Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Saison 1 : À la taverne de Soin Tan Ranci

Episode 7 : La forêt enchantée

Après avoir quitté la ville, nos compagnons se retrouvent avec plus de questions que de réponses. Pour le moment, ils continuent donc à suivre le trajet du voyage initiatique d’Ahîam qui les amènent à traverser une forêt où ils vont rencontrer de nouveaux compagnons, et se confronter à un puissant adversaire. Eloah et Ferora seront au plus mal et devront faire preuves de grandes ressources pour s’en sortir. Heureusement, leurs nouveaux alliés ne les laisseront pas tomber.


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Arrivées à l’orée de la forêt qui entourait la quasi totalité des murs d’Orchomène, les trois cavalières stoppèrent leurs montures.

— Quelle jolie cité accueillante, la quitter me fait un pincement au cœur ! ironisa Eloah.
— On doit retrouver Ahiâm, fit remarquer Ferora.
— Cette forêt est si dense de ce côté, nota Darinao à son tour.
— Une idée de par où commencer, Elo ?
— Nan, Fero. Mais Ahiâm me trouvera, le mieux pour le moment, c’est de rester ici.
— Si on mangeait ? proposa la jeune fille, affamée.
— Bonne idée, moi aussi j’ai faim, avoua la disciple de Sacrieur. Tu nous allumes un feu, Fero ? Ah… Je me sens quand même bien mieux à l’extérieur de ces murs. La nature, j’adore !

La jeune femme ne s’était pas rendu compte de ce qu’elle avait demandé à sa meilleure amie. Un réflexe. Lorsque les deux jeunes femmes partaient à l’aventure, Ferora avait l’habitude de s’occuper du feu, et Eloah de la chasse. Comme à ce moment les trois filles disposaient de nourriture, Eloah attendait que son amie fasse le feu, tandis qu’elle sautillait pour se dégourdir les jambes. L’absence de réaction de son amie finit par lui rappeler son statut, et ce souvenir revint comme une grande claque dans la tête d’Eloah. « Quelle idiote ! », « Q.I. de larve bleue ! » étaient les quelques sobriquets que la disciple de Sacrieur s’infligeait à elle-même dans sa tête.

— Fero, je… commença Eloah pour s’excuser.
— Oh ! Mais, je peux très bien m’occuper du feu, Elo… ayant reprit ses esprits, Ferora se leva et alla ramasser quelques brindilles afin de faire un feu « manuel ».
— Elo, imbécile ! grogna Darinao une fois que Ferora n’était plus à portée de voix.
— Ça va, je sais ! Occupe-toi plutôt d’attacher les dragodindes à ce tronc, là, ordonna-t-elle en désignant un chêne au moins deux fois centenaire, l’herbe est bien épaisse à cet endroit, conclut-elle avec un ton plus doux.
— Puf ! se contenta de lâcher Darinao qui n’aimait pas qu’on lui donne des ordres.
— Je vais faire un tour, rapidement, voir si je trouve mon frère ou un quelconque signe de lui, informa Eloah en s’enfonçant dans d’épaisses fougères mauves.

Un peu plus loin, Ahiâm guettait toujours de son poste une sortie de la ville. Une, sur quatre. Il ne pouvait en surveiller qu’une seule. Le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel. Bientôt, il aperçu les patrouilles de soldats rentrer dans la ville. La fin de la journée s’annonçait. Aucun signe de sa sœur, cela devenait angoissant. Il avait beau réfléchir, il ne connaissait pas de sorts et ne possédait aucun objet ensorcelé lui permettant de retrouver, ou de localiser sa sœur, ou ses amies. Entre temps, le lapino qu’il avait réussi à apprivoiser avait disparu. Il se trouvait bien seul, sur sa branche. Comme à chaque fois qu’il se retrouvait dans une telle situation, Ahiâm laissa son esprit vagabonder dans les souvenirs de son enfance, les plus beaux qu’il ait.

— Et voilà, un feu sans fumée ! déclara Ferora fière d’avoir réussi.
— Sans fumée ? se demanda Darinao.
— Approche, je vais t’apprendre. C’est une technique ancestrale, je dois dire, ria Ferora, mais elle peut toujours servir, la preuve, conclut-elle avec un léger soupir.

