Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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« Tiens ! Attends, je vais te le dessiner. »

La disciple de Féca utilisa alors ses mains pour dessiner sur le sol sableux plusieurs séries de symboles. Ces symboles étaient composés de cinq épées sauf un qui en réclamaient six. Eloah pourrait ainsi écrire deux symboles en même temps. La phrase, si c’en était bien une, semblait très courte, ce qui soulagea la disciple de Sacrieur un peu effrayé à l’idée de manipuler ainsi dix épées. Toutefois, elle était incapable de comprendre ce qui était écrit.

— Ouh ! Là ! Mais c’est pas facile ton truc… Et ça veut dire quoi ?
— C’est un langage qu’ils devraient comprendre, répondit de façon sibylline Ferora, mais en très gros, cela pourrait dire : Je suis Ferora. Cela signifie en réalité bien plus que ça, et c’est ça que je veux montrer à ces créatures. Tu me suis ?
— Bien sûr, Fero, toujours, dit-elle en lui faisant un clin d’œil.

Alors, non sans quelques difficultés au début — les épées n’avaient pas l’habitude d’obéir à de tels ordres — Eloah réussit à écrire, par paire de lettre, le message de son amie. Aussitôt qu’elle eut terminé, l’Ôzirysse tenta de s’incliner devant la disciple de Féca, fille de cette Déesse.

Malheureusement, vu sa taille gigantesque, nos deux amies eurent plutôt l’impression qu’une montagne leur tombait dessus. Néanmoins, elles restèrent à leur place, et la créature revint bientôt à sa place initiale. Puis, elle fit un geste de la main qui dissipa la cage d’Unician. Le problème, c’était qu’il était maintenant dans le vide et qu’il ne pouvait pas voler avec son enveloppe corporelle… Heureusement, son dragon réapparut soudain et le rattrapa au vol !

— Ouf ! J’ai bien cru ma dernière heure arrivée… Enfin, façon de parler. Tiens ! Je n’ai plus le hoquet…
— Uni ! Uni ! s’écrièrent ensemble Ferora et Eloah tandis que le disciple d’Osamodas se rapprochait d’elles.
— Je vais au poil, les filles ! Comme sur un nuage même…
— Oui, je crois qu’il va parfaitement bien, il recommence ses phrases débiles, s’amusa Ferora.

Le dragon rouge se posa bientôt aux pieds des jeunes femmes, et, elles purent monter sur son dos. Bientôt, tout trois s’envolèrent vers l’amont du carrefour des âmes, sans rencontrer d’autres difficultés majeures.


Par Ferora

Le dragon d’Unician, soucieux de la survie de son maître et voulant lui éviter une mauvaise aventure avec un épilogue moins joyeux que précédemment, pénétra dans une sorte de tunnel qui creusait la grande falaise, à l’insu de toute commande d’Unician. Unician savait que parfois, son dragon prenait certaines décisions seul, mais que tout le temps s’était pour préserver l’intérêt de son invocateur. Il rassura donc ses deux amies qui furent surprises par cet écart de vol. Le dragon volait donc prudemment dans ce tunnel très sombre, puis vint à sortir et se posa au sol, tout près du carrefour recherché.

— Wao ! Ton dragon est très intelligent Uni, il nous a fait traverser à l’abri des regards des Ôzirysses !
— Et oui Elo, il est comme son maître, réponse qui fit mourir de rire les deux jeunes femmes, non sans vexer quelque peu Unician qui se mit alors à bougonner.
— On te taquine Uni, rassura Ferora en lui tirant la langue.
— Puf !
— Rhô ! Fais pas ta tête de bouftou ! balança Eloah en faisant mine de donner un coup de coude à Unician.
— Ça alors ! s’écria une voix dans l’ombre derrière le groupe.

— Vous avez entendu ? demanda Ferora à ses amis.
— Ben, il me semble que oui, répondit Eloah alors qu’Unician fit un signe affirmatif de la tête avant que Ferora ne s’avance alors.
— Qui… Qui êtes-vous ? demanda-t-elle à ce qui se cachait dans l’ombre.
— Je suis… Ce dragon, qui est-il ? Que fait-il ici ? répondit la voix toujours dissimulée dans l’ombre.
— C’est mon dragon ! Il nous accompagne et nous protège, en quelque sorte…
— Me promettez-vous que vous ne me fassiez rien ?
— Faudrait déjà qu’on sache qui vous êtes ! Et puis, on est là pour affaires… rétorqua Eloah qui s’avançait à son tour.
— Bien, alors…

En prononçant ces mots, l’être s’avança et sortit de la pénombre. A sa vue, les trois compères furent bouches bées et ne savaient plus quoi dire. Ils avaient tous reconnus Helséphine, ou du moins, son fantôme.


Par Eloah

— Helsépine ? C’est bien… toi ? demanda peureusement Ferora.
— Et qui veux-tu que ce soit d’autre ? intervient Unician.
— Qu’est-ce que j’en sais moi ? Il peut tout arriver dans cet univers… lui rétorqua vivement sa compagne.
— Si tout peux arriver, dis-moi pourquoi lui demander sera un gage de bonne foi ? En quoi sa parole peut être plus vrai que celle de n’importe qui se prétendant Helsépine ? énnonça fièrement le disciple d’Osamodas.
— Et bé… Pour un spectre qui se dit très instruit, presque l’égal des Dieux et Déesses, tu me parais très peu informé sur cet endroit… Déjà que tu te fais avoir par un Ôzirysse…
— Il m’a eu par surprise, ronchonna-t-il, si je l’avais vu le premier…
— Et, comment as-tu pu le rater ?! Ils ne sont pas du genre petit pourtant…

Pendant ce temps, Eloah et Helsépine étaient un peu dépassées par les évènements et ne savaient pas trop quelle action envisager. Heureusement, Eloah finit par se reprendre et de s’exclamer fortement : « NON, MAIS VOUS ALLEZ ARRÊTER OUI ! » Aussitôt, les deux compagnons stoppèrent leur dispute et se tournèrent vers celle qui venait de les interpeller, stupéfaits par son ton péremptoire. Il faut dire qu’une disciple de Sacrieur en colère, ce n’est pas tout les jours que nous pouvons en croiser une. C’est-à-dire qu’il faut qu’elle garde leur sang froid, car lorsqu’elles sont en colère, les disciples de la Déesse sont comme habités par des pulsions destructrices qu’il est très difficile de maîtriser. C’est d’ailleurs lors d’une de ces occasions que le village de Giscoul avait été détruit, les habitants ayant refusé de donner un peu de poudre d’Eniripsa au familier d’un disciple de Sacrieur. Il s’était alors mis dans une colère noire quand son chacha avait succombé, victime de l’égoïsme des villageois. Et s’il reste encore des ruines a observé, il s’agit là d’un miracle dû à une courageuse gamine qui ne voulu pas voir détruit l’enclos de sa jeune dragodinde. Heureusement, ses deux compagnons ne l’avait que peu énervé et Eloah réussit à contenir les pulsions, puis finalement, à se calmer.

— Dis-nous donc la réponse à la question d’Uni, Fero, sans dispute, ordonna-t-elle à peine remise de ses émotions.
— Heu, oui oui. Et bien, comme tu l’aurais sû si tu m’avais laissé finir, commença Ferora.
— Attention, rappela son amie.
— Oui, oui… Dans cet univers, on ne peut pas mentir, du moins les esprits ne le peuvent, affirma vivement la disciple de Féca.
— Hein ? Comment ça ? demandèrent d’une même voix les deux compagnons.
— Notre âme nous trahirait, intervient Helsépine.
— Voilà, c’est ça. Les esprits ne peuvent mentir car leur âme est à « vif », si je puis dire. Tout le monde peut la voir, donc tout le monde peut y voir la vérité, expliqua la fille divine de Féca.
— Ah ? Pourtant, je n’ai pas l’impression de voir quoi que ce soit à l’intérieur de l’esprit d’Helsépine, s’étonna Eloah.
— Je n’aurais peut-être pas dû employer le mot « voir ». En réalité, c’est vrai, tu ne peux rien voir avec tes yeux. C’est ton âme qui le « voit ». C’est elle qui voit dans les âmes à « vif », et seulement dans les âmes à « vif ». C’est pourquoi, nous trois, et le dragon, sommes comme insondable aux autres êtres de cet univers. Et, c’est aussi pourquoi l’Ôzirysse était si déconcerté quand il nous a vu…
— Je crois que je commence à comprendre. Mais, dis-moi, mes parents savaient toujours quand je mentais, et mon maître au temple Sacrieur également, il y a un lien ?
— Si on veut. Certaines personnes ont une sensibilité de l’âme très grande et peuvent ainsi « lire » l’âme des autres même quand celles-ci ne sont à vif. Et puis, les personnes avec qui on tisse des liens très fort, comme nos parents, ou des amis très proches, peuvent avoir aussi une certaine sensibilité à notre âme, grâce à ce lien justement.
— C’est vraiment très fort ! s’exclama Eloah. Merci de nous avoir expliqué tout ça, Fero.
— De rien, dit-elle en faisant un clin d’œil.
— Alors ? Tu es bien Helsépine ? interrogea sa compagne.
— Oui, j’attends mon aimé qui point ne devrait tarder. Il a promis de me rejoindre en ce lieu dés que sa quête vengeresse serait accomplie.
— Je suppose qu’il s’agissait de tuer le dragon qui vous avait assassiné, déclara Unician.
— En effet, telle était sa promesse, occire le dragon Bolgrot pour avoir pris ma vie.
— Cela fait maintenant mille ans qu’il l’a tué, et qu’il est mort en faisant ça, lui apprit Unician. Je suppose qu’il vous a oublié…
— UNICIAN ! s’écrièrent d’une même voix ses compagnes.
— Oh ! Non, il ne peut pas ! Il me la PROMIS ! s’affola le fantôme de la jeune fille.
— Je suis sûre qu’il est en chemin, il a dû… avoir un empêchement, tenta maladroitement Ferora.
— Il me la promis ! Il me la promis ! Il me la promiiiiis ! criait le fantôme de plus en plus hystérique.
— Ah ! C’est malin, Uni. Comment fait-on pour la calmer maintenant ? Hein !
— Je sais pas, Eloah. Et puis, je m’en fous. Nous ne sommes pas là pour lui cacher une possible vérité. Juste la ramener, elle et Rykke au dragon. C’est tout ce que nous avons besoin de faire…

Alors, les deux filles ne purent se retenir, et lui donnèrent dans un profond synchronisme une baffe chacune. Après cela, le disciple d’Osamodas avait les joues en feu, mais ce n’était rien, comparé à la folie qui menaçait le fantôme…

« C’est tout… Tout ce qu’elle avait pour s’accrocher, pour tenir bon à attendre ici… Loin du repos éternel. »


Par Ferora

Tandis qu’Unician grommelait dans son coin en se frottant les joues, Eloah tentait d’apaiser Helséphine par des mots et Ferora songeait…

— Enfin, Helséphine… Rykke a tué Bolgrot pour vous. Il vous aimait c’est certain…
— Oui ! Je le savais bien mais depuis il ne m’aime plus, le temps passe… Il m’a oublié !
— Cessez de vous affoler et de hurler, nous sommes là pour vous aider. Nous allons bien trouver une solution.
— Je ne vous ai rien demandé ! Laissez-moi tranquille ! Il me l’avait promiiiiis ! se remit-elle à hurler devant une Eloah bouillonnante qui se tourna alors vers son amie.
— Elle commence à m’énerver. Je sais bien que rester cacher ici depuis tout ce temps doit finir par porter sur les nerfs, mais nous aussi on a nos problèmes et cette « planète » morbide commence à me lasser… Je t’en supplie fait quelque chose !
— Moi aussi, je commence à en avoir marre de cet endroit, mais que veux-tu que je fasse ?

— On a pas beaucoup de solutions… Les Ôzirysses semblent te comprendre et en plus, t’obéir.
— Dès qu’ils verront Unician et Helséphine…
— Il n’est pas nécessaire qu’ils les voient, et on a pas besoin d’eux. Ils restent là et puis c’est tout, on saura où les retrouver.
— Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…
— Sûrement, mais le temps joue contre nous. Lean a disparu on ne sait où, et finalement, avons-nous une autre solution que de tenter notre chance avec ces géants ?
— En tout cas, rien ne me vient à l’esprit sur le moment… Qui plus est, si on doit chercher et ramener un fantôme, les Ôzirysses peuvent être d’une aide non négligeable. Allons-y !
— Ouais ! Ça me rappelle nos aventures quand nous nous engagions dans des donjons obscurs sans en connaître les gardiens, c’est plutôt excitant.

Eloah fit un clin d’œil à son éternelle complice qui lui rendit un sourire. Toutes deux tentèrent de dissimuler l’une à l’autre leur appréhension et leur peur. Elles allèrent alors expliquer très succinctement à Unician ce qu’elles allaient tenter et surtout, insistèrent sur ce que lui, devait faire et ne pas faire.

— On ne te demande pas grand chose, juste reste caché avec elle, ici. Apaise-la tant que tu peux, et surtout, surtout…
— Quoi ?! s’exclama Unician.
— Surtout, tu ne fais rien d’autre !


Par Eloah

Grommelant toujours, Uni laissa repartir ses deux amies, laissant à leur disposition son dragon. Au moins, il les saura protéger, ce qui les attendaient après les Ôzirysses n’étant certainement pas une mince affaire. Aussi lui donna-t-il des instructions par un moyen de communication propre aux disciples d’Osamodas :

« Protège-les bien Tatsu. Désolé de vous désobéir encore une fois, mais mon cœur ne vous laissera pas toutes seules. Tatsu, tu sais ce que tu as a faire, va là où tu sais. »

« Tu sais que tes amies ne vont pas apprécier, retentit une voix plus caverneuse dans ses pensée. Oui, tu le sais pertinemment. Tu te dit que c’est pour leur bien, qu’elles ne connaissent pas ce qui les attendent dans ce monde. Mais toi, est-ce que tes blessures se sont-elles fermées ?
Non, je le sens en ton cœur que tu ne t’es toujours pas remis de ton séjour.
Je sais que je ne t’en dissuaderais pas, je n’ai pas cette force. Que tes amies comptent beaucoup pour toi, je respecte cette amitié, je la chérirais. Bonne route, mon ami. »

« Bonne route à toi, bonne aventure à vous tous ! »


Par Unician

— Hum… Elo. N’oublie jamais que tu es ma meilleure amie…
— Pourquoi dis-tu ça ? s’étonna-t-elle.
— Parce qu’il y a des choses que tu ne dois vraiment jamais savoir… Je t’en ai même déjà dit beaucoup… ’fin bon, j’espère que tu me pardonneras.
— …

Soudain, Ferora se tourna vers sa compagne et lui asséna une puissante attaque nuageuse suivie d’un glyphe d’immobilisation. La disciple de Sacrieur, toute puissante qu’elle était ne pu résister bien longtemps à l’attaque surprise de son amie et sombra bientôt dans l’inconscience. La Ryukana prit alors son amie dans ses bras et l’amena dans une grotte de la falaise toute proche. Puis, elle la déposa délicatement contre la paroi, et de façon à être invisible de l’extérieur. Ensuite, elle se lança dans une courte incantation où le pourtour de l’entrée s’illumina brièvement. Enfin, elle continua sur une incantation plus longue et beaucoup plus puissante.

Bientôt, ce fut tout son corps qui s’illumina de l’intérieur de manière de plus en plus intense jusqu’à aveugler toute vision. Puis, l’intensité décroissat et révéla bientôt que la disciple de Féca avait laissé place à ce qui ressemblait à un dragon…

La Ryukana se mit à battre des ailes pour s’envoler peu de temps après en traversant la barrière magique qu’elle avait créer précédemment. Une fois à l’extérieur, elle se lança à une vitesse effarante vers le Carrefour des âmes, arriva bientôt face aux Ôzirysses, et traversa le représentant du Dieu Iop.

« Me pardonneras-tu un jour ? Je ne pouvais vraiment pas t’emmener en ces lieux, tu n’aurais pas pu y survivre… soupira-t-elle. Allez, courage… Il n’y avait pas d’autre solution, toutes les autres ont échoué. »

Toutefois, elle ignorait encore que le compagnon d’Unician l’avait suivi.


Par Ferora
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