Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Bien qu’ayant réussi à stabiliser l’état de Noïga, Ahiâm restait perplexe sur son état à long terme. La plaie avait pu être infectée par un agent pathogène qui se manifesterait après une période plus ou moins longue d’incubation. La seule chose à faire, pour le moment, était de bien veiller sur elle. Ahiâm s’agenouilla près de Noïga et scruta les alentours à la recherche de Bek’. Il s’aperçut alors à ce moment que cette forêt était paisible, le doux sifflement des oiseaux, la caresse du vent léger sur les hautes branches, l’environnement était calme.

Jusqu’à ce que son regard tombe sur la sphère rougeoyante. Il lui sembla que l’incendie s’estompait. Cette idée le rassura en premier lieu. Puis, il songea alors à ce qui pourrait se passer si la sphère éclatait. Bien qu’ignorant de la magie xélorienne, en sa qualité de disciple d’Eniripsa, il avait un crédo bien connu : Prévenir vaut mieux que guérir. Noïga était tombée à peine à 100 mètres de la sphère, et cette distance paraissait bien trop faible si une telle quantité de magie venait à imploser. Il fallait éloigner Noïga de cet endroit, la mettre plus en sûreté.

Ahiâm passa ses bras sous les aisselles de Noïga tout en lui relevant le buste et fit battre ses ailes pour la soulever totalement. Malheureusement, il n’y parvint pas. Il tenta plusieurs fois, durant dix minutes, en vain. Lors d’une énième tentative, lorsqu’il reposa les pieds à terre après un nouvel échec, il se rendit compte que les pieds de Noïga stagnaient dans les airs. Puis, tout le corps de son amie se mit parfaitement à l’horizontal, bien parallèle au sol. Les yeux écarquillés, il risqua de lâcher totalement sa prise sur la blessée et constata qu’elle volait toujours dans les airs, immobile. Complètemant figé par ce prodige, Ahiâm semblait avoir été changer en statue de pierre.

Quelque chose vint alors lui tirer sur le lobe de l’oreille gauche. Songeant à un insecte, il voulut chasser cet importun d’un revers de la main. L’insecte en question esquiva et vint se poster et donner des petits coups sur le nez du soigneur, décontenancé. La lumière qu’émettait cet insecte fit loucher Ahiâm qui regardait son nez et lui fit perdre l’équilibre. Il tomba sur les fesses, toujours harcelé par cet insecte luisant qui virevoltait devant son visage. Sa vision ayant été abaissée d’un niveau, il put voir ainsi que des dizaines de fées soutenaient le corps de Noïga. Il comprit alors aussitôt que l’insecte luisant était également une fée. Ses esprits revenus à lui, il considéra avec attention la fée qui le harcelait depuis quelques minutes. Honteux, il rougit comme une larve rubis.

Les fées étaient des êtres forestiers très petits, qui ne se montraient qu’à ceux qui étaient dignes de les voir. Toutefois, les fées ne communiquent pas de la même manière que les être humanoïdes. Ainsi, depuis tout à l’heure, une princesse-fée essayait de faire comprendre à Ahiâm qu’il devait réagir et indiquer où il souhaitait que l’on emmène son amie blessée, car les petites fées qui portaient le corps de Noïga, bien que nombreuses, souffraient un peu du poids de la disciple de Sadida. Les princesses-fées étaient en réalité facilement reconnaissables pour un disciple d’Eniripsa, car elles avaient de plus grandes et plus belles ailes, et ne participaient pas aux tâches ingrâtes.

Très gêné d’avoir offensé d’un revers de la main une princesse-fée, Ahiâm se dépêcha de conduire sa blessée portée par l’inattendu brancard, vers un endroit plus sûr. Un creux naturel au pied d’un gigantesque tronc d’un orme fit parfaitement l’affaire. Le brancard féérique déposa délicatement Noïga sur un lit de mousse puis disparut aussitôt dans les fourrés. Seule la princesse-fée resta, fixant sévèrement dans les yeux le disciple d’Eniripsa.