Tandis que Ferora expliquait l’intérêt et la méthode pour obtenir un feu sans fumée, Eloah parcourait la forêt sans rien remarquer de particulier. Elle entendait les bruits et sentait les odeurs habituels des lieux boisés. Soudain, une impression étrange lui donna la chair de poule. Elle sentait que quelqu’un, ou quelque chose, l’observait. Son instinct de guerrière reprit le dessus sur celui de femme, et elle fit mine de ne rien ressentir. Feignant de continuer à chercher pendant une minute, elle se retourna brusquement comme pour surprendre celui qui allait lui sauter dessus. Elle ne vit rien. Elle fit un tour complet sur elle-même. Puis un deuxième dans le sens inverse. Son cœur battait la chamade. Elle se tourna, se retourna, lançant son regard en haut, en bas, derrière… Ce petit manège commença à lui donner le tournis, elle trébucha sur une racine qui sortait de terre et s’étala de tout son long sur le sol. Figée, retenant sa respiration, elle attendait l’assaut redouté. Cinq bonnes minutes passèrent sans qu’elle change de position. L’impression bizarre d’être observée avait disparue. Alors, elle se releva et hurla un cri primaire en constatant la présence d’un mégarabée sur son pied gauche. Pied qu’elle balança en avant pour faire tomber l’insecte. Ce geste envoya l’intrus à quelques mètres mais fit également s’embrasser les orteils d’Eloah avec la racine sortant de terre. Un léger craquement se fit sentir. La forêt, si paisible habituellement, entendit alors retentir une série de jurons jusqu’alors inconnu dans ce monde. La disciple de Sacrieur décida qu’elle avait vraiment trop faim pour continuer, et se dirigea, en boitillant, vers là d’où elle venait.

— Ah ! Quand même ! Te voilà, ronchonna Darinao qui n’en pouvait plus d’attendre pour manger.
— Tu as trouvé quelque chose ? demanda Ferora qui avait entendu quelques voix s’élever dans la forêt.
— Rien.
— Mais, tu boîtes ? continua Ferora.
— Une racine m’a agressée !

Ferora et Darinao se mirent à rire, suivit peu après par le rire d’Eloah.


Par Eloah

Il leur fallut plusieurs minutes avant de pouvoir se calmer. Cela faisait longtemps qu’elles n’avaient eu l’occasion de rire aussi franchement. La dernière fois devait être à la taverne de Soin Tan Ranci, peu de temps avant l’arrivée de Lean et de tout ce qui s’ensuivit… Détendues, les filles préparèrent le repas avec le feu sans fumée de la disciple de Féca.

— Un jour, il faudra que tu m’expliques comment tu fais. Je croyais que c’était grâce à tes pouvoirs, moi… exprima la disciple de Sacrieur désapointée.
— Bah, oui ! Mes pouvoirs de Bûcheronne ! s’amusa celle-ci avant de rire à nouveau, accompagnée de la jeune fille.
— Puff ! Pendant que la viande cuit, tu pourrais m’expliquer cette histoire de message, demanda Eloah.
— Ah ! Oui, bien sûr, se calma Ferora. Comme je le disais, Latas n’était plus au marché. Mais, il m’avait laissée un message qu’un de ses confrères m’a remis. Et, lorsque Dari et moi l’avons ouvert, nous y avons trouvé une phrase pour le moins sybilline : « Les Sœurs d’Orchomènes ne sont pas celles que vous pensez. »
— Effectivement, c’est le moins que l’on puisse dire, corréla la jeune femme.
— Que racontes-tu là ? s’interrogea sa compagne.
— Tu te souviens pas ? Shadan et moi avons trouvé une statue de récompense à l’effigie d’Ogrest, rappela-t-elle.
— Ah, oui ! C’est exact. C’est d’autant plus étonnant qu’Ogrest n’est pas réputé pour se soucier de nous autre, pauvres mortels…
— Apparemment, ce n’est pas toujours le cas.
— Elles seraient entrées en contact avec Lui ?! s’exclama soudain Darinao.
— Hum… Oui, pourquoi pas après tout. Et, souvins-toi Elo, Lean nous avait dit que le traître, enfin traîtresse, avait sans doute utilisé des pouvoirs qu’il lui aurait conférés. Cette statue viendrait le confirmer…
— Ma foi… Hé ! J’entends des bruits dans le sous-bois qui se rapprochent, affirma la disciple de Sacrieur.
— Oh ! Hum… Je crois que tu as raison, deux personnes je dirais. Et toi ?
— Yes, je compte comme toi. Ils seront là dans quelques instants.
— Rangeons la statue et le parchemin, nous ne savons pas à qui nous avons à faire.

— Puff ! T’es sûre que c’est par là ? J’en ai ma claque de toute cette verdure ! s’exclama une voix masculine encore couverte par le feuillage.
— Oui, j’en suis sûre ! Je suis les veines du sol depuis toujours, elles n’ont jamais failli, lui répondit une voix féminine visiblement exaspérée.

Les deux personnes pénétrèrent bientôt dans le camp des trois filles sans même s’en rendre compte, assez énervés l’un contre l’autre.

