tenter de le calmer. Il ne s’agissait pas que la milice des mercenaires soit alertée. Nous étions bon pour suivre un interrogatoire en règle. Brr… J’en tremblais d’avance. Malheureusement, mes tentatives échouèrent toutes lamentablement. Il finit même par me faire tomber dans le puits avec toutes ses gesticulations. Et là dessus, voilà la milice qui débarquait. Bien entendu, elle demanda des explications à l’autre hurluberlu. Mais, il était bien en peine de pouvoir les fournir… Résultat sans appel, ils les arrêtèrent, son tofu et lui. Je faillis passer entre les mailles du filet, mais il fallut qu’une de mes prises me lâche – j’avais commencé à escalader la paroi intérieur. Et bien entendu, mon plongeon ne passa pas inaperçu. Des miliciens vinrent donc voir ce qui se passait dans cet étrange puits, et, naturellement, me découvrirent. Ils me remontèrent donc, et m’arrêtèrent aussitôt sans me demander d’explication. C’était vraiment la totale ce soir-là… Nous passâmes, bien évidement, une superbe nuit en cellule, lui à ronfler, moi à ruminer ma stupidité. Enfin, ils nous libérèrent au matin en nous dissuadant bien de recommencer à faire du tapage nocturne, ou à se balader ivre dans les rues. Un peu paradoxal, non ? Pour un village de mercenaire, je veux dire, une telle discipline. Bah, en fait. C’est juste que nous n’avions pas de quoi leur donner un pot de vin. Je ne l’oubliais plus jamais à l’avenir.

Donc, ils nous libérèrent. Mais moi, je n’avais qu’une seule envie à ce moment là : ne plus jamais le revoir. Des mots que je redirais souvent au cours de notre longue amitié. En effet, au moment où j’allais le quitter, il me demanda si j’étais bien la fille de Ferore et Temkipass La Feu. Autant vous dire que j’étais sciée qu’il connaisse ces deux prénoms et notre nom de famille. Et là, il était dégrisé complètement avec cette nuit en cellule. Il ne pouvait s’agir d’une erreur de sa part, ou de la mienne. Alors, déconcertée, je me tournais vers lui pour lui demander :

« Et si c’était le cas ?
– Je te demanderais ce que tu fais ici, dans ce monde qui n’est pas le tien. »

Ces deux phrases sont à jamais gravées dans ma mémoire, et le début de notre amitié. En effet, il savait trop de choses sur moi pour ne pas me connaître. Curieuse de savoir qui il était, je voulais continuer notre conversation. Toutefois, je préférais le faire dans un coin plus tranquille que la rue. Je lui proposais donc d’aller à la taverne et de lui offrir à boire. Il accepta aussitôt, au plus grand malheur de ma bourse. Enfin… Notre conversation fut très fructueuse. Tout d’abord, je lui appris le décès de mes parents, ainsi que de tout les fermiers de Flaminaë. Il fut assez aimable pour me présenter ses condoléances, mais pas assez pour me demander aussitôt comment j’avais fait pour venir dans le monde de Raval. Il ajouta, pour appuyer la pertinence de sa question sans doute, que le passage entre les mondes de Djaul et Raval était gardé nuit et jour par des soldats de Bonta ou Brâkmar. Moi, cela m’incita à garder encore plus mon secret, et malgré son obstination, je ne lui dis rien. C’est que, je voulais pouvoir rejoindre mon monde quand je le souhaitais… Il finit par passer à autre chose, en même temps qu’il vidait ma bourse de son dernier kama.

Il s’appelait Unician, fils du meilleur ami de mon père sur le monde de Jiva. Bien entendu, je ne pouvais pas vérifier pareil information, mais ce qu’il me dit par la suite finit par me convaincre. Il me raconta donc que mon père et le sien s’échangeaient régulièrement du courrier, passage entre les mondes ou pas. C’est ainsi qu’Unician avait pu connaître mon père, son épouse, et leur fille unique, alors même qu’il n’était pas encore né quand il était parti. Il me parla même d’une visite que son père et lui aurait faite chez nous lorsque je n’avais pas encore quatre ans. Et, effectivement, je me suis souvenue d’un disciple de Xélor, et de son fils plus vieux que moi, qui étaient restés à la ferme pendant plusieurs jours. C’est d’ailleurs grâce à cela qu’il avait pu me reconnaître. C’étaient mes cheveux rouges vifs qu’il l’avait le plus marqué à cette époque – hérités de ma mère divine. Et, naturellement, quand il m’avait vu hier soir, même trempé d’alcool, il s’était souvenu de cette petite fille aux cheveux rouges.