— Je, je suis vraiment désolé… Si j’avais vu, je… Merci, bégaya-t-il.

La princesse se contenta de filer droit vers la cime de l’arbre millénaire, sans rien ajouter, même gestuellement. Ahiâm se jura qu’au prochain temple rencontré sur sa route, il se renseignerait sur la façon de communiquer avec les fées.

— Bek’ ? appela Noïga en se réveillant sur son lit de mousse.
— Noïga ! s’exclama Ahiâm aussi surpris qu’heureux.
— Ahiâm ? Mais… Aïe !
— Ne bouge pas, Noïga. Tu es en sécurité, ici. Tu as eu une vilaine blessure dis donc…
— Ce disciple est vraiment très doué. J’ai déjà reçu des aiguilles, celle-là n’avait rien à voir avec ce que j’ai pu connaître. Où est Bek’ ?
— Je l’ignore. Il avait faim, alors, il a dû partir chasser.
— Ah, ah ! Bek’, chasser ? Non, non… Il est trop nul pour ça ! s’amusa Noïga.
— Ah ? Et bien, écoute, je ne sais pas. Te voir dans cet état l’a sûrement beaucoup chamboulé, il avait besoin de marcher peut-être.
— Mais… C’est toi qui m’a emmené ici ? Où est la sphère ? Et… Comment avez-vous réussi à en sortir ?
— Reste calme ! Je vais tout te raconter…

Pendant tout ce temps, Bek’ avait avancé dans la forêt, ou plutôt, le démon de la shushette l’avait guidé. Ce dernier détectait une grande source de magie à l’œuvre non loin d’ici, telle l’odeur d’un fumet irrésistible, le démon remontait petit à petit à la source de ce qui promettait être un festin. Tant de magie pouvait signifier deux choses. Soit, il s’agissait de la présence de nombreux disciples, de niveaux moyens, soit, d’un unique et puissant disciple. Dans les deux cas, le démon estima qu’il aurait le dessus et qu’ainsi il assouvirait, au moins en partie, son incommensurable faim. Bek’ finit donc par découvrir une grotte naturelle dans laquelle serpentaient de nombreux tunnels. Il s’engagea dans l’un d’entre eux et arriva devant ce que l’on aurait pu prendre pour un zaap. Le démon lui fit franchir sans hésitation cet étrange portail et Bek’ se retrouva dans un tout autre endroit. Le couloir dans lequel menait le portail dimensionnel semblait appartenir à une forteresse. Le disciple de iop continua de déambuler sans réfléchir jusqu’a déboucher sur un agréable jardin, contrastant avec les murs sordides de la "forteresse", dans lequel on pouvait admirer de jolies fontaines. De là, Bek’ reconnu une version miniature de la sphère qui l’avait tant traumatisé. Cette vision inonda son cœur de haine. Bien que possédé par le démon de son épée, il comprit qu’il se trouvait dans le repère de son ennemi. Enchanté de ressentir ce sentiment chez son hôte, le démon revint s’engager dans les couloirs et poursuivit sa recherche du cœur, de l’âme, du foyer qui émettait tant d’énergie magique.


Par Eloah

Ce qu’ils découvrirent alors prit même le démon au dépourvu. Ils venaient de traverser différents couloirs, sentant à chaque instant la force magique s’amplifier, et avaient atteint une porte soufflée par une terrible explosion. Un peu plus loin, ils aperçurent une enfant habillée des vêtements traditionnels des jeunes disciples de Xélor, Dieu du Temps. Elle était complètement paniquée, les évènements dépassant sa compréhension et sa faible expérience. C’était une chose d’entendre sa grande sœur conté des aventures merveilleuses où les pouvoirs de l’héroïne semblaient infinis. Cela en était une autre de voir deux personnes ennemies en faire preuves. Le disciple de Iop, Dieu guerrier, submergé de haine et de vengeance sembla brièvement reprendre le dessus devant sa jeune amie, mais le démon affamé n’était pas prêt à laisser s’échapper un tel repas. Alors, ils continuèrent d’avancer et pénétrèrent bientôt dans ce qui fut la cellule des deux jeunes femmes, Ferora et Eloah.