— Bonjour ! salua la jeune fille qui arrêta net les nouveaux arrivants.
— Heu… hésitèrent-ils surpris.
— Dis, c’est moi ou elles sont encore plus dénudées qu’à notre époque, les disciples de Sadida, chuchota Ferora à Eloah.
— Hum, non. Par contre, elles ont l’air d’avoir remplacé le tissu par des feuilles d’arbres, me demande comment ça tient…

En effet, la voix féminine provenait de la disciple de Sadida tandis que la masculine venait d’un disciple d’Iop. Ceux-ci reprirent leurs esprits et observèrent les trois disciples assissent autour d’un feu où de la viande cuisait. Ne détectant pas de menaces immédiates, ils décidèrent tacitement de rendre le salut. Les trois filles se présentèrent alors et les invitèrent à déjeuner. Voulant s’assurer de ne pas laisser une menace derrière eux, ils acceptèrent donc pour mieux les jauger.

— Je me nomme Noïga, et voici Bek’, diminutif de Bekaroë, présenta la disciple de Sadida avant de s’asseoir en face des trois autres filles.
— Humpf ! se contenta le disciple d’Iop.
— Tiens ! Je vois que vous n’utilisez que du bois mort, un bon point, remarqua Noïga.
— Oui, je ne voyais pas l’utilité de couper un arbre alors qu’il y en a à profusion, expliqua la jeune femme blonde.
— Ferera, c’est ça ?
— FerOra, oui, rectifia celle-ci.
— Ferora, pardon, quel Dieu sers-tu ? Je ne reconnais pas ta tenue, interrogea la disciple de la Nature.
— Une Déesse, en fait. Je suis disciple de Féca. Et, pour ma tenue, c’est une longue histoire…
— Et cette gamine, qu’est-ce qu’elle fait là ? questionna le disciple d’Iop. Pas vraiment un endroit pour elle, ici.
— Pas une gamine, ronchonna Darinao.
— Elle nous accompagne, elle effectue son voyage initiatique en notre compagnie. C’est la petite sœur d’une amie, la défendit Eloah un peu agacée par toutes ces questions. Et vous ? Que faîtes-vous là ? demanda-t-elle à son tour.
— On est à la recherche d’une épée légendaire, répondit Noïga, pour cet idiot d’Iop, ajouta-t-elle malicieusement.
— Hé ! se récria ce dernier.
— Ne t’inquiètes pas, ça se voit qu’elles ne sont pas un danger. Foi de Sadida ! Ou, intuition féminine, comme tu voudras, s’amusa-t-elle.
— Vaudrait mieux que t’es raison, nous sommes trop proches pour échouer maintenant, rétorqua Bek’.
— Je sais ! Rhâ, les hommes ! Vous avez bien raison de voyager entre filles, c’est bien plus simple… soupira sa compagne.
— Justement, nous devons recherché un membre de notre groupe dans cette forêt, nous avons été séparés, peut-être pourrait-on s’aider mutuellement ? proposa Ferora.
— Hé ! Fero ! On ne propose pas ça aussi rapidement et sans en discuter entre nous, s’écria Eloah.
— Bah, écoutes, cette forêt a l’air immense, Dari n’est encore qu’une apprentie, moi je n’ai plus de pouvoirs, et nous ne sommes que trois… C’est bien peu pour retrouver ton frère, ils peuvent nous aider, je le sens. Me demande pas comment, je ne pourrais pas l’expliquer, mais c’est bien là, argumenta l’ex-Ryukana.

— T’en penses quoi ? demande Bek’ à Noïga.
— Que ce n’est pas une mauvaise idée, elles ont l’air débrouillardes, et la disciple de Sacrieur a atteint un cercle assez élevé au vu de ses habits. Et puis, si la terre nous a guidés jusqu’à elles, c’est qu’il y a une bonne raison.
— Humpf ! O.K., j’ai compris.


Par Ferora

Le nouveau groupe échangeait des paroles banales tout en se rassasiant près de la chaleur du feu. Le ciel commençait vraiment à s’assombrir à cause de la fuite du soleil. La fraîcheur s’invita rapidement autour des compagnons.

— Dites, Ferora, tout à l’heure vous avez dis avoir perdu vos pouvoirs ? Comment est-ce arrivé ? questionna Noïga tout en se servant en viande.
— C’est sans importance, coupa sèchement Eloah qui se méfiait des gens de ce monde complexe.
— Hum. Bien… ne put que répondre la disciple de Sadida qui mordit dans sa viande pour fuir le regard foudroyant d’Eloah.
— Parlez-nous de cette épée, enchaîna Ferora, vous avez des pistes ?
— Cela fait déjà un moment que nous sommes sur sa trace, commença le disciple de Iop.
— Bien trop longtemps, déjà, je n’en peux plus, poursuivit Noïga entre deux bouchées.
— Tu me dois bien ça, lui rappela Bekaroë, nos recherches nous ont menés dans cette forêt, continua-t-il.
— Et alors ? pressa Darinao qui avait le goût de l’aventure et des récits.
— Jusque là, rien. Nous n’en savons pas beaucoup plus, à part qu’elle est ici, soupira Bek’.
— C’est déjà bien, rassura Darinao.