Il me parla aussi des projets de colonisation de ce monde. En effet, lorsque plusieurs années auparavant, un vieux disciple d’Enutrof avait découvert ce monde entièrement vierge, les deux cités y avait vu l’occasion de dominer l’autre – la guerre en étant au point mort sur le monde de Jiva. Ainsi, elles s’empressèrent d’y quérir leurs meilleurs guerriers, leurs meilleurs prêtres et leurs meilleurs espions. Malheureusement, chacun des deux camps se rendit vite compte que l’autre avait eu la même idée. Alors, tout recommença… La construction des deux cités fut lancé, afin d’avoir une place forte sur ce nouveau monde. Vous vous rendez compte, ces nouvelles cités devaient être les copies parfaites des originelles ! Reconstruire à l’identique des cités de plusieurs siècles, voilà un chantier quasi divin. Et… Les deux camps finirent par s’en apercevoir. Alors, devant leurs besoins croissant en main d’œuvre, elles eurent l’idée de se servir dans la population neutre plutôt que de continuer à dépenser leur précieux argent. Nous ne savons toujours pas à l’heure actuelle laquelle des cités avait eu cette idée en première. Toujours est-il que la réponse du Roi d’Amakna du monde de Djaul ne se fit pas attendre. Il mobilisa ses troupes et les envoya dans le nouveau monde afin d’y libérer le maximum de prisonniers. Il envoya également son fils et de nombreux hommes de main pour construire un nouvel Amakna et garantir un lieu où la neutralité pourrait vivre. Naturellement, beaucoup des prisonniers libérés furent enchantés de ses décisions, mais pas la totalité. Certains préférèrent rentrer dans leur monde pour y retrouver leur famille, d’autres n’avaient pas envie de revivre de nouveau sous la coupe d’un Roi qui les avait laissés se faire capturer. C’est ainsi qu’ils reformèrent le village des mercenaires, identique à celui de leur monde d’origine, et qu’ils nommèrent de la même façon.

Plus tard, quand les cités furent construites, le recrutement forcé terminé, ce fut au tour des sufokiens et des brigandins de venir découvrir ce monde. Et, bien entendu, certains l’aimèrent, d’autres non. Ceux qui restèrent suivirent l’exemple de Bonta, Brâkmar, Amakna et Astrub, et reconstruisirent leur village à l’identique de celui de leur monde d’origine. Plus tard encore, on s’aventura sur les différentes îles et dans les montagnes, et, histoire de ne pas perdre la main, on y reconstruisit ce qu’on savait si bien faire. Je soupçonne fortement cette histoire n’être que la répétition de ce qui s’est passé entre le monde Jiva et celui de Djaul, mais quant à savoir lequel des deux est le plus ancien, lequel est l’original, lequel a formé l’autre, c’est la même éternelle question de qui a existé en premier : l’œuf ou le tofu ? En tout cas, nous pensions tout les deux – Unician et moi — que nos pères avaient délibérément caché le passage avec mon monde quand ils avaient découvert ce qui se passait sur celui de Raval.

Enfin, il m’expliqua comment et pourquoi il était venu sur ce monde. C’est-à-dire que cela n’était point son idée, mais plutôt celle de soldats bontariens. Il me raconta qu’il fut capturé, alors qu’il se rendait à la taverne de Pandala — reconnue pour ses alcools forts — sur l’île du même nom, après avoir neutralisé une centaine de ces soldats. Autant vous dire que j’ai toujours de nombreux doutes au sujet de ce détail, mais passons. Il me fit ensuite le récit des travaux qu’on l’obligea à effectué, ainsi que la bonne qualité de la nourriture — à prendre au second degré, bien entendu. Il dit même être traumatisé par toute l’eau qu’on lui faisait boire, pas une seule goutte d’alcool pendant les trois jours qu’il resta là-bas. Oui, oui, vous avez bien lu. Il me raconta que si aider à construire des tavernes ne le dérangeait pas, boire de l’eau était vraiment trop lui demander. Alors, sans me dire comment, il m’a assuré s’être enfui dés le troisième jour de son emprisonnement. Je trouvais cela un peu osé quand même, mais devant son assurance et l’air sincère de son tofu, j’eus tendance à le croire sur le moment. Après, il me conta son voyage sur les plaines de Cania, où il ne trouva toujours pas d’alcool, et son arrivé au paradis, ici, à Astrub, où il pu enfin étancher sa soif. Ainsi, je l’aurais découvert le surlendemain même de son arrivé à la taverne, déjà à sec de kama et éjecté dehors par le patron quelques heures avant ma sortie.

Je nourrissais, bien entendu, des doutes à son sujet, mais il était plus simple de lui demander qu’à un parfait inconnu. Ainsi, je lui proposais que nous fassions dorénavant équipe contre nos adversaires et gagnions ainsi de l’expérience beaucoup plus rapidement. Nous avions tout les deux des raisons d’en découdre et cela me semblait très censé. Il rechigna un peu quand je lui demandais de ne pas être soûl pendant les combats, mais il du admettre qu’il ne pouvais pas plus s’en sortir seul que moi. Il accepta donc ma proposition. Nous livrâmes même notre premier combat ce soir là, après qu’il est dégrisé de mes frais. Premier combat que nous remportâmes haut la main, cependant avec peu d’expérience puisque nous avions choisis ce groupe plus pour nous échauffer qu’autre chose. Par contre, le second combat fut éprouvant, trop pour Unician victime d’un empoissonnement sévère. Je dû donc finir seul, sans pouvoir l’aider car le dernier monstre — une rose démoniaque — était déjà sur moi. Heureusement, je pus finir assez rapidement, et de justesse administrer à mon compagnon l’antidote qu’il avait visiblement oublié. Mais bon, il était sauf, sans plus. Je l’emmenais donc à la taverne et louais une chambre avec l’argent récupéré sur nos adversaires. J’allumais un feu et le couchais dans son lit, préparant aussi un seau — juste au cas où. Il s’endormit vite, et je le suivis peu après dés que je fus à mon tour couché — dans mon propre lit, hein !

Le lendemain matin, il se sentait beaucoup mieux mais avait encore besoin de repos. Je le laissais donc dans la chambre à la suite de notre petit-déjeuner. Ma promenade matinale me fit passer devant la statue de la Déesse Sacrieur, Déesse du sang, de la souffrance et de l’altruisme — drôle de combinaison, non ? Je remarquais alors une de ses disciples qui avait l’air un peu perdu. N’ayant rien de mieux à faire pour le moment, je me portais à son aide. J’appris ainsi qu’elle se nommait Eloah et que sa famille avait fait partie des premiers colons. Par contre, elle ne me dit jamais ce qu’elle cherchait avant que je l’interrompe, et je ne posais donc plus de question à ce sujet. Cependant, nous sympathisâmes assez vite lorsque je lui proposais de faire un petit combat ensemble. Elle était douée, elle savait parfaitement se servir des sorts que Sacrieur lui avait donné. J’ai supposé rapidement qu’elle avait eu un bon instructeur, sans doute l’un de ses parents. Toutefois, quand je lui posais la question, elle se referma sur elle-même. Je m’abstiens donc à l’avenir de toutes questions sur sa famille. Nous enchaînâmes ainsi plusieurs combats, de difficulté croissante, au cours desquels notre amitié se forgea. Il faut dire que la combinaison de nos deux magies, celle de Féca et celle de Sacrieur, était très efficace.

Quand il fut temps de manger, nous nous dirigeâmes vers la taverne, et je l’emmenais naturellement voir mon compagnon Unician. Ils se parlèrent un peu et sympathisèrent, d’autant plus que j’avais découvert que ma nouvelle amie aimait beaucoup les fêtes. Nous redescendîmes pour manger le repas que nous avions commandé en arrivant. Puis, avec Unician plus en forme, nous décidâmes d’aller ensemble dans la mine du village, déjà abandonnée car son filon était très pauvre. Elle était maintenant l’habitat d’araknes et autres tofus des mines, du moins dans les premiers niveaux. Lorsque l’on s’enfonçait, ce sont des rats d’égoutant que nous risquions de rencontrer, ceux-ci protégeaient leur maître qui avait élu, selon la rumeur, domicile au plus profond de la mine. Les araknes et les tofus ne nous causèrent naturellement aucun problème, hormis leur nombre vraiment impressionnant. Cependant, lorsque nous rencontrâmes les premiers rats, nous déchantâmes assez vite, ils étaient trop forts pour nous, en tout cas, pour le moment. Nous abandonnâmes donc pour ce jour-là mais Eloah et moi nous promîmes d’y revenir. En attendant, nous nous contentâmes de débarrasser les champs d’Astrub du maximum de monstres que nous pouvions.

Ce n’est que le lendemain qu’Eloah et moi y retournâmes, Unician ayant préféré boire à la taverne et accessoirement entraîné son tofu. Cette fois, nous restâmes loin des groupes de rat les plus importants, nous contentant des rats isolés ou par binôme. Ainsi, nous pûmes explorer plus en profondeur la mine, sans toutefois pouvoir nous approcher de l’antre du maître. C’est d’ailleurs cette abondance croissante de rats qui nous titilla. Même s’ils protégeaient leur maître, ils étaient bien trop nombreux pour cela, presque assez pour se gêner les uns les autres s’ils devaient combattre. Nous tentâmes évidement d’en savoir plus. Malheureusement, soit les autres aventuriers à qui nous en parlions s’en moquaient, soit ils n’en savaient pas plus que nous. Néanmoins, j’en avais soupçonné plusieurs de nous avoir caché ce qu’ils savaient. Pourquoi ? Nous allions bientôt l’apprendre. En effet, une disciple de Sadida nous vint finalement en aide. Elle nous parla d’un couple de disciples d’Enutrof caché dans un tunnel de la mine à proximité de l’entrée. Ceux-ci pourraient nous renseigner précisément nous dit-elle. Nous la remerciâmes donc, et sans plus attendre retournâmes à notre point de départ.

Il nous fallut un certain temps pour trouver le fameux tunnel, il faut dire qu’aucune lumière n’en sortait. C’est-à-dire qu’il avait été creusé de telle sorte qu’aucune lumière ne pouvait trahir son entrée. Heureusement, si nous n’étions pas encore les plus aguerries, nous étions loin d’être stupide. Ainsi, quand en passant près du même endroit, nous retrouvâmes les mêmes appels d’air, nous comprîmes assez vite que quelque chose clochait, ou plutôt était caché. C’est ainsi que nous trouvâmes le couple, tout au fond du tunnel, avec une seule lampe pour les éclairer. De toute évidence, ils n’étaient pas dans une grande forme, le plus vieux des disciples avait même l’air terrorisé. Par quoi, ou qui ? Nous ne pouvions le voir, mais je supposais immédiatement qu’il devait y être mêlé une histoire de trésor. On est rarement disciple du Dieu de la fortune pour aimer perdre de l’argent, ou ne pas aimer en avoir le plus possible. Pourtant, cette fois-ci, je me trompais. Enfin, pas tant que ça. Quand Eloah lui demanda pourquoi il était dans cet état, il répondit qu’ils n’avaient pas vu ses frères depuis plusieurs jours, que c’était très anormal, qu’ils étaient trois, qu’ils avaient entrepris d’explorer le fond de la mine pour y trouver d’éventuel nouveau filon, qu’ils s’étaient sans doute fait capturer et tuer par le maître des rats, ou pire, fait cannibaliser, et tout cela en une seule tirade, très rapidement, sans prendre le temps de respirer. Touchées par son histoire, et éprises de justice que nous étions, nous lui promîmes de rechercher ses frères, et de les lui ramener sains et saufs si possible. Nous ne savions même pas comment faire, ni pour les trouver, ni pour combattre les groupes trop importants de rats, ni encore moins leur maître. Pourtant, c’est avec la dernière énergie que nous nous attelâmes à cette quête.

Enfin… C’est ce que nous avions l’intention de faire quand sa compagne, que nous avions complètement oublié, nous parla. Mais bon, quand je dis qu’elle nous parla, je ne sais pas s’il faut vraiment le prendre dans le premier sens du terme. Effectivement, tout ce qu’elle récita n’était qu’une longue liste d’éléments à lui ramener, sans queue, ni tête. Ou plutôt, elle comprenait des pattes d’araknes, des œufs des tofus, des dents de rats et d’autres choses aussi absurde. D’ailleurs, elle vit parfaitement que nous ne comprenions rien à son histoire. Cela ne l’empêcha nullement de continuer. Elle continua inlassablement jusqu’à nous la faire rentrer entièrement dans la tête. Nous ne pouvions rien y faire, Eloah ou moi, nous étions comme statufiées. Quand elle finit enfin, nous fûmes tout d’abord un peu désorientées, puis nos esprits revinrent petit à petit. Finalement, elle dit une dernière phrase, pour nous rappeler la promesse que nous venions de faire à son compagnon. Alors, de nouveau prêtes à en découdre, nous partîmes pour de bon à la recherche des trois frères.

Lorsque nous arrivâmes aux premiers tunnels dangereux, nous redoublâmes de vigilance. Nous nous fondîmes le plus possible dans le décor, même si je dois reconnaître qu’avec mes vêtements aussi rouge que mes cheveux ce n’était pas évident. Nous y arrivâmes tout de même. Jusqu’à ce que je vienne buter contre une pierre et l’envoie valdinguer au loin ! Rhâ… Combien de fois je jurais ce soir-là… Ma Déesse en fut d’ailleurs un peu trop témoin et me repris sévèrement. Mais, ouf ! Les rats ne nous repérèrent pas. Je rendis grâce à Féca autant que j’avais pu jurer quelques instants plus tôt. Je vous avoue que de l’écrire maintenant me fait comprendre que cette situation est pleine de comique, mais sur le moment, je peux vous promettre que c’était loin d’être le cas. Eloah me le fit bien sentir elle aussi, et à la manière toute particulière des disciples de Sacrieur. Bref, nous reprîmes notre route en redoublant de précautions, si c’était encore possible.

Nous arrivâmes bientôt dans un tunnel où nous croisâmes peu de patrouilles. Du coup, nous pûmes avancer plus librement. Grâce à cela, deux aventuriers, très bien cachés derrière des rochers éboulés, purent nous voir et sortirent de leur cachette. Naturellement, comme ils sortirent sans prévenir — pour ne pas attirer l’attention des rats —, nous nous mîmes aussitôt sur nos gardes. Ils furent un peu surpris par notre promptitude à réagir, mais cela ne les dissuada pas de se présenter. Tout d’abord, l’un d’eux demanda à l’autre de soulever le cache de leur lanterne. Nous pûmes alors voir qu’il s’agissait d’un couple, lui était disciple de Crâ, le Dieu des Archers et des vents, elle était disciple d’Osamodas, Dieu des invocations et de toutes les créatures. Il se présenta sous le nom de Milhooz, et sa compagne sous le nom de BizkOt. Noms, certes, originaux mais pas déplaisants. Nous nous présentâmes donc à notre tour. Puis, bien évidemment, nous abordâmes la raison de notre présence en ces lieux. En fait, elle était identique, mais eux avaient plus accepté parce qu’ils ne savaient vraiment pas à quoi s’attendre. Raison pour laquelle ils s’étaient trouvés coincés dans ce tunnel quand leurs camarades avaient été tués. Cependant, leur court périple avec ce groupe leur avait, tout de même, permis d’apprendre quelques informations importantes sur la maître des rats. Toutefois, même s’ils ne les avaient pas eues, nous leur aurions quand même demander de continuer la quête avec nous. Ils acceptèrent presque aussitôt. Cela devait faire un bon moment qu’ils étaient coincés là, vous ne croyez pas ?

Notre équipe ainsi formée comprenait alors quatre magies différentes, quatre disciples de Dieux et Déesses différents, quatre type complémentaire : l’invocation de créatures, l’attaque à distance, la protection rapprochée, la force vive. Prêt comme jamais, nous marchâmes vers la fin du tunnel.


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