La disciple de Féca était littéralement recouverte d’une aura de feu, on aurait dit que le feu était son habit autant que son essence. Face à cette vision délicieuse, Bekaroë découvrit la Sœur de Dathura protégée par un bouclier ovoïde et semblant léviter à quelques pouces du sol. Les deux femmes s’affrontaient visiblement depuis plusieurs minutes déjà, les stigmates d’une utilisation intensive de la magie étant apparus sur leurs visages. Toutefois, ni l’une, ni l’autre, ne donnaient l’impression de vouloir capituler. La Ryukana lança bientôt une nouvelle cohorte de longues flammes aussi acérées que des épées qui se brisèrent sur le bouclier de son adversaire. Celle-ci s’apprêtait à invoquer un sort mais elle fut déconcentrée par cette attaque puissante. La Ryukana avait souvent une longueur d’avance sur elle et si elle n’était pas encore tombée, c’était par son interposition entre celle-ci et son amie blessée.

Toutefois, cela ne pouvait continuer ainsi. La sœur sentait qu’elle ne pourrait tenir encore longtemps à ce rythme. Il ne lui restait finalement pas d’autre choix si elle voulait vaincre son adversaire. Elle répugnait à faire ce choix car elle y perdrait sans aucun doute la vie. Or, elle y tenait particulièrement. Elle avait nombre de projets pour se venger de la rébellion de ses prisonnières. « Bah ! Qu’à cela ne tienne ! Je tiendrais ma vengeance en les exterminant ! » finit-elle par décider. Elle se lança alors dans une invocation complexe que la Ryukana n’avait jamais entendu. Cependant, ce qu’elle en comprit, l’effraya au plus haut point tandis que le démon changea soudainement de cible. Celle-ci se révélait beaucoup plus appétissante.

Lorsque la sœur eut terminé son invocation, une statue apparut au-dessus d’elle. Cette statue, malgré qu’elle soit voilée par le bouclier, sembla familière à Ferora. Elle n’eut pas à remonter bien loin dans ses souvenirs, c’était la statue qu’Eloah avait trouvé dans la maison des Sœurs à Orchomène, la statue à l’effigie d’Ogrest. Il était impossible qu’une Sœur de Dathura possède un tel objet, encore moins qu’elle l’invoque et qu’il réponde. Ainsi, le doute n’était plus permis, elle n’était pas une Sœur mais membre du Culte d’Ogrest, faction qui prônait le chaos absolu pour une renaissance complète du monde des Douze à leur idée. Néanmoins, Ferora avait, pour l’instant, d’autres chachas à fouetter et s’inquiétait de ce que l’idole pouvait accomplir. Celle-ci venait justement d’envelopper son adversaire dans un halo multicolore à la forme d’œuf. C’est alors qu’elle réalisa que par l’intermédiaire de cette idole, Ogrest lui transmettait une partie des pouvoirs que les six Dofus primordiaux lui conféraient.

À partie de ce moment, le combat fut renversé et la disciple de Xélor devint l’attaquante tandis que la Ryukana se réfugiait derrière ses défenses. Toutefois, Ferora n’avait pas perdu sa raison et s’ingéniait à éloigner l’autre le plus possible de son amie afin peut-être de pouvoir la rejoindre ou de ne pas l’exposer davantage aux puissants sorts qu’elles généraient. Pendant ce temps, Bek’ ou plutôt le démon qui le contrôlait cherchait une faille dans le bouclier ovoïde afin de se nourrir du wakfu de l’idole. Il n’en trouva aucune, alors il attendit. Il attendit que la protégée fasse un faux pas. La disciple de Féca était maintenant accolée contre un des murs de la cellule, son aura de feu disparue mais toujours protégée par le bouclier de sa classe. C’était à son tour d’avoir un choix difficile à faire.

Sauf que, brusquement, la disciple de Xélor stoppa ses attaques. Elle savait que la jeune femme était dorénavant à sa merci et voulait savourer sa revanche, et même l’humilier. Aussi se prépara-t-elle à lui jeter un sort assez spécial qui nécessitait néanmoins beaucoup de wakfu. Elle fit alors l’erreur d’économiser du wakfu sur son bouclier. Le démon de l’épée qui n’attendait que cela se lança aussitôt à son attaque, ou plutôt, à l’assaut de l’idole d’Ogrest. N’ayant jamais envisagé qu’elle puisse être la cible d’une attaque, il n’y eu aucune réaction et le démon pu l’atteindre après avoir découpé le bouclier comme s’il s’agissait d’une gelée. Il coupa littéralement l’idole en deux. Ce qui libéra le wakfu qu’elle contenait, mais aussi celui qu’elle avait transmis à la disciple de Xélor. Le démon pu alors se repaître de ce magnifique banquet à volonté.

Surprise de ce revirement de situation, la disciple de Féca ne réagit pas immédiatement. Puis, bientôt, elle se rendit compte que son ennemie était vaincue. La disciple de Xélor gisait inanimée sur le sol, à son côté, Bek’ était à genoux. Il tenait encore son épée, mais celle-ci reposait plus sur le sol que dans sa main. Le démon ayant assouvi sa faim gargantuesque l’avait laissé vidé de ses forces et désorienté. Ferora s’assura que son adversaire était morte puis elle réconforta le disciple d’Iop avant de s’occuper de la disciple de Sacrieur. Celle-ci commençait, d’ailleurs, à se réveiller. Lorsque la jeune femme l’atteint, cette dernière tentait même de se relever mais la douleur était encore bien trop grande. Ses blessures n’ayant pu être totalement guéries à cause de l’intervention de leur geôlière, la disciple de Sacrieur montrait ainsi l’entêtement légendaire de sa classe à nier les messages de son corps meurtri. Ferora se dépêcha de la décourager de bouger et lui demanda vivement de rester coucher.

Toutefois, en s’apercevant de la présence de Bekaroë, Eloah ne voulut plus rien entendre. Ainsi, au grand dam de son amie, elle tenta de nouveau de se lever et aucune de ses paroles ne pu l’en empêcher. Tant bien que mal et s’aidant des murs, la disciple de Sacrieur se dirigea vers le disciple d’Iop et le corps à ses pieds. Maudissant l’obstination de son amie, Ferora se résigna à l’aider à rejoindre les autres. Dés qu’elles arrivèrent à proximité, la disciple de Féca fit asseoir sa compagne sans que celle-ci ne proteste de nouveau. Elle voulut connaître les derniers évènements et son amie les lui conta afin qu’elle reste tranquille pendant ce temps. Seulement, lorsque la Ryukana arriva au moment où l’idole d’Ogrest apparue, Eloah n’y tient plus et exigea qu’ils lui expliquent enfin qui était cet Ogrest :

— Rha ! J’en ai assez ! Depuis que nous sommes arrivés à cette époque, tu fais tout pour me cacher qui est cet Ogrest sous prétexte que je ne dois pas connaître mon avenir. Et bien moi, je dis que j’en ai marre ! Je suis désolée, Fero, mais il est évident que cet Ogrest à un rapport avec notre quête. Peut-être est-il même à l’origine de l’enlèvement de mon frère…
— J’en doute…
— Tant pis. Après ce que cette fille nous a fait subir, je pense que tu me dois la vérité. Je sais déjà que tu es une Ryukana et nos Déesses ne nous ont pas puni pour cela.
— Certes, ne pu que confirmer celle-ci.
— Alors, ce n’est pas en m’expliquant qui est une personne née 1 000 ans après nous qui va transcender ma vision de l’avenir, conclua la disciple de Sacrieur.
— Sauf qu’elle n’est pas née 1 000 ans après nous… Enfin, tu as raison. Il est temps que je t’explique ce qui cloche ici, mais pas tout de suite. Tu es bien trop faible encore, et nous devons retrouver les autres.
— Noïga ! s’exclama soudainement Bek’ en sortant de son état apathique.
— Qu’y-a-t-il Bek’ ? demanda Ferora.
— Elle est blessée, Ahiâm a dit que c’était grave je crois.
— Quoi ?! Et c’est maintenant que tu le dis !s’emporta la disciple de Féca.
— Je… ne su répondre celui-ci.
— Mènes-nous à eux, vite ! Non, attends ! Il faut retrouver Dari avant. Elle était à la porte quand je suis arrivée, j’espère qu’elle n’a pas bougé.

Heureusement, ce fut le cas. Néanmoins, la jeune disciple de Xélor était encore sous le choc de ce qu’elle avait vu. Et puis, cela faisait encore un mort quelques jours seulement après celui qu’ils avaient voulu aider aux alentours d’Orchomène. Seulement, si la blessure de Noïga était aussi grave que le pensait le disciple d’Eniripsa, Ferora n’avait pas le temps d’aider la jeune fille. Après tout, Ahiâm n’était pas encore un disciple à part entière et ne savait peut-être pas soigner la disciple de Sadida. Il fallait s’en assurer. Mais, comme se rendre au plus vite auprès d’eux avec une disciple de Sacrieur qui ne devait pas bouger, un disciple d’Iop épuisé physiquement et une gamine ébranlée moralement. Qui plus est, le combat avait sérieusement entamé ses réserves de wakfu. Elle devait garder ce qui lui restait pour soigner Noïga si Ahiâm ne le pouvait pas. Elle avait besoin des dragodindes.

Alors, elle invoqua son arakné à laquelle elle demanda de retrouver leurs montures et de les amener à l’entrée de ces galeries. Pendant ce temps, elle convainquit Darinao de l’aider même si cette dernière tenait alors plus de l’automate qu’autre chose. Ensemble, elles arrivèrent à supporter le disciple d’Iop jusqu’à la sortie, Ferora se guidant grâce au fil qu’avait laissé son arakné. En effet, l’instinct de ses animaux étaient si bon à repérer les moindres courants d’air dans les galeries souterraines qu’ils en devenaient un merveilleux guide vers la sortie. Ne disait-on pas « Si tu n’es pas un disciple d’Enutrof, n’oublie pas ton arakné. » lorsqu’on prévoyait d’explorer d’anciennes mines ou grottes. Et, une fois de plus, l’animal remplit son office. Ainsi, Ferora laissa Bekaroë à la garde de la jeune fille à proximité de l’issue et retourna chercher son amie. Ne pouvant utiliser beaucoup de magie, elle avait décidé de n’utiliser son « brancard » magique que pour cette dernière, mais elle ne pouvait à la fois guider celui-ci et soutenir Bek’ aussi devait-elle effectuer deux voyages.

Ils attendaient depuis quelques minutes déjà lorsque Darinao entendit soudain un bruit de cavalcade se diriger vers eux. Prenant peur, elle alla se cacher derrière la seule personne valide, la disciple de Féca. Tandis que le bruit s’approchait, celle-ci réfléchissait à leurs options mais elles étaient bien peu nombreuses et peu réjouissantes. Heureusement, l’origine du bruit sorti bientôt du couvert de la forêt et elle reconnut leurs dragodindes qui arrivaient à toute allure. Elles s’arrêtèrent bientôt. Dari resta néanmoins aux côtés de la jeune femme, ne voulant plus rien savoir. Si bien que la jeune femme dû se débrouiller seule pour aider Bek’ et Eloah à se mettre en selle. Elle les attacha tout deux solidement à leur selle afin qu’ils bougent le moins possible, et surtout qu’ils ne tombent pas. Elle prit la jeune fille devant elle et ainsi parée demanda au disciple d’Iop dans quelle direction aller pour rejoindre Noïga et Ahiâm. Devant son manque de réaction, elle lui colla une gifle qui le sorti momentanément de son état. Ils partirent enfin rejoindre leurs compagnons.

Lorsqu’ils les rejoignirent, ils trouvèrent Ahiâm en train de veiller la disciple de Sadida endormie au creux d’un arbre. Aussitôt, Ferora descendit à bas de sa selle et vint examiner la jeune femme, Darinao toujours sur les talons. Elle en conclut assez vite que le disciple d’Eniripsa avait fait son maximum en stabilisant son état mais il n’avait pas assez d’expérience pour aller plus loin. Elle n’avait pas le choix si elle voulait que leur compagne continue l’aventure. Ainsi, elle utilisa ce qu’il lui restait de wakfu et ses connaissances de Ryukana pour soigner Noïga, notamment en invoquant les mêmes flammes guérisseuses qu’elle avait utilisé sur Eloah plus tôt. Devant le regard stupéfait d’Ahiâm, il ne resta bientôt plus qu’une cicatrice de la blessure, puis celle-ci rapetissa jusqu’à disparaître totalement. Alors, la disciple de Sadida s’éveilla pour de bon et rattrapa juste à temps Ferora qui chancelait après tout ses efforts.


Par Ferora

Ferora se retrouva finalement dans les bras de celle qu’elle venait de soigner, inconsciente. Noïga la déposa alors délicatement à l’endroit même où elle reposait deux minutes plus tôt. Se relevant avec ses nouvelles forces, elle n’en restait pas moins dans le brouillard, ses yeux de lionne ronds comme des perles dorées. Tout les protagonistes encore conscients se dévisageaient, essayant chacun de recoller les pièces de leur puzzle personnel. Darinao avait déjà rejoint le chevet de Ferora et attendait de la part des adultes une réaction. Ce fût Ahiâm qui brisa ce moment de flottement commun.

— Elo ? Et bien ! Quelles têtes vous faites tous ! Racontez-moi ! s’impatienta le jeune soigneur.
— Boh… Heu… bafouilla le guerrier qui avait peine à retrouver le fil de l’histoire.
— Je me sens tellement fatiguée… Ma tête… Il faut que je dorme… signala Eloah tout en prenant position pour un somme près de Ferora.
— Mais… Très bien, allonge-toi là. Bek’ ? Bek’ ! insista Ahiâm devant le manque de réactivité de ce dernier. Mais enfin, tu es encore de ce monde ? Allonge-toi aussi ! Je crois que le temps perdu à cette sieste commune permettra finalement de comprendre clairement ce qu’il vous est arrivé ! Non ! Ne discute pas !
— Mais je…
— Chut ! Tais-toi ! Tu vas te reposer comme tout le monde !
— Mais !
— Bek’, ne m’oblige pas à utiliser des « mots » plus persuasifs… menti Ahiâm en insistant volontairement sur ce terme au sens particulier pour les adorateurs de la Déesse-fée. Ahiâm ne disposait pas d’un tel pouvoir, mais ce fut une astuce suffisante pour semer le trouble dans l’esprit déjà embrumé du iop.
— Bien, Ahiâm.
— Sage décision, grinça le frère d’Eloah. Darinao ?

La petite fille fixait Ferora, le regard perdu. Ahiâm sentit bien qu’elle était sous le choc. Il la prit alors dans ses bras et s’assit au milieu de ses compagnons qui sombraient dans le sommeil, volontairement ou non. Il murmura quelques mots magiques qui enveloppèrent alors le petit groupe dans une bulle de silence et de chaleur, protégeant ainsi ses amis de tout réveil prématuré. Tout en berçant Darinao dans ses bras, le disciple d’Eniripsa s’octroya la tâche de sentinelle, surveillant aussi bien les alentours que ses compagnons. Noïga, bien remise grâce aux pouvoirs de Ferora, se cala dos à Ahiâm, de façon à surveiller elle aussi ce campement provisoire. Elle entreprit de faire le point de ces dernières heures tout en arrangeant son bâton noirci.

Darinao mit du temps à s’endormir. Elle eut un sommeil agité. Profitant du calme qui régnait, en dehors des quelques gémissements de la jeune disciple de Xélor durant son sommeil perturbé, Ahiâm songeait aux conséquences de l’ingurgitation complète de la fiole des larmes d’Eniripsa. Déjà, il n’avait plus de quoi ravitailler les différents temples isolés dans les campagnes, un de ses devoirs majeurs au cours de son voyage de confirmation. Mais ce n’était pas là le plus inquiétant. La puissance d’une larme de la Déesse suffisait à elle seule à enrayer les plus terribles infections, plaies et autres catastrophes pour le corps d’un mortel. Une fiole devait contenir deux bonnes centaines de larmes. Il en avait absorbé l’intégralité. La meilleure des hypothèses voudrait que les 199 larmes excédantes se soient dissoutes sans engendrer le moindre effet, il ne s’agirait alors que d’un simple gâchis. Un peu comme quand on reprend du dessert alors que l’on a plus faim, se dit-il. Seulement, dans ce cas précis il s’agissait d’un dessert divin. La gourmandise dans ce cas là ne serait donc probablement pas sans conséquences.

— Il y a des baies, juste en face, murmura Noïga à Ahiâm après avoir gratter son bâton aux extrémités noircies.
— Tu ne t’éloignes pas, hein ? lui répondit-il sur le même ton.
— Rassure-toi, j’ai eu ma dose d’adrénaline pour une semaine, souffla-t-elle en se levant.

Comme si cette cueillette improvisée fut clamée dans un porte-voix, les membres du groupe s’éveillèrent petit à petit. Ferora fut la première. Elle s’assit alors en tailleur et sourit en constatant que tout le monde allait bien. Darinao ouvrit à son tour les yeux et vit Ferora qui la couvait d’un regard chaleureux. Elle quitta délicatement les bras courbaturés d’Ahiâm et alla se pendre au cou de son amie. Chacun s’éveilla en savourant ce moment bien connu des aventuriers, l’après-combat. La joie de se sentir vivant après avoir été torturés, le bonheur de voir que tous ses amis sont présents après avoir été séparés, le goût de la victoire.

— J’ai l’impression d’avoir été piétinée par un troupeau de Dragon-Cochons ! gémit Eloah en s’étirant péniblement.
— Ton frère fait des miracles ! brailla joyeusement Bek’.
— Je n’ai pas touché à Elo, moi ! fit-il remarqué en fixant Ferora.
— Ah ! Oui ! C’est vrai ça ! Mais alors… Mais c’est toi aussi, Ferora, qui a soigné Noïga !

Noïga, ne s’étant pas trop éloignée, avait suivit la conversation. Elle se rapprocha, une sacoche remplie de baies noires et rouges.

« D’où te viennent ces capacités, Fero ? » s’enquit-elle en rejoignant le groupe.

Cette dernière réplique instaura un lourd silence. Eloah regardait alternativement Noïga et son amie aux cheveux de feu. Cette dernière était bouche bée et ne savait que répondre. La situation lui échappait. Elle avait dù exposer ses pouvoirs spéciaux dans ces dernières conditions d’urgence, et le secret qu’elle devait garder semblait s’effilocher à mesure des secondes qui passaient.


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