Le dialogue se poursuivit sur cette voie, calmement. Plus loin, Ahiâm avait succombé au sommeil, calé contre un tronc, toujours sur sa branche. Il ressassait son enfance, les jeux qu’ils inventaient avec Eloah. Ce jeu qui rendait fou Lean… Celui qui consistait à s’échanger leur place dans leurs lits superposés. Inconsciemment, il se concentra sur ce souvenir, il imprégna tout son corps de cette pensée, une sensation étrange l’envahit. Lorsqu’il ouvrit les yeux, sa vue était brouillée à cause de son sommeil, il apercevait tout de même une lueur rougeâtre devant lui, sentit une légère chaleur près de sa peau. Soudain, quelqu’un se jeta à son cou et s’écria.

— Ahiâm ! cria Darinao en serrant dans ses bras le disciple d’Eniripsa.
— Ahiâm, mais, mais… Que… Où est… bégaya Ferora.

La disciple de Féca avait, comme les autres autour du feu, de quoi être décontenancée. Alors qu’ils discutaient paisiblement autour de leur feu en mangeant, sans prévenir, un souffle se fit sentir autour d’Eloah et au même moment, cette dernière avait disparue. Son frère avait prit sa place, près des compagnons. Ce phénomène imposa un silence de mort, chacun essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Les deux nouveaux compagnons avaient réagis en se dressant sur leurs membres postérieurs et en dégainant leurs armes. Un signe de Ferora les avait apaisé. Darinao, qui était assise à côté d’Eloah, connu un moment de flottement. La surprise passée, elle reconnut Ahiâm et se jeta sur lui pour l’embrasser. Ce dernier finit par recouvrir pleinement la vue, Darinao suspendue à son cou.

— Dari, Fero ? Mais… Qu’est ce que vous faites là ? Où est Elo ?
— C’est plutôt à toi que l’on devrait poser la question ! Elo était là, et puis, plus là. C’était toi, raconta Ferora.
— Quoi ? Mais…
— S’il n’était pas vêtu ainsi, votre ami, j’aurai juré avoir à faire à un disciple de Sacrieur, confia Noïga.
— Ça ressemblait étrangement à une transposition, en effet, poursuivit Bek’.
— C’est Elo qui a fait ça ? demanda Darinao à Ferora en s’asseyant de nouveau à côté d’Ahiâm.
— De ce que je sais, pour effectuer une transposition, il faut être à une distance minimale. Et la vision n’est pas nécessaire, aussi ? se demanda-t-elle en concertant du regard tout le monde.
— Tu étais tout près, Ahiâm, c’est ça ? poursuivit Noïga.
— Non, j’étais… quasiment à l’opposé, confiât-il en considérant son environnement.
— Mais, Elo, où est-elle ? s’inquiéta toujours Ferora.
— Attendez, attendez… Laissez-moi réfléchir, les pria Ahiâm.

Finalement, après plusieurs minutes de réflexion et quelques débats, Ferora arriva à une conclusion. Selon elle, Ahiâm possédait encore au fond de lui, une empreinte des pouvoirs de Sacrieur, dû à son initiation par son père dans son enfance. Pour expliquer la possibilité d’utiliser ce sortilège à grande distance et sans vision directe, elle invoqua l’éternel et mystérieux lien qui existait entre tous les jumeaux. Finalement, tout le monde ne put que reconnaître, encore, l’intelligence supérieure des disciples de Féca, et surtout de Ferora.

— Et donc, Eloah est là où tu étais, Ahiâm, conclut Ferora.
— Logique, ajouta Darinao qui avait approuvée chaque étape de raisonnement de celle qu’elle considérait comme une grande-sœur.
— Aïe, lança-t-il.
— Quoi ? s’écrièrent-ils en cœur.
— Bah, elle va peut être avoir un peu mal aux fesses !

En effet, Eloah s’étant retrouvée sans s’y attendre sur une branche, elle glissa et se rattrapa tant bien que mal aux branches qui s’offraient à elle. Elle réussit à se retenir à l’une d’elles, mais son poids finit par faire craquer la branche et la disciple de Sacrieur se retrouva brusquement sur le sol, humide. Les branchages arrachés à l’arbre sur le trajet de sa chute tombaient sur sa tête petit à petit. Eloah avait mal au fessier, aux coudes, et toujours un peu à ses orteils du pied gauche. La journée de demain ne pourra être que meilleure, se dit-elle.

« Humpf ! Mais qu’est ce que je fais là ?! »


Par Eloah

— Il va falloir partir à la recherche de votre amie, maintenant, s’amusa Noïga.
— Non, ce serait une perte de temps, répliqua Ferora.
— Pourquoi donc ? demanda-t-elle interloquée.
— Elle sait où nous sommes. Nous, on ignore sa position, fit remarquer la disciple de Féca, et elle est assez grande pour revenir ici par ses propres moyens.
— Hum… approuva la disciple de Sadida.
— Mais, enfin, Fero ! Tu ne vas pas la laisser se débrouiller seule dans cette immense forêt ! s’exclama son frère. Et eux, qui sont-ils d’abord ?
— De nouveaux compagnons d’entraide, et si, je laisse ta sœur rentrer seule. On ne t’a jamais appris que lorsque deux personnes se cherchent, l’une ne doit pas bouger pendant que l’autre la retrouve. Et bien là, c’est à nous de ne pas bouger et à elle de nous trouver. D’autant plus que comme je le disais, elle connaît l’emplacement de notre camp alors que toi tu ne sais pas où tu étais précisément, argumenta la jeune femme blonde.
— Humpf ! Je dois avouer que tes arguments sont censés, mais cela me fend le cœur de la savoir seule dans cette immense forêt…
— Attention ! cria tout à coup le disciple d’Iop.

Celui-ci venait d’apercevoir une créature qui fonçait droit sur leur camp à travers les bois touffus qui s’enfonçaient vers le cœur de la forêt. Ses compagnons se demandèrent ce qu’il se passait et se tournèrent donc vers lui. Seulement, lui, il regardait la créature pour essayer de déterminer sa nature. Alors, ils dirigèrent leur regard dans la même direction que l’homme et l’aperçurent à leur tour. Elle serait sur eux dans moins d’une minute à cette allure. Ils se dépêchèrent de rassembler leurs affaires mais cette manœuvre fut trop longue pour Darinao qui avait entreprit de ranger son sac plus tôt dans la soirée. Aussi était-elle encore au beau milieu de la clairière quand la créature y pénétra les cornes en avant. Voulant la protéger, Ferora se plaça entre la jeune fille et la créature alors même qu’elle était sans doute encore plus vulnérable que l’apprentie sans sa magie. C’est-à-dire que sa nature de disciple de Féca avait pris le pas sur sa raison, que son cœur et son désir de protéger étaient plus importants que les blessures que pourrait lui infliger cette créature. Ainsi, c’est sans s’en rendre compte qu’elle pria une magie de protection : l’Armure Terrestre qu’elle combina à un Bouclier Féca. La créature ne pu les briser et se reçu contre eux comme sur un mur, elle fut assommé.

— Le bouftou ! Cette fois, j’ai crû être bonne à rafistoler par Eniripsa, exprima encore choquée la jeune disciple de Xélor.
— Cette magie m’a semblé différente de celle utilisée habituellement par les disciples de Féca, fit observer Noïga après s’être assurée que ses feuilles la couvraient toujours et que personne n’était blessée. Et puis, je croyais que tu ne pouvais en utiliser ? exposa la disciple de Sadida, soudain suspicieuse.
— Je suis aussi surprise que vous… Il y a encore une heure, je n’arrivais même pas à invoquer une flammèche, alors ça…
— Peut-être ton désir de protéger Dari, avança Ahiâm qui venait de se relever soufflé par le choc entre la créature et la protection de la disciple de Féca.
— Heu… Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, à vrai dire. J’ai vu que Darinao risquait de se faire piétiner par la créature. Ensuite, je n’ai plus réfléchi, juste agit par instinct… Enfin, je crois, tenta d’expliquer Ferora désemparée par ce soudain miracle.
— Hé ! Regardez ! T’as vu juste, fillette, c’est un bouftou, un bouftou céleste même, s’expliqua Bek’. J’aurais jamais crû en voir un.
— Quoi ?! Elle a assommé un bouftou céleste ?! Incroyable… s’exclama Noïga stupéfaite.
— Bah ouai, viens voir toi-même.

Ahiâm et Darinao suivirent Noïga, laissant Ferora se remettre de ses émotions sur les sièges improvisés qu’ils venaient de quitter. C’est le moment que choisit la présence mystérieuse sentie par la disciple de Sacrieur pour se manifester. Le groupe rechercha alors d’où venait cette impression de malveillance, de noirceur, et observatrice. Ils restèrent un moment ainsi, à former un cercle, prêt à en découdre avec toute chose qui pénétrerait la clairière. Ce fut après un moment qui leur paru des heures que la présence sembla disparaître. Ils se détendirent alors progressivement quand ils entendirent soudainement des bruits de branches cassées. Bientôt, une forme humanoïde apparut en bordure de la clairière.

— Bah, alors ! Je vous fait si peur que ça ? fit amusée une voix familière.
— Elo ? C’est bien toi ? demanda aussitôt Ahiâm qui pensait avoir reconnu la voix de sa sœur.
— Qui veux-tu que ce soit d’autre ? Le grand méchant milimulou ? répondit joueuse la disciple de Sacrieur.
— Non, non, bien sûr. C’est juste que tu arrives peu de temps après la disparition d’une chose assez effrayante qui nous observait, là, dans la forêt, s’expliqua son frère.
— Oh ! Oui, très effrayante. J’ai faillit faire dans ma culotte, moi ! ajouta Darinao en colère contre elle-même d’avoir eu si peur.
— Comment ça ? interrogea Eloah.
— C’était tout noir, aussi noir que les yeux des statues du Dieu Sram. Et ça nous observait, j’avais l’impression que des flèches traversaient mon cœur et mes pensées. C’était maléfique ! Comme si cette chose avait été maudite par tout les Dieux et Déesses du Panthéon, s’efforça d’expliquer la jeune fille.
— Comme ce tantôt. Je n’avais pas rêvé alors… exprima la jeune femme comme pour elle-même. Fero, qu’en penses-tu ? demanda-t-elle.

Aucune réponse ne vint. La disciple de Sacrieur l’appela alors, en vain. Seul le silence lui répondit. Le groupe s’écarta pour observer la clairière tout en continuant à l’appeler. Silence toujours. Aucune trace de la disciple de Féca. Rien n’indiquait qu’elle avait quitté son siège, et pourtant, elle n’était plus là. Ils s’enfoncèrent alors dans la forêt jusqu’à la limite où ils pouvaient apercevoir le feu de leur camp, encore et toujours rien. La jeune femme semblait s’être envolée, évaporée… Il fallait se rendre à l’évidence. La chose avait emmené Ferora avec elle.


Par Ferora

— Tu n’a pas mis de temps a revenir, p’tite soeur, remarqua Ahiâm en scrutant les alentours.
— Je cours vite. Et… Je me sentais seule, là-bas. Fero ? hurla-t-elle en posant ses mains de part et d’autre de sa bouche.
— Tu sais ce qu’est cette… chose ? demanda Darinao inquiète.
— Non, mais j’ai ressenti la même chose quand je suis parti dans les bois tout à l’heure à la recherche d’Ahiâm.
— Et ? demanda la disciple de Sadida.
— Ben et rien. Bon, j’espère que vous êtes en forme parce qu’on y va, déclara la disciple de Sacrieur en prenant ses affaires.
— On y va où, Elo ? demanda son frère.
— Quoi en pleine nuit ?
— Oui, Bek’. On ne va pas laisser cette chose prendre de l’avance. On y va.
— Mais, on ne sait même pas ce que c’est ni par où elle a emmené Fero, poursuivit son frère.
— Très bien. Restez là, moi j’y vais, décréta Eloah décidée.
— Elo… C’est pas que je ne veux pas aider Ferora mais… Est-ce la conduite la plus raisonnable que de se lancer à l’aveuglette dans ces bois, en pleine nuit ?
— Fero est ma meilleure amie, même bien plus. J’ai déjà perdu Lean, je ne vais pas attendre que le soleil se lève… De toute manière on n’en saura pas plus demain matin. On aura juste perdu la nuit.
— Elle a raison, l’appuya Darinao.
— Moi je ne suis pas fatigué, affirma Bekaroë d’une grosse voix.
— On se sépare ? demanda Noïga en s’équipant.
— Non. On ne sait pas à quoi on à faire, et de nuit, on reste groupés, imposa Eloah.
— Quelle direction, Elo ? interrogea Ahiâm en couvrant le feu de camp de terre.
— Par là, indiqua-t-elle de son index, il ne l’a pas emmené par où je venais, et si il était partit en direction opposé on aurait eu le temps de les voir avant qu’ils n’atteignent la lisière de ce côté. On va donc dans cette direction.
— Personne ne nous dit que cette chose se déplace par voie terrestre, fit remarquer judicieusement Noïga.
— C’est une option qui ne nous aidera pas pour choisir une direction, de toute façon. Assez discuté, en route, fit-elle en joignant l’action à la parole. C’est quoi ça ? demanda-t-elle en désignant le bouftou en passant à côté, tout en continuant de marcher.
— Fero a arrêté net ce bestiau, lui confia son frère en suivant ses pas.
— Quoi ? Mais…
— Oui. Elle n’en sait pas plus que nous.
— Espérons qu’elle saura se défendre contre cette créature, soupira Eloah en s’enfonçant dans la forêt.
— Progressons en ligne, proposa Noïga, on couvre plus de terrain en se séparant de quelques mètres, et on se maintient en communication continuellement.
— Bonne idée, approuva Ahiâm.

La petite troupe progressa ainsi dans la forêt en pleine nuit, seuls quelques rayons lunaires réussissaient à percer l’épaisse forêt de temps en temps, profitant du dépérissement d’un arbre rongé par les moisissures, ou bien de trous dans le feuillage occasionés par une famille trop nombreuse d’herbivores forestiers ayant élu domicile dans cet arbre. Après plusieurs heures de marche, déjà, les compagnons trouvaient cette forêt étrangement calme, aucun bruit à part le craquement de branches brisées par leurs pas. À aucun moment la présence du groupe ne réveilla ou ne dérangea un seul animal. C’est comme si cette forêt était inhabitée. Ce constat dérangeait fortement Eloah qui fit la remarque.

— Vous ne trouvez pas ça curieux ?
— Quoi donc ?
— Cette absence totale de présence, répondit Noïga sur la même longueur d’onde.
— Je me disais que c’est parce que les autochtones nous entendaient bien avant notre arrivée, et donc ils se planquaient, proposa Ahiâm.
— Tous les animaux ne sont pas peureux, certains défendent leur territoire, et même, de façon très vivace, parfois, informa la disciple proche de la nature.
— C’est aussi bien qu’ils essayent pas de nous ralentir, pour eux, je veux dire, grogna le disciple de Iop.
— C’est tout de même anormal. Je le ressens, j’ai passé beaucoup de temps dans la nature, dans les bois. Même en pleine nuit. C’est TROP calme, assura Noïga.
— Ça m’allait bien, moi, ce calme, révèla Darinao.
— Oh ! Venez voir, ici ! s’écria Ahiâm en désignant le sol.

Tous accourèrent. Ils découvrirent une roche brune qui sortait du sol. Sur cette roche était gravée une rune dont les traits brillaient au milieu de cette nuit. Elle fut contemplée plusieurs minutes par chaque adulte. Toutefois, aucun d’entre eux ne put en tirer quelconque information. Les symboles étaient inconnus de tous. Tandis que les adultes du groupe émettaient des hypothèses, Darinao qui n’avait pas eu le loisir de la contempler autant que les autres, s’en approcha. Elle fixa la rune, et l’envie de suivre les traits fluorescents du bout de ses doigts l’envahit. Elle exécuta son désir, suivant les lignes de sa petite main. Noïga s’en aperçut et cria son interdiction, mais il était trop tard. Darinao avait fini de suivre le tracé. Surprise par l’intervention de Noïga elle s’écarta du rocher. Ce qu’elle vit ensuite la terrifia, la roche inonda le lieu d’une intense lumière rose et le sol s’ébranla. Chacun sentit être projeté à plusieurs mètres, au sol. Quand la vue leur revint, ils s’aperçurent rapidement qu’ils étaient tous isolés, aucun autre membre à portée de voix. Et pour chacun d’entre eux, la forêt semblait encore plus dense là où ils se trouvaient, plus aucun rayon de lune se semblait percer aux alentours, et toujours ce silence de mort. Darinao, encore plus terrifiée, se cala contre un énorme tronc et se cacha sous des fougères. Sans qu’elle le veuille, le sommeil la gagna et elle succomba à ses rêves en moins d’un quart d’heure. Les quatre autres compagnons, eux, chacun de leur côté, s’épuisaient à hurler les prénoms des autres, sans réponse.


Par Eloah

Sombre il faisait devant les yeux de la jeune femme blonde. Seule une lumière vacillante qui provenait sans doute d’une torche traversait les interstices d’une porte. Celle-ci fermait l’espace creusé dans la terre où venait de s’éveiller la jeune femme. Ses vêtements étaient en très mauvais état, on l’avait vraisemblablement traînée sans ménagement jusqu’ici. Cette ou ces mêmes personnes lui avaient solidement liée pieds et mains dans son dos. Elle se trouvait donc assise sur ses genoux, ce qui commençait déjà à être très inconfortable. Quand elle eu repris entièrement ses esprits, elle mit à l’épreuve ses liens. Ces derniers ne cédèrent pas un pouce, pire, ils se resserrèrent. Plus elle tentait de se libérer, plus ils se contractaient. Tant et si bien qu’elle finit par saigner, et les cordes frotter sur ses blessures et les rendre aussi douloureuses que si elles étaient salées. A ce moment là, elle fut à la limite de complètement paniquer.

Heureusement, elle n’était pas sans expérience, ni ressources, et elle fit son possible pour se calmer. La panique n’était point une bonne conseillère. Elle analysa alors sa prison en ne se servant que des trois sens à sa disposition, la vue, l’ouïe et l’odorat. Elle remarqua que cette « cave » — elle ne voyait pas d’autre mot — était ancienne, la terre était plus proche de la brique que du sol friable de la surface. La cave semblait imperméable, du moins aucune voie d’eau n’était visible ou audible. Par contre, une odeur l’assaillit lorsqu’elle se tourna sur sa gauche, l’air était imprégné d’iode, relent d’urine desséché. Elle identifia par là-même les monticules qui émergeaient d’une espèce de fosse. Elle se détourna de cet endroit peu optimiste sur ses conditions d’incarcérations pour se concentrer sur la porte. Celle-ci non plus n’était pas pour améliorer son moral, elle était en bon vieux châtaignier bien solide, beaucoup trop pour la forcer. D’autant plus qu’elle était renforcée de lourdes barres de fer, et qu’aucune serrure n’était visible.

Son esprit combatif en prit un sacré coup, mais c’est lorsqu’on est à terre qu’on trouve la force de se relever. L’ex-Ryukana ne s’en laissa donc pas démordre et se décida à garder ses forces pour la première occasion qui se présenterait. Peut-être n’en aurait-elle pas d’autre, il ne fallait pas la laisser s’échapper. Aussi se mit-elle à méditer, en oubliant de son mieux sa position encore plus inconfortable. Elle rejoignit ainsi son être intérieur comme lors de ces exercices au cours de son apprentissage au temple de son monde. Là, elle pu enfin oublier le milieu extérieur et reconstruire ses forces, renforcer son esprit, rassurer son âme. Le temps n’avait plus de prise sur elle.
Ce qui n’était pas le cas d’un disciple d’Iop, d’un autre d’Eniripsa, d’une de Sadida, de Sacrieur et de Xélor, qui étaient séparés les uns des autres. Les adultes fouillaient les bois tandis que la jeune fille dormait sous le couvert de fougères. L’aurore pointait doucement ses rayons, aucun ne traversaient le feuillage trop dense de la forêt, mais la lumière changeait tout de même pour passer du noir profond au gris clair. Cette variation faible suffit cependant à réveiller la fillette sur le qui-vive. Elle se leva précautionnement en regarda de toute part pour prévenir le moindre danger. Comme aucun ne se présenta, elle relâcha un peu la tension qui l’habitait et se mit à la recherche de nourriture, son ventre lui hurlait sa peine comme celui de toute adolescente. Néanmoins, elle ne voulait pas trop s’écarter de son abri, même rudimentaire. D’autant plus qu’elle avait bien retenue la leçon de Ferora, si l’un cherchait, l’autre ne devait pas bouger, et c’est bien ce qu’elle comptait faire car elle savait que les autres étaient déjà à sa recherche.

En effectuant des cercles de plus en plus grand autour de son abri, elle finit par trouver un ruisseau étonnement silencieux dépourvu de la moindre vie. Elle ne pourrait pas pêcher, et elle se demandait si cette eau était potable. Une seule solution pour le savoir, mais elle hésitait. Ce fut après plusieurs minutes de réflexion qu’elle se décida et se pencha bientôt pour recueillir un peu d’eau dans ses mains en panier. Elle goûta du bout des lèvres et garda le plus longtemps possible le liquide suspect dans sa bouche pour l’analyser du mieux avec son jeune sens du goût. Elle ne détecta rien de dangereux, dés lors elle décida que le ruisseau était potable et bu tout son soûl. Repue, elle se remit à la recherche de quelque chose à manger.

Pendant ce temps, la disciple de Sadida avait finit d’appeler ses compagnons et s’était assise en tailleur au pied d’un épicéa. Elle tentait d’écouter la forêt, de percevoir ses vibrations, ses sentiments, son esprit. C’était d’ordinaire un moyen efficace de se repérer pour les disciples du Dieu de la Nature. Malheureusement, Noïga n’arrivait pas à atteindre cet état, comme si une barrière psychique l’entourait et laissait à la porte tout ceux qui voulaient communiquer avec la forêt. Stupéfaite et déstabilisée, il lui fallut quelques secondes avant de comprendre exactement ce qui la retenait. Elle tenta alors la méthode forte, elle enfonça la barrière avec son esprit et sa magie, en vain. Elle essaya alors la méthode plus subtil, sans davantage de succès. Réaliste, elle renonça pour le moment, elle devait y réfléchir. En conséquence, elle garda sa position et commença à méditer.

Dans le même temps, Bek’, le disciple d’Iop ne s’embarrassait pas de pensées inutiles et se forgeait un passage à travers la forêt à coup d’épée. Pour lui, c’était la meilleure méthode, avancer jusqu’à trouver les autres. C’était simple, brutal, et pour lui, efficace. Les disciples d’Iop n’avaient pas tellement changé en 1 000 ans, même s’ils semblaient tout de même avoir un plus gros pois dans leur tête. En tout cas, Bek’ doit être très chanceux car il aperçut bientôt les ailes reconnaissables entre milles du disciple d’Eniripsa. Comment s’appelait-il déjà ? Ahmiam ? Non, ce n’est pas ça… Ahim ? Ahiâm ! Oui, c’est ça. Le nom retrouvé, le disciple d’Iop le héla du plus fort qu’il pu.


Par Ferora
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