Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Le petit groupe se rendit donc à la place du marché. L’esplanade avait des dimensions pharamineuses par rapport à tout ce que connaissait Eloah, Ferora, et Darinao qui n’avait jamais quitté le village de son arrivée. L’espace aurait bien pu contenir tout le château d’Amakna de leur époque. Les filles n’en revenaient pas. Et, la place était très occupée. Des stands par centaines se disputaient l’espace encore trop petit pour tous les accueillir. En réalité, la place du marché tenait plus d’un immense bazar inorganisé qu’à un regroupement de marchands exposant leurs produits entre les allées dessinées par l’architecte.

— Et bien… C’est un véritable capharnaüm, ici. Dari, donne-moi la main. Je ne voudrais pas te perdre là-dedans. Je ne suis pas sûre que nous pourrions te retrouver… s’inquiéta Ferora.
— Rhô ! Je ne suis plus une gamine, tout de même, j’ai treize ans !
— Et qui a eu peur d’Uni, cette nuit ? rétorqua, amusée, Eloah.
— Humpf ! se vexa la jeune fille. Il m’a surprise, c’est tout…
— Pour ça que tu as couru dans tout le temple en criant nos noms, taquina la disciple de Sacrieur.
— Si vous aviez été à ma place…
— Allez, Dari. Je n’ai pas envie d’annoncer à ta grande sœur, Farida, que je t’ai perdue au marché d’Orchomène.
— Bon, bon, capitula finalement la jeune disciple de Xélor.
— Par quoi commençons-nous, frérot ? interrogea Eloah.
— Hum… Par là, dit-il en indiquant un « groupement » de commerçant occupé à se disputer à propos du parchemin que tenait l’un d’entre eux, il me semble qu’ils s’agissent des cartographes. Nous aurions bien besoin d’une carte de la région, car je doute que Darinao puisse nous guider encore longtemps.
— Mais, heu… C’est ma fête, aujourd’hui , ou quoi… ronchonna cette dