Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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< La création de l’Horizon Conte de Nowël >

Chapitre quatre : Les Compagnons d’Erut-Neva ~ Autobiographie de Ferora

De Ferora, publiée le mardi 04 martalo 638 à 23:23:00

La contrée d’Amakna n’eut bientôt plus aucun secret pour nous. Milhooz, en tant que nouvel apprenti mineur, avait découvert bon nombre des mines de fer, or, argent… BizkOt trouvait tout les jours de nouveaux lieux de récoltes pour ses plantes d’alchimie. Eloah dans son nouvel apprentissage de paysan trouvait à faucher dans des endroits parfois très inattendus, elle avait quitté son apprentissage auprès d’Enileda avant que nous ne quittions Astrub. Quant à moi, j’appris que le monde de la coupe des arbres était bien plus diversifié que je ne l’avais cru au départ, comme Woger le découvrit avec moi avant de suivre le même apprentissage que notre ami l’archer. Ah, oui ! Et Lord-Steven me direz-vous ? Lui aussi a commencé par un métier de récolte de matière première, il avait commencé un apprentissage auprès de Kana Petch, le pêcheur d’Astrub, et après avoir découvert la ville marine de Sufokia, il n’en voulut plus d’autre. Nous formions ainsi un groupe d’aventuriers qui non seulement se complétait dans la discipline des combats, mais aussi dans celle des métiers. Plus solidaires que jamais, nous étions d’autant plus sûr de former une guilde pour nous rassembler tous, et, trouver de nouveaux amis avec qui partager notre vision des choses, dans ce monde encore jeune.

Malheureusement, dans ma tête, c’est véritablement chamboulé dans mes souvenirs, et j’ai beaucoup de mal à me souvenir de ces moments là. En fait, sans les notes de mes amis encore en vie, je n’aurais sans doute même pas pu commencer ce chapitre. Pourtant, à l’instant où j’écris ces lignes, un souvenir des plus vivants me revient, un souvenir qui remonte aux temps où j’étudiais au temple de ma Déesse Féca. Il débute au moment où je venais de quitter le dortoir des filles, de troisième année, en cachette — il m’arrivait souvent de faire des sorties nocturnes à cette époque, mon trop plein d’énergie à dépenser sans doute — et où je me dirigeait vers la bibliothèque privé de Hugo Bélo, notre Maître. Celle-ci renfermait quantité de livres qui nous était interdit, mais moi, je n’en avais cure à cette époque. Tout ce que je voyais, c’est qu’il y avait là un bon moyen d’apprendre des choses véritablement intéressantes. Et oui, comme je vous l’ai déjà dit, j’avais d’excellents résultats dans toutes les matières, et en fait, ce n’est pas parce que je travaillais plus que les autres, c’était même plutôt le contraire… En réalité, tout ce qui faisait l’enseignement du temple, je l’avais déjà appris avec ma Déesse plusieurs années auparavant, les cours n’étaient donc que de simples révisions et je m’y ennuyais à un point que vous ne pouvez imaginer. Si, si, ne tentez même pas, ce sera toujours trop faible par rapport à ce que je ressentais.

Enfin, tout cela pour dire que cette bibliothèque avait tout du paradis pour moi. Enfin je pourrais apprendre quelque chose ! Enfin mes connaissances pourront être enrichies ! Enfin je sortirais de cette monotonie et de cette immense frustration qui me tenaillait depuis ma première année. « Ah ! Là. Là. Si seulement j’avais pu découvrir son emplacement plus tôt. J’aurais pu… J’aurais pu supporter davantage ces années de torture. J’aurais pu… Oui, j’aurais pu éviter de crier ma frustration sur notre professeur de combat au bâton. J’aurais pu… Rhâ ! Tellement de choses que j’aurais pu éviter… Tellement… » Ruminant mes pensées, j’avançais dans la galerie du cloître jusqu’à son extrémité Est. Là, je comptais les pierres à partir du bas. A la septième, je lançais un sort mineur de destruction et brisais le bouclier féca qui la protégeait. Ensuite, je récitais l’incantation d’ouverture en me concentrant sur cette pierre. Bientôt, elle fut entourée d’un halo rougeâtre qui s’étendit sur toutes les pierres alentours. Finalement, la lumière disparut et je découvris le passage vers mon paradis.

Le couloir n’en finissait pas, et même avec les sphères magiques qui l’illuminait l’extrémité me restait obscure. « Qu’à cela ne tienne ! » me dis-je alors. Je rentrais donc et commençais à marcher, rassurée par la lumière arrivant de l’extérieur. Malheureusement pour moi, cette lumière finit par disparaître et je paniquais alors à l’idée que le passage se soit refermé en me faisant prisonnière de cet endroit. Je rebroussais chemin en courant comme une folle, c’est le cas de le dire, et la lumière réapparut bientôt. Ouf ! À sa vue, je me calmais aussitôt. Cependant, il me fallut encore quelques instants pour accuser le coup et faire le point. Je pesais donc de nouveau le pour et contre entre ma curiosité insatiable et mes peurs, celle de me faire prendre par Hugo Bélo, ou pire, ma Déesse, ainsi que ma peur de ce couloir apparemment infini. Toutefois, je fus coupée court dans mes réflexions par un cri soudain. Il venait de l’extrémité du couloir, celle que je ne voyais pas. Inutile de vous dire que j’étais pas loin de devenir hystérique. Heureusement, quand le cri résonna à nouveau, j’y fis plus attention et je crus l’identifier. Je fus alors totalement rassurée, et ma décision prise. Je devais continuer, coûte que coûte.

J’avançais dorénavant plus déterminée que jamais. Je ne pensais même plus à la disparition de la lumière extérieure. A vrai dire, ma nouvelle détermination m’ayant rendu mes idées claires, je découvris bientôt que le couloir n’était pas aussi droit que je l’avais cru au départ. C’est-à-dire qu’il tournait légèrement vers la gauche et qu’il avait également une pente, si douce qu’on ne pouvait s’en apercevoir sans y faire attention. Celui qui avait construit ce passage était vraiment un bon architecte. Soudain, une vive lumière se révéla et m’aveugla quelques instants. Quand je revis de nouveau clairement, je pestais contre cet architecte et ce couloir qui m’avaient caché l’extrémité du passage, et par conséquent, l’arrivée dans la bibliothèque vivement éclairée.

La Bibliothèque d’Hugo Bélo ! J’y étais finalement arrivée ! Oh ! J’étais vraiment excitée comme une petite fille à qui on tend un carré de chocolat de Pandala. Elle était exactement comme je l’avais imaginée, immense, on aurait facilement pu y placer deux ou trois églises, lumineuse, avec des étagères presque aussi hautes que les murs et remplies à en céder de livres en tout genres. Il y avait même des tables disséminées un peu partout où se trouvaient encore des livres empilés les uns les autres ! J’étais au paradis des disciples de Féca ! En fait, j’appris plus tard que Hugo Bélo était reconnu pour posséder la plus grande collection d’ouvrage du monde connu.

Ainsi, ne sachant par quoi commencer, je visitais tout les rayonnages que je pouvais atteindre, consultais les premières pages de presque tout les manuscrits, je faisais tout mon possible pour en voir un maximum en un minimum de temps. Oui, je sais bien que c’était de la folie. Toutefois, rendez vous compte que cela faisait deux ans que je n’avais vu un seul ouvrage susceptible de m’intéresser, une véritable torture… Avec cette bibliothèque, mes souffrances s’envolaient, je revivais, et, j’avais beaucoup de temps à rattraper. J’en oubliais même toutes notions de temps, risible de la part d’une fille d’un disciple de Xélor, et je dû en payer le prix. Absorber dans la lecture d’un ouvrage sur les Dragons, je n’entendis qu’au dernier moment les bruits de pas qui venaient du couloir secret. Heureusement, je ne paniquais pas et cherchais immédiatement une cachette.

Néanmoins, vous avez déjà essayé de vous cacher dans une bibliothèque ? C’est loin d’être facile, je peux vous le garantir. En restant dans les allées et bougeant en fonction de l’autre, je risquais de me trahir avec mes bruits de pas ou si je cognais dans un objet. Ou alors, sous un table, je courrais le risque qu’il s’assoit justement à cette même table. Au sommet des étagères, elles étaient bien trop hautes… Où pouvais-je donc me cacher ? Et bien, ce fut encore une fois, le bruit étrange que j’avais entendu plus tôt qui me sortit d’affaires. En effet, lorsque je l’entendis à nouveau, je m’aperçus qu’il venait de derrière le mur auquel je faisais face. Je me demandais donc, bien entendu, comment cela était-il possible. Et, je ne pu conclure autrement que par le fait que je venais de découvrir une nouvelle pièce secrète, à l’intérieur même de la bibliothèque secrète. Cela ressemblait décidément de plus en plus à ces « Poupées Rousses » dont m’avait parlé mon connecté, celles qui s’emboîtaient les unes dans les autres. Bah, après tout, si cela pouvait m’aider à échapper à la punition qui m’attendait.

Je me mis donc à pied d’œuvre pour trouver rapidement l’entrée, ou du moins le mécanisme d’ouverture. Là, je crois qu’on peut dire que je suis née sous une bonne étoile, car je trouvais presque aussitôt ce mécanisme et pu l’actionner sans lancer de sort, ce qui m’aurait immédiatement faite repérée. J’eus même la chance que l’ouverture même du passage ne produise aucun bruit. Si jamais j’avais dû abandonner le service de Féca, je crois que j’aurais apprécié être au service d’Ecaflip, mis-à-part les poils, la réputation de tricheurs, de casse-noix, et, la queue. Brrr… J’en tremble rien que d’y penser de nouveau. Enfin bref, j’entrais dans cette nouvelle pièce secrète et refermais la porte aussi silencieusement qu’elle s’était ouverte. Néanmoins, je n’avais pas prévu que je me retrouverais dans le noir complet. Qui plus est, le bruit qui m’avait sauvé par deux fois était dorénavant tout proche. Il n’en devenait que plus angoissant. Je dû, une nouvelle fois, rassembler tout mon courage pour oser faire appel à une magie interdite aux disciples de Féca ordinaires. Je fis ainsi appel directement à la magie que m’avait enseigné Féca pour créer un halo lumineux autour de mon corps. Cela demandait peu de concentration pour le maintenir, et la magie utilisée était suffisamment inhabituelle pour qu’Hugo Bélo ne la sente pas immédiatement, c’est du moins ce que je pensais…

À l’aide de mon halo, je commençais à discerner les objets de la pièce, qui n’en étais pas vraiment pas une. Je me rendis compte qu’un couloir, pareil à celui qui m’avait conduite jusqu’ici, était ouvert sur ma gauche. J’étais donc dans une autre galerie d’accès à cette bibliothèque. Je ne savais pas où elle menait, mais c’était certainement mieux que de rester là à attendre que notre Maître me trouve. Ce qui m’étonnait le plus dans cette découverte, c’était que le couloir n’était pas du tout éclairé, à croire qu’il était abandonné. « Peut-être Hugo n’en connaissait-il pas l’existence ? J’aurais trouvé le moyen de revenir ici quand je le veux, et avec un minimum de risques ?» Cette journée n’était pas encore à court de rebondissements, et pourtant, je commençais à manquer d’énergie. J’étais passée trop souvent de la peur au courage, ou la détermination, et réciproquement. Toutefois, une de ses phases se produisit encore lorsque j’arrivais dans le couloir lui-même. J’entendis encore une fois ce bruit, ce bruit qui m’avait sauvée mais qui me glaçait les sangs. Il était toujours plus proche…

N’en pouvant plus de cette angoisse, j’avançais vers son origine. Il fallait que je sache. Chaque pas me rapprochait, mais chaque pas était plus lourd que le précédent. Finalement, j’y arrivais.

Devant moi, le plafond du couloir s’était effondré, une poutre avait cédé. Tout un tas de gravats bouchaient maintenant le passage. Je ne pourrais pas aller plus loin, même avec mes pouvoirs spéciaux. Néanmoins, je cherchais l’origine du bruit. En vain, il n’y avait absolument rien d’autre que des pierres, rien de vivant ne se trouvait ici. Comme je manquais d’expérience ! Sans cela, je l’aurais tout de suite remarqué. J’aurais immédiatement vu que la poutre n’était pas dans une position « normale ». C’est-à-dire qu’alors que le bruit se fit à nouveau entendre, je su d’où il venait. Cet endroit, il s’agissait d’un espacé dégagé sous la poutre qui retrouvait ainsi sa fonction. C’est là que je trouvais celui qui m’avait fait si peur. Il me tournait le dos. Toutefois, je vis déjà qu’il avait la patte arrière droite fracturée. Le pauvre chacha blanc devait souffrir le martyr mais il utilisait tout de même la totalité de son énergie à récupérer un bout de tissu pris sous les gravats. Ce dernier devait vraiment être très important pour lui, plus que sa vie. Néanmoins, je ne pouvais pas le laisser maintenant que je l’avais découvert. Il était de mon devoir de le protéger, contre lui-même s’il le fallait.

Je m’approchais donc pour le prendre dans mes bras afin de la ramener à la surface. Malheureusement, il ne se laissa point faire. Dés que je le touchais, il sortait ses griffes et me repoussait, puis il retournait à sa cause perdue d’avance. En désespoir, je me lançais dans l’incantation du sort aveuglement pour me permettre de l’approcher. Oh ! Rassurez-vous, je ne comptais pas l’utiliser à pleine puissance, juste assez pour l’étourdir. Remarquez, je n’en ai jamais eu l’occasion. En effet, au moment où j’allais lancer ce dernier, il se retourna et me regarda droit dans les yeux. Et, ma Déesse ! Quel regard… En un instant, il m’aurait fait abandonner mon projet et m’aurait rallier à sa cause. Heureusement, quand il détourna ses yeux, je recouvrais assez de bon sens. Je lui parlais alors pour le convaincre de me laisser l’emmener loin des gravats afin que je puisse libérer le tissu à l’aide de ma magie. C’est vrai qu’à l’origine, je n’étais pas totalement sincère, mais quand vint l’heure de promettre, je ne reculais pas.

Enfin, il me laissa le prendre dans mes bras et je l’emmenais plus loin dans le couloir. Là, je fis un examen préliminaire et constatais que sa fracture se résorberait facilement. Il n’avait besoin que de repos. J’étais soulagée, mais il me restait une tâche à accomplir avant de remonter au temple. Je revins donc au tas de gravats et me lançais dans une longue invocation qui mélangeait la magie apprise de ma Déesse et celle plus classique que tout ses disciples pouvaient maîtriser. C’était un sort que je lançais pour la première fois, je n’avais pas idée des conséquences qu’il pouvait avoir. Quand je le libérais, il eu bien pour premier effet celui que j’avais escompté, à savoir l’envol des gravats grâce à des boucliers individuels. Le problème, c’est que j’avais omis de dire où ils devaient s’envoler. Par conséquent, chaque pierre s’envola dans une direction différente avec une vitesse que je n’aurais pas cru possible. Cette vitesse était si forte que mon bouclier lié à l’air les ralentissait à peine. Je les évitais soit de justesse, soit pas du tout, et qu’est-ce qu’elles faisaient mal. Je fus couverte de bleus en quelques secondes.

« Le chacha ! » me suis-je soudain exclamée. Avec tout ce désordre, j’avais faillit l’oublié. Pourtant, je me devais toujours de le protéger, d’autant plus qu’il risquait sa vie par ma faute… Je le rejoignis tant bien que mal, faisant barrage de mon corps. Corps qui ne pu plus bientôt résister, et je m’effondrais bientôt. Toutefois, je ne m’évanouis pas car, comme lui plus tôt, j’avais une quête à accomplir. Je relançais mon armure venteuse, sans plus de succès qu’auparavant. Il faut dire que je la maîtrisais encore moins que la terrestre. J’aurais abandonné si je n’avais pas eu à le protéger, ainsi, c’est pour la troisième fois aujourd’hui qu’il me sauva. C’est-à-dire que grâce à mon désir si fort de le protéger, je recouvris mes forces. En fait, elles furent même décuplées, et lorsque je lançais une dernière fois mon armure, plus rien ne la franchit. Nous étions enfin protégés.

Il fallut encore une dizaine de minutes avant que toutes les pierres aient disparues. Nous pûmes enfin souffler. Je dissipais mon sortilège quand une lumière rouge diffuse apparut à l’endroit où se tenait le tas de gravats. Comme j’avais le dos tourné, je me retournais et constatais que la lumière dessinait une forme de plus en plus distincte, et qu’elle-même prenait une couleur plus orangée voir jaune. Féca était en train d’apparaître dans un endroit où je n’avais nul droit de me trouver. Ce n’était sans doute pas pour me féliciter… Bah, je m’y étais préparée après tout. Il faut toujours assumer les conséquences de ses actes à ce qu’il paraît. Je n’ai pas toujours pensé comme ça, mais j’essayais tout de même de prévoir, à chaque action, toutes les conséquences possibles. Et, sa colère en faisait partie pour ma petite balade dans la bibliothèque d’Hugo Bélo. Ainsi, je fus très surprise lorsque ma Déesse me dit :

« Et bien, Ferora, il semble que tu ais réussi la dernière épreuve des Ryukane. »

J’étais littéralement sciée. C’était bien la dernière chose à laquelle j’aurais pu penser. Qui aurait pu le croire d’ailleurs ? Toutefois, je me demandais ce qui m’avait valu un tel honneur. On ne pouvait pas dire que mon sortilège avait fonctionné correctement. J’avais même failli tuer la créature que je devais protéger, un comble pour un de ses disciples. Alors, pourquoi ? me suis-je immédiatement interroger. Comme si ma Déesse m’avait entendu, et c’était probablement le cas, Féca ajouta :

« Tu as tout donné pour protéger ce chacha, au péril même de ta vie en faisant d’abord bouclier de ton corps. Tu n’as pas abandonné quand tout espoir semblait perdu. Ton désir de protéger autrui a été assez fort pour te permettre d’utiliser toute ta puissance. Tu es devenue une véritable Ryukana en réussissant cela, et qui plus est, en effectuant ta transformation, dont tu ne t’es apparemment pas rendu compte. »

Ma Déesse me souriait tout au long de ses explications, cela me faisait chaud au cœur. J’avais bien fait, ma Déesse m’approuvait ! Toutefois, ses dernières paroles et son sourire énigmatiques m’intriguèrent énormément. De quoi Féca pouvait-elle bien me parler ? Qu’entendait ma Déesse par « réussir ma transformation » ? C’est alors que je regardais ma main, mais ce n’en était plus une. À la place, j’avais une patte à quatre doigts où les écailles rouges remplaçaient ma peau, écailles qui recouvraient tout mon corps comme je m’en aperçus en poursuivant mon examen. Je découvris même des ailes repliées dans mon dos, ainsi qu’une longue queue. Ne pouvant voir mon visage, je l’examinais avec mes nouvelles pattes. Je trouvais un museau, et des oreilles aussi grandes que celles du chacha que je tenais toujours dans mes « bras ».

« Un dragon ? Ou plutôt, une dragonne ? Je suis devenue une dragonne ?! m’exclamais-je quand je compris à quoi je ressemblais.
– Effectivement, tu t’es transformée en dragonne, et une très belle dragonne. Toutefois, tu restes une humaine, ne l’oublies jamais.
– Co… Comment est-ce possible ? Mamora, vous ne m’avez jamais dit qu’une telle chose était possible.
– Et je ne te l’aurais jamais dit. C’était à toi de le découvrir. On ne devient un véritable Ryukana que lorsqu’on effectue sa première transformation par soi-même, à la suite d’un profond désir de protéger autrui. C’est vraiment la dernière épreuve qui vérifie que nous ne nous sommes pas trompés.
– Vous est-il déjà arrivé de vous tromper, Déesse ? demanda soudain une voix venant de l’extrémité du couloir.
– Pas encore, Maître Hugo Bélo, mais cela ne supprime pas le risque que cela arrive un jour.
– Ce jour-là, le monde sera sans doute définitivement perdu…
– Il y a toujours de l’espoir, ne l’oublies jamais Hugo. C’est d’ailleurs ce que j’essaye de faire comprendre à tous grâce à vous, mes disciples. C’est vous qui montrez aux autres qu’un combat n’est perdu que lorsque la dernière protection a cédé, celle du cœur.
– Humpf… Ce serait plus simple sans ces maudits brâkmariens, chuchota-t-il pour lui-même. Il avait déjà eu cette conversation plusieurs fois avec la Déesse et ne souhaitait pas poursuivre aujourd’hui. Alors, apprenti-disciple Ferora, peut-on savoir ce que vous faîtes dans ce passage abandonné dont le seul accès est ma bibliothèque privée ?
– Euh… ne puis-je m’empêcher de bredouiller en me tournant vers ma Déesse.
– Je ne t’aiderai pas Ferora. Tu n’as pas à t’introduire dans des lieux qui te sont interdits, surtout quand il y a une bonne raison à cela.
– Une bonne raison ?! Mais enfin…
– Ne discutes pas la Déesse, et viens avec moi. Enfin, après être redevenue humaine, et n’oublies pas le tissu si précieux à ce chacha. »

Ne sachant, bien évidement, pas comment reprendre ma forme humaine, je dû demander à Féca des instructions. Toutefois, ce n’est pas ce qu’elle fit, enfin, pas au sens où je l’entendais. Elle se contenta de conseils pour me guider, cela s’apparentait au jeu du chaud et froid auquel je jouais plus jeune. Finalement, je trouvais comment faire après plusieurs essais infructueux. J’allais rechercher le tissu qui n’avait pas bougé, et, découvris qu’il s’agissait d’un simple morceau de pull en laine de boufton noir. Cependant, lorsque je le tendis à mon protégé, il me l’arracha des mains pour s’enrouler dedans, et bientôt ronronner de plaisir. Ce pull avait dû appartenir à son ancien maître, ou à quelqu’un qui lui était très cher. Je pu alors suivre mon maître, mais Féca avait un dernier avertissement à me donner : « Personne ne doit jamais savoir que tu es capable de te transformer en dragon, j’ai bien dit personne. De plus, n’oublies pas que lorsque tu es dragonne, tu ne parles plus la langue des humains même si tu peux la comprendre. Surtout, n’oublies jamais pourquoi les Ryukane sont ce qu’ils sont et quel est leur but. » Puis, elle disparut.

C’est ainsi que je devins véritablement, une Ryukana, une personne au service directe de sa Déesse et du Panthéon en général. Toutefois, je ne maîtrisais pas l’étendu de tous mes pouvoirs dés le début. J’avais, bien entendu, commencé avant, mais depuis que j’avais effectué ma transformation, les effets de ces sorts spéciaux avaient considérablement augmenté et je devais donc recommencer à les apprivoiser. Cela me rendit ma fin de troisième et ma quatrième année beaucoup plus excitantes que ne l’avaient été les deux premières. Je retournais même fréquemment dans la bibliothèque avec le chacha blanc, complètement guéri, comme sentinelle. C’est donc avec ce nouvel enthousiasme que je réussis l’exploit de pouvoir finir ma formation de disciple à la fin de ma quatrième année. Mais, si cela étonna mes camarades, notre Maître n’eut pas l’air plus surprit que d’avoir découvert ma véritable nature, sans doute le savait-il ou s’en doutait-il. Il était bien assez intelligent et malin pour cela, mon cher maître. Hum, vous vous demandez sans doute ce qu’est devenu le chacha blanc puisque je n’en avait pas parlé avant. Et bien, le jour de mon départ du temple, il m’a raccompagné jusqu’à la sortie, puis avec son morceau de pull et un morceau de ma lanière de cuir — celle qui tient mes cheveux — dans sa bouche, il disparut au détour du chemin. Jamais je ne le revis, mais jamais je ne l’ai oublié.

Finalement, le récit de mon souvenir de jeunesse aura pris plus de temps que je ne l’avais cru. Bah, le prochain chapitre de mes mémoires arrivera bien assez tôt pour réparer le temps perdu. Enfin, pour moi, ce n’en était pas du temps perdu, ce souvenir a toujours été très vif et important pour moi, ce n’est pas étonnant qu’il réapparaisse si violemment alors que je tente de retranscrire ma vie. De plus, ce souvenir vous aidera sûrement à mieux me connaître, mes chers descendants…


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