Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Ferora et son nouvel ami, le dragon noir était toujours dans le tunnel de néant. Ils volaient en silence pour pouvoir se concentrer, la magie qui insinuait le désespoir aux voyageurs était encore plus forte dans ce sens. Les âmes ne devaient pas pouvoir faire marche arrière, c’est un aller simple pour les plaines éternelles. Toutefois, cela n’empêcha nullement le dragon de capter les pensées de son maître, Unician.

— Ferora, il semblerait que mon maître ai besoin de moi. Il aurait trouvé Rykke, mais n’aurait pas assez de force pour lui faire survoler une falaise.
— Où… Où l’a-t-il trouvé ? demanda la disciple de Féca encore sous le choc.
— Hum… Il ne me l’a pas dit, mais j’ai pu apercevoir dans ses pensées les contours d’une île.
— Une île ? Mais oui ! Oh ! Quelle idiote ! Idiote ! J’aurais dû y penser tout de suite… Idiote ! Je suis digne d’une disciple d’Iop là, puff…
— Apparemment, tu as reconnu l’endroit.
— Oui, il s’agit de l’île des Résiliés, l’île où ceux qui sont allés jusqu’aux Ôzyrisses et ont refusé de prendre le tunnel se retrouvent en attendant le moment où ils se décideront enfin. Certains n’en sont encore jamais partis, et il est impossible de s’en évader. Mais bon, on dit toujours qu’il est impossible de s’évader des prisons… J’aurais dû le comprendre tout de suite ! Rhâ…
— Ne te reproche pas quelque chose dont tu ne peux rien changer, surtout dans cet endroit où la culpabilité et le désespoir sont exacerbés…
— Tu as probablement raison, mais là, je pensais surtout à mon amie que j’ai assommé pour rien, et que j’aurais pû l’éviter… soupira-t-elle. Tu me déposes à la grotte où je l’ai laissée avant d’aller rejoindre Uni ?
— Oui, naturellement. Je ne comptais pas faire autrement.
— Merci… Mais, dis-moi, je ne connais même pas ton nom. Comment t’appelles-tu ? Ou plutôt, comment t’appelle-t-on ?
— Ah ! Tu es bien une Ryukana. Si j’avais eu encore des doutes, la pertinence de ta question les aurait dissipé. On m’appelle Tatsu.
— Et bien, merci, Tatsu !

Ils franchirent bientôt la sortie du tunnel et Tatsu alla déposer sa passagère devant la grotte où la disciple de Sacrieur attendait le retour de son amie. Puis, sans perdre plus de temps, il partit retrouver son maître qui avait bien besoin de son aide. Pendant ce temps, la disciple de Féca s’approcha de la grotte pour réciter une formule magique et, enfin, délivrer sa compagne. Comme elle ne vint pas à sa rencontre, elle en déduisit qu’elle était encore dans les vapes ou qu’elle n’avait tout simplement pas remarqué que la barrière magique avait été dissoute.

Ferora trouva Eloah, assez profondément dans la grotte, en train de faire des exercices physiques. Pas de doute, c’était bien une disciple de Sacrieur pour faire une telle chose dans une telle situation… Comme Eloah lui tournait le dos, Ferora l’appela timidement. Elle se retourna à l’instant, un grand sourire aux lèvres. « Bah, alors ? T’en as mis un temps ! »

Là, on ne peut pas dire que Ferora s’attendait à cela, ajoutés aux émotions et la fatigue qu’elle venait de vivre durant son périple, elle n’y tient plus et s’évanouit. Heureusement, Eloah la rattrapa à temps, et elle ne se fit pas mal en touchant le sol. Toutefois, une fois qu’Eloah l’eut reposer à terre, aussi confortablement que possible, elle ne réussit pas à la faire revenir à elle. Ferora n’avait littéralement plus d’énergie… Tout les efforts fournis depuis l’apparition du traître avaient fini par la rattraper. Même avec la récupération de sa Déesse, le corps d’un être humain, fut-il à moitié divin, ne pouvait en supporter davantage…


Par Ferora

« Ah ! Bah, me voilà bien. Tu pars, tu m’assommes, tu reviens, tu tombes dans les pommes ! Ça limite grandement la conversation quand même. Ah ! Là ! Là ! Il suffit que tu me quittes et rien ne va plus. »

Eloah continuait ainsi à parler à son amie inconsciente, comme si elle l’entendait. Il faut dire que les chaferfus qu’elle avait massacré n’était pas très bavards. Alors un monologue la réconfortait un peu dans sa solitude. Elle avait au moins un corps à qui parler, même si l’esprit semblait absent.

« Bon ! Bon, bon, j’ai bien lu dans quelques parchemins au temple que Sacrieur pouvait réssusciter les gens grâce à son sang, mais je ne suis pas Sacrieur ! Parait-il que certains puissants adeptes en sont également capables. Mais, je ne suis encore qu’une jeune disciple… Ma chère Fero, je crains ne pas pouvoir faire grand chose pour toi là. Allez, réveille-toi ! »

Eloah tapotait les joues de son amie, en vain.

« Aïe, aïe… Eniripsa envoie-moi de l’aide, pitié ! Ma Déesse ! Quelqu’un, s’il-vous-plaît… Maman aurait sû quoi faire, Aylin saurait quoi faire… Je suis bien seule. Ahiâm ! Oui, Ahîam aussi saurait quoi faire si je me rappelle bien de ce que m’avait raconté Lean. Lean ! Oh, ma Déesse ! Le temps passe et pas de nouvelles de Rykke… »

Se sentant désespérément seule, et après avoir passé beaucoup trop de temps, selon elle, à ne rien faire, Eloah devait « bouger ». Elle pris alors Ferora dans ses bras et la porta. Eloah se mit alors en marche et se dirigea vers le portail, unique passage pour sortir de ce monde, barré par Bolgrot. Eloah espérait au fond d’elle que Ferora avait réussi la quête imposée, et qu’arrivées devant le portail, elles pourraient le franchir sans problème. De toute façon, le temps pressait, et si Ferora avait échoué, il ne devait plus y avoir grand chose à faire sinon elle ne serait pas revenu. C’est la théorie que s’était construite Eloah dans sa tête. Elle souhaitait malgré tout, ne pas rencontré le dragon. Quête réussie ou non, il était le seul obstacle pour qu’Eloah retrouve son frère et punisse le traître. Voilà donc notre disciple de Sacrieur en route, portant son amie inconsciente, longeant les falaises, se tapissant tant que possible dans l’ombre. Ferora étant spirituellement absente, elle ne pourrait pas communiquer avec les Ôzirysses par le langage du feu en cas de rencontre inopinée.


Par Eloah

Rykke s’enfuyait vers l’horizon tandis qu’Unician se retourna face aux gardiens. Il y avait de tout en plus d’humanoïdes, des Minotorors, des Trools, des Melous, des Kwaks…

« Ah ! Tout ça, pour moi ? Fallait pas ! »

Unician commença à invoquer… un tofu.

« Eon ! Courage ! Ils sont juste plus nombreux, plus fort et on a aucune chance de réussir… dit Uni en lançant son fouet vers les créatures. Allez, Go ! »

Dans une synchronisation parfaite, les deux compères se retournèrent et s’enfuirent… Le tofu distança très facilement tout le monde, mais le disciple d’Osamodas n’arrivait pas à semer ses poursuivants, pire même, les plus rapides commençaient à le rattraper. Le compte de griffe allait être fatal, la patte de l’animal — pas trop le temps de regarder derrière pour savoir ce que c’est — tenta de tomber sur Unician, mais ne toucha que du vide. L’homme n’était plus là, il avait disparu.

« Pfiou ! J’ai eu chaud cette fois-ci ! Eon, j’ai eu vraiment du mal à prendre appui sur toi, tu ne me laisses pas assez de prises. »

En effet, Unician était limité dans ses déplacements instantanés. Il ne pouvait pas se déplacer comme il voulait ici, il lui fallait un point d’ancrage. Sinon, il risquait de se disperser de trop, et tomber vers cette lumière. Ainsi, il se servait du lien entre Eon et lui pour canaliser son esprit.

« Allez, un petit déplacement félin ! Tu pourras aller encore plus vite, et encore plus loin… Oh ! Hé ! Les pas beaux ! Je suis là ! »

Il les fit tourner en bourrique comme ça plusieurs fois. Néanmoins, à chaque fois, cela lui demandait de plus en plus de concentration, et cette voix devenait de plus en plus attirante.

« C’est pour moi, mon chéri ? »

« Je pense que c’est bientôt bon, encore deux-trois petits coups comme ça. »

Le monstre arriva à la hauteur de l’être allongé sur le sol. Celui-ci prenait un bain de soleil en les attendant.

« Rhâ ! Vous pouvez pas vous bouger ? Vous me faîtes de l’ombre ! »

Il se concentra sur le tofu, le repéra, s’accrocha au lien et commença à laisser aller son esprit le long de ce fil. Ce fut la fois de trop, toutes ses défenses étaient tombées, la voix le toucha directement dans son cœur.

« Unician, cache-toi dans la cave ! Restes-y cacher jusqu’à ce qu’on vienne te chercher… Maman est là, mon chéri. N’ai pas peur, va ! »

Ces mots, cette voix… Pourquoi coulait-il le long de ce lien ? Il pourrait la rejoindre ! Elle est si proche, il n’y a qu’à lâcher le fil, et se laisser aller. Il commençait à sentir les plaines qui l’entouraient, les créatures qui le suivaient, les âmes qui voguaient par-ci, par-là… Mais, les filles ? Ferora ? Il ne fallait pas les abandonner. Il tenta de réunir son esprit, et reprendre le fil du lien avec Eon, mais trop tard. Il l’avait perdu, lui glissa entre les mains, et matérialisa son corps à mi-chemin.

« Ma… Ma… Maman ! »

Unician se roula en boule sur le sol. Il ne savait plus quoi faire, ne savait plus qui il était. Attendre son destin ! Vui, c’est ce qu’il allait faire… Mais, avant même de reprendre totalement conscience, il fut entouré d’une armée de lances.

— Nous avons choppé le tofu.
— Oups ! Non, mais je rigolais quand je disais « pas beaux », pas la peine de vous énerver, hein ! On peut régler ça autour d’une petite chopine ?
— Les cawottes sont cuites, tu ne peux plus t’enfuir.
— Je m’enfuyais pas, je faisais juste un petit footing !
— Debout ! Suis-nous !

Le disciple d’Osamodas se leva, et fut emmené par l’escorte de pointes. Il était pris, ce qui allait un peu compliquer la chose…

« T’oublierais pas que tu as encore quelques amis ? »

« Hein ? Tatsu ? T’es où ? »

A peine eut-il dit ces mots qu’il se trouva arraché du sol, puis projeté dans les airs pour atterrir sur l’échine du dragon.

« Eon ! appela-t-il le tofu qui disparut de sa cage. Pfiou ! Merci encore, mais tu sais j’aurai pû m’en sortir tout seul, c’était pas grand chose ! Non, mais c’est pas la peine de me redéposé ainsi, hein ! ajouta-t-il précipitament lorsque le dragon laissa transparaître un air consterné. T’es là, j’en profite. Ça m’évite de me fatiguer. »

« Il faut rejoindre Helséphine, j’ai dit à Rykke d’aller vers la grotte où se trouve les filles. »

« Non, pas encore. On a encore quelque chose à faire. »

« Non, on a fait tout ce qu’il fallait faire ici ! »

« Ma mère est là, quelque part ! Je vais la rejoindre ! »

« Tu ne te rappelles donc pas de la première fois où tu étais venu ici ? »

« … »

« Tu as fini avec ces chaînes que tu portes toujours… Tu le payes toujours. »

Unician toucha le fer qui se trouvait accroché à sa cheville.

« Mais c’est ma mère ! Je veux la revoir une dernière fois ! Ces mots, c’étaient les derniers qu’elle m’ai dit ! »

« Non, ce n’est pas ta mère, ce n’est que son souvenir. Ta mère est… morte. Elle n’est plus. Ce que tu entends, ce sont tes désirs, les êtres chers qui ne sont plus. C’est l’attraction de la mort sur tout être vivant ! Plus de soucis, plus de douleur, retrouver ceux qu’on a perdu avec la promesse que ceux qu’on a laissé nous rejoindrons. »

« Suis-je encore vivant ! Regarde-moi ! Je ne suis plus qu’un esprit ! J’ai même plus de corps. »

« Tu es l’être le plus vivant qui existe. Tu es un esprit, la vie dans sa forme la plus pure. Pourquoi serais-tu attiré par la mort si tu n’étais pas en vie ? »

« Je ne suis qu’un esprit enchainé dans sa liberté. »

« Un esprit libéré de son corps. Même avec ces chaînes, tu es plus libre que n’importe qui. »

Unician sortit son amulette de dessus sa chemise, c’était une simple lanière de cuir qui tenait une coquille d’œuf brulé. Ce n’était qu’une représentation, la vrai, c’était ses descendants qui la portaient. Elle était bien mieux serti sur des amulettes, des boucles d’oreilles, des bracelets, des pinces à cheveux, des pinces pour les vêtements… Normalement, elle prenait doucement une couleur bleu, mais la sienne était resté noir braise.

Ils retrouvèrent la fille là ou ils l’avaient laissé et partirent vers la grotte d’Eloah. Le cœur d’Unician s’allégeait au fur et à mesure qu’il s’éloignait de la lumière. C’est vrai qu’il y était particulièrement sensible. Ils passèrent par-dessus les montagnes, rattrapant Rykke qui était passé par la vallée. Mais, arrivé sur place, il n’y avait plus personne.

« Où peuvent-elles être aller ? Tatsu ? »

« J’ai deposé Ferora ici, et je suis venu vous aider Rykke et toi. J’ignore ce qu’il s’est passé ensuite ici. »

« Si on avait un moyen de les appeler… »

« Je crois que c’est possible. Ferora a réussi à me parler, pas seulement oralement, mais aussi avec son esprit. »

« Tentons le coup ! »

« Ferora… Feror… tenta Unician. Je n’y arrive pas. Je suis trop fatigué, son esprit est fermé, je n’y arrive pas. »

« Laisse-moi faire, je suis en pleine forme. Mais, c’est toi qui posséde le lien le plus fort avec elle, le mien est encore trop fin, il ne tiendra pas cette vague. »

En effet, une vague puissante traversa l’esprit du disciple d’Osamodas, l’ébranla, emportant au passage les pensées qui étaient en surface et traversa ce lien.

« Hé ! T’aurais pû attendre ! Et mon intimité ! »

« Elle n’a rien entendu d’autre que mon appel. »

« Qui est là ? Uni, c’est toi ? » interrogea la faible voix de Ferora, son esprit éveillé par la soudaine vague d’énergie sur-puissante.

« Qui sait ? » répliqua ironiquement Unician.


Par Unician

« Noir…
Du noir… Partout !
Où suis-je ? Ai-je finalement succombé au désespoir alors que je pensais l’avoir laissé derrière moi…
Non, je crois me souvenir que j’avais bien atteint la grotte où j’avais enfermé Elo. Mais, qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?
Oh… Mon corps n’a plus la moindre force, je ne parviens pas à le réveiller. J’ai donc dû utiliser toutes mes réserves… Mais, oui ! C’est ça ! Lorsque j’ai mis fin au bouclier qui protégeait Eloah, j’ai fait une nouvelle dépense importante d’énergie, ça coûte toujours plus de briser un sort que de le lancer. Une règle à ne jamais oublier et qui a sans doute faillit me prendre la vie. Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’Eniripsa…
Oh ! Ma tête, mais qui me lance une telle vague d’énergie ? Hé ! Ça vient d’un dragon. Tatsu ?! Pourtant, ce ne sont pas ses pensées que je perçois…
Qui est là ? Uni, c’est toi ? » interrogea la faible voix de Ferora.

« Qui sait ? » répliqua ironiquement Unician.

« Humpf… Je ne connais qu’une seule personne qui pourrait me répondre ça et sur ce ton si particulier. Mais… Depuis quand sais-tu que tu peux me parler ainsi ? Tatsu, je suppose… Il aurait mieux fait de s’abstenir… Enfin… Que veux-tu ? Mon corps n’a plus d’énergie, et j’étais même évanouie avant cette vague d’énergie. Je ne sais même plus si j’avais retrouvé Eloah… »

« Pourtant, ce doit être le cas. Rykke, Tatsu et moi sommes à la grotte où tu l’avais enfermée, et vous n’y êtes pas. »

« Rykke ?! Tu l’as retrouvé ? Je n’ose y croire. »

« Et pourtant, il est bien là, avec nous. Mais, écoute plutôt. Il va falloir que tu te réveilles pour voir quelle est ta situation. »

« Je… Je ne peux pas… Je te l’ai dit, je n’ai plus de forces, j’ai utiliser toutes celles que je possédais. »

« Même celle de ta Déesse ? »

« QUOI ?! »

Il y avait vraiment de quoi s’étonner. Comment un simple disciple d’Osamodas, fut-il un esprit, pourrait-il connaître une chose que même certains Ryukane ne sauraient jamais. Comment ? Ce n’était tout de même pas Tatsu qui lui avait révélé une information aussi importante. La fidélité des dragons à leur maître ne va pas à ce point. Ce secret est aussi dangereux à porter que posséder un Dofus originel. Et, comme si le dragon noir avait senti la confusion de la Ryukana, il ajouta :

« Je ne lui ai rien dit, même pas que tu étais une Ryukana, juste que tu savais communiquer avec ton esprit de cette façon. Et, rassure-toi, cette communication aussi lui est invisible. Mais, tu sais, tu peux lui faire confiance, comme à ton amie Eloah. Ils ne trahiront pas… »

« Ma Déesse saura… Et, elle m’a parfaitement expliqué ce qu’il adviendrait dans ce cas. Quelque soit l’amour qu’elle me porte, elle ne pourra pas changer la situation vis-à-vis du Panthéon. Je ne peux pas… Je ne veux PAS ! » s’écria Ferora au bord des larmes.

« Préfères-tu perdre tes amis ? »

« Co… Comment ça ? »

« Que crois-tu qu’il va arriver si tu ne te réveilles pas ? Tu ne sais même pas où tu es. Tu ne sais pas si Eloah n’est pas en danger de mort. Tu ne sais pas si elle est perdue dans ce monde et si vous errerez ainsi jusqu’à la fin. Tu ne sais pas… »

Ferora était en larmes maintenant, déchirée entre deux décisions qui lui ferait perdre quelque chose de très important pour elle, ses amis ou son statut de Ryukana. C’était un choix trop difficile pour elle. Ses pouvoirs, elle les possédait depuis sa naissance, c’était comme d’abandonner une jambe ou un bras. Et puis, c’était aussi quitter la relation privilégié qu’elle entretenait avec Féca, sa « mère » adoptive. Mais, ses amis étaient là, et ils comptaient sur elle, elle ne pouvait pas leur faire défaut. Ils l’avaient toujours aidée quand elle avait eu besoin d’aide, de réconfort, de présence… En particulier depuis la mort de son fils adoptif et le départ de son cousin. Elle n’arrivait pas à faire la part des choses, à décider quel côté de la balance était le meilleur…

« Snif, Ma… Mamora… Je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais pas ! Comment peux-t-on choisir entre sa Déesse et ses amis ? Comment ?! S’il-te-plaît, aide-moi ! »

« … »

« Mamora… »

« … »

« Mamora ! »

« … »

« Alors, Fero ! Ça vient ? Tu t’es décidée ? »

« … »

« Fero ? »

« Fero ? Tu es réveillée ? Pourquoi pleures-tu ? interrogea soudainement Eloah qui venait de sentir les larmes sur son corps. Fero ? appela la disciple de Sacrieur avant de s’arrêter pour déposer son amie à terre et s’agenouiller face à elle. Fero, je ne sais pas pourquoi tu pleures. Mais, si c’est à cause de moi, je voudrais que tu saches que tu ne dois pas t’en vouloir. J’ai compris que tu avais voulu me protéger. Je ne saurais sans doute jamais de quoi, mais ce devait être très important pour que tu agisses ainsi. Tu sais, je ne t’abandonnerais jamais. Quoique tu fasses, nous serons toujours amies. Je serais toujours là… »

« J’ai choisi. »

Le corps de la disciple de Féca fut bientôt entouré d’un immense brasier rouge, si puissant que s’il avait brulé, aucune vie n’aurait survécu à des dizaines de pas à la ronde. Elle illuminait littéralement la plaine tel un Soleil de l’aurore. Eloah ne pouvait, bien entendu, soutenir une telle luminosité et détourna le regard. Le brasier devient alors encore plus fort et inonda ce monde dans son entier. Une Ryukana venait de faire appel à son pouvoir suprême, elle puisait directement son énergie dans celle de sa Déesse, et donc dans celle de tout ses disciples de tout les mondes.

C’était la première fois qu’elle le mettait en pratique, et ce n’était que la troisième fois qu’il était utilisé depuis que les Ryukane existaient. Elle irradiait de pouvoir, on pouvait même dire que peu s’en fallait que ceux-ci égalent ceux des membres du Panthéon. Toutefois, il y avait, bien entendu, une limite que les Ryukane ne pouvaient dépasser, quoiqu’ils fassent. Cette limite était, tout simplement, lié à leur nature et à celle de ces membres. Ainsi, les Ryukane ne pourront jamais devenir l’un des leurs — ce qui se ferait au détriment d’un des Dieux et Déesses en passant — pas plus que ces derniers ne pourraient devenir de simples humains.

Le brasier finit par baisser en intensité jusqu’à ce qu’Eloah puisse de nouveau regarder son amie. Celle-ci avait bien changé. Ses cheveux n’étaient plus que flammes ardentes, même s’ils ne dégageaient aucune chaleur. Un halo rouge et jaune l’entourait toujours, et on aurait dit qu’elle était plus grande. En tout cas, elle dégageait une puissance inimaginable pour Eloah. C’était comme si Féca, elle-même, se tenait devant la disciple de Sacrieur : « Alors ? A quoi je ressemble ? »

Eloah était bien trop stupéfaite pour lui répondre, elle était toujours à genoux à la regarder avec des yeux aussi ronds que son corps le permettait. Sa bouche n’arrêtait pas de s’ouvrir et se fermer, comme si elle essayait d’émettre des sons mais qu’elle n’arrivait pas à savoir lesquels choisir…


Par Ferora

« Ferora ? J’ai ressenti une drôle de perturbation en moi, ça va ? Que se passe-t-il ? »

« Tout va bien. Même, beaucoup mieux. Enfin, il me semble. »

« Parfait, où êtes-vous que l’on vous rejoigne ? »

Ferora jeta un rapide coup d’œil autour d’elle, essayant de voir où Eloah était en train de l’emmener. Son amie toujours au sol, n’arrivait toujours pas à émettre un son.

« Eloah m’emmenait au portail, je le vois, nous devons en être à 200 pas. »

« Parfait, on arrive. »

Tatsu, Unician, Rykke et bientôt Helséphine — attrapée en route — se dirigèrent vers le portail. Ferora s’agenouilla près d’Eloah et lui prit les deux mains.

— Elo ? C’est moi tu sais, j’ai toujours été ce que je suis.
— Mais, Fe… Tu… On…
— Le temps presse, rappelle-toi ce qui a fait que nous sommes ici, et surtout que nous y sommes encore. Unician a retrouvé Rykke. Ils nous rejoignent au portail, il faut se dépêcher.
— Mais, mais, Fero…
— Je sais. Je te promets de répondre à toutes tes questions très rapidement, dès que nous serons plus en sécurité, et plus tranquilles. Si tu me fais encore confiance, alors viens avec moi, nous allons retrouver ton frère.
— Confiance ? Jamais tu n’as perdu ma confiance.

Sur ces mots les deux amies se relevèrent ensemble, se tenant encore les mains. Puis, elles regardèrent le portail un peu éloigné, s’échangèrent un sourire, et se mirent à courir droit devant elles. Tatsu arriva le premier et déposa Unician, Rykke et Helséphine au sol. Ces deux derniers qui n’avaient pas eu le temps de se retrouver — le dragon noir sachant être très autoritaire et persuasif quand le temps presse — se sautèrent dans les bras. Pendant ce temps, Unician vu au loin Eloah qui courait, accompagnée d’une chose étrange, qui brillait. Toutefois, il reconnu assez rapidement le visage de Ferora, mais restait perplexe quant à tout les autres détails.

— Tu vois ça Tatsu ?
— Oui.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Comment ça ? Mais voyons, ce sont tes amies, idiot !
— Merci, mais, t’as vu Fero ? Ça signifie quoi ce truc ?
— Qu’elle a fait son choix.
— Hein ?
— Silence ! L’air est lourd soudain.
— Bolgrot…
— Il arrive je le crois bien. J’entends au loin des battements sourds dans les airs.
— Fero ! Elo ! Grouillez-vous ! Et vous deux là, arrêtez de sauter partout, ça devient chiant. Et puis, voilà quelqu’un qui devrait refroidir votre humeur…

Bientôt Eloah et Ferora arrivèrent auprès de la compagnie. Ils n’eurent le temps de ne prononcer aucun mot, un cri terrible et assourdissant déchira le ciel. Puis, une forte secousse au sol se fit sentir. Bolgrot venait de se poser, juste devant le portail. Un court moment de silence s’imposa, puis fut brisé par Rykke.

« Toi ! Sale traître ! »


Par Eloah

Soudain, un bruit incroyable se fit entendre. Il venait de l’extrémité de la plaine, du carrefour des âmes. Les Ôzyrisses avaient enfin repéré cette âme qui leur échappait depuis si longtemps, Helsépine, et celle qui venait de s’évader. Les Ôzyrisses étaient en marche.

— Et mer… Il ne manquait plus qu’eux. On se casse ! s’exclama Unician.
— Non, Uni. Nous ne les laisserons pas. J’ai choisi mes amis, et je ne les laisserai pas tomber maintenant, déclara Ferora avec une telle autorité que personne ne la contredit, alors que Tatsu souriait doucement, comme un être dans la confidence. Je vais aller arrêter les Ôzyrisses.

La Ryukana se téléporta immédiatement, dans un brasier impressionnant, devant les douze Ôzyrisses. Dés qu’elle apparut devant eux, ils stoppèrent net leur avancée et mirent un genou en terre. Alors, elle leur parla. Elle ne le fit pas comme plus tôt avec des lettres de feu inscrites dans les airs, mais véritablement dans leur propre langage. Hélas, ce fut sans résultat. Les Ôzyrisses se relevèrent bientôt et recommencèrent leur marche, laissant une Ferora dans l’incompréhension totale.

— Ah ! On dirait bien qu’elle s’est sur-estimée. Ce n’est pas bon pour nous ça… remarqua Unician.
— Non, ça aurait dû marcher, je pense. Il y a dû y avoir… Regarde ! intervint Eloah.

Elle venait d’apercevoir un immense nuage d’éclairs qui s’étendait de plus en plus en se rapprochant de leur amie. Les éclairs passaient tantôt du rouge vif au jaune flamboyant, en passant par le rouge sang et le marron ferrugineux. Tous avaient compris que des Déesses étaient à l’origine de ce phénomène. Et, étant donné les circonstances, il n’était point difficile de deviner lesquelles. Ferora n’avaient plus la majesté qu’elle arborait quelques instants auparavant. Les flammes de ses cheveux ne ressemblaient plus qu’à celle d’une bougie prête à s’éteindre, elle semblait de même avoir rapetissé, d’autant plus qu’elle était dorénavant agenouillée face contre terre, le halo avait complètement disparu… Unician, Tatsu et Eloah se précipitèrent pour soutenir leur amie, même si le disciple d’Osamodas ne comprenait pas encore tout ce qu’il se passait. Lorsqu’ils arrivèrent, Sacrieur et Féca s’étaient déjà matérialisées, l’une dans toute sa colère, l’autre affaiblie. La Déesse du Sacrifice avait commencé à sermonner fortement la disciple de sa sœur. Elle l’accusait, en autre, de déshonneur.

« Comment as-tu pu imaginer que cela passerait inaperçu ? Utiliser un tel pouvoir devant des mortels ! Oh ! Tu… Je crois que ma sœur a fait une erreur, tu n’as pas assez la notion de sacrifice pour être une Ryukana. Jamais aucun d’entre eux n’a ainsi révélé sa nature… »

Tout le monde était resté silencieux, impressionnés par la Déesse. Jusqu’à ce que sa disciple, meilleure amie de la Ryukana, s’exprime en ces termes :

— Ma Déesse, je voudrais vous demander s’il est déjà arrivé qu’une Ryukana se retrouve dans une telle situation.
— …
— Je suppose que non. Alors, à mon humble avis, Ferora ne peux être jugée sans tenir compte des circonstances qui l’ont amené à user de ce pouvoir. Je pense, moi-même qu’elle n’avait pas d’autre choix et qu’elle a dû le faire en toute connaissance des conséquences de son acte.
— Je vois. Tu parles bien, Eloah. Cependant…
— Si vous le permettez, j’aimerai ajouter quelque chose, intervient alors le dragon noir du disciple d’Osamodas.
— Tatsu ?! s’exclama la Déesse.
— Oui, Sacrieur. Tu dois savoir que lorsqu’elle a fait son choix, elle ne l’a pas fait pour simplement utiliser ce pouvoir, elle l’a fait en sachant qu’elle sacrifiait sa nature de Ryukana, juste pour aider ses amis qui avaient vraiment besoin d’elle à ce moment là. Elle avait déjà utilisé toutes ses réserves, son corps était proche de la mort et son esprit s’était évanoui jusqu’à ce que je le réveille.
— C’est pour ça qu’elle pleurait… Je me demandais si elle s’était réveillée, mais elle devait plutôt tenter de choisir entre être une Ryukana et nous aider. Rhâ ! C’est de ma faute, alors ! Si je n’étais pas parti de la grotte sans attendre de nouvelles… se reprocha la disciple de Sacrieur.
— Tiens ! C’est vrai ça… Pourquoi t’es partie ? Aïe ! Tatsu ?!
— Maître, Eloah a fait ce qu’elle jugeait être la meilleure option pour aider son frère, comme Ferora a jugé que c’était la meilleure option pour ses amis.
— Sacrieur !! Féca ! Vous êtes folles toutes les deux ! Pourquoi l’as-tu fait sortir avec le peu d’énergie qu’elle a ? C’est elle, la fautive ? M’a pas l’air d’être insouciante pourtant. Bon, allez, tu vas te dépêcher de la ramener au Panthéon, j’ai des infirmières hystériques qui n’arrêtent pas de vouloir que je les punisse, puf… Comme si on pouvait leur reprocher de t’avoir laissé faire…
— Eniripsa…
— Ah non ! Il n’y a pas de mais qui tienne ! Je ne tiens pas à ce que Féca finisse comme…
— Oh !
— Oui, c’est vrai. Mais dépêche-toi quand même. Si dans un cycle minutorien, tu n’es pas là, je t’envoie Iop !
— Très bien, très bien…

Et Eniripsa, la Déesse des Soins disparut dans un tourbillon de poudre blanche.

— Ce doit être ça, la véritable poudre d’Eniripsa, remarqua Unician.
— Sacrieur, veux-tu nous laisser s’il-te-plaît. Je voudrais parler seule-à-seule avec ma disciple.
— Tu es trop faible pour ça.
— Fais ce que je te demande ! Je n’ai pas le temps…
— Je restes à proximité.
— Comme tu voudras…

La Déesse s’éloigna donc, invitant sa disciple, celui d’Osamodas et Tatsu à faire de même. Féca et la ryukana se parlèrent pendant de longues minutes, puis cette dernière se releva et viens rejoindre ses amis. « Tu as eu beaucoup de chance. Tu n’en auras sûrement plus d’autre, alors fais très attention à toi… » fit Sacrieur avec toute son autorité et son assurance. Ferora ne se risqua pas à répondre, se contentant d’hocher la tête. Ce fut à ce moment que ses amis remarquèrent que ses cheveux n’avaient plus le rouge vif qu’ils leur avaient toujours connu. Ils étaient dorénavant aussi blonds que les blés.

— Fero… commença Eloah.
— Plus tard les explications, nous devons nous dépêcher de sortir de ce monde.
— Et Rykke et Héselpine, et Bolgrot ? interrogea-t-elle stupéfaite.
— Les Ôzyrisses ont accompli leur travail depuis un certain temps déjà, ne vous occupez plus d’eux, ordonna la Déesse du sang avant de rejoindre celle de la Protection et disparaître en même temps que l’immense nuage.
— Bon, je crois qu’il ne nous reste qu’une seule chose à faire, dit Unician.
— Oui, allons-y, répondit la disciple de Féca en se dirigeant vers le portail sans même se retourner.
— Je crois qu’elle ne va vraiment pas bien… s’inquiéta Eloah.
— Tu serais comment, toi, à sa place, hum ? remarqua judicieusement Unician. Allez, Tatsu, on se dit à la prochaine !
— Appelle-moi dés que tu en auras besoin.
— Pas de problème !

Bientôt, ils se mirent à courir pour rattraper leur amie et la rejoignirent pour franchir, enfin, tous ensemble, le portail.

Qu’est-ce qui les attends de l’autre côte ? Retrouveront-ils Lean, le frère perdu d’Eloah ? Qu’est-il exactement arrivé à Ferora ? Comment Unician a-t-il pu revenir de ce monde la première fois ? Comment se fait-il que Tatsu parle aussi familièrement à Sacrieur ? Et, que celle-ci le connaisse ?

Vous le saurez dans les prochaines aventures ’Lororiennes !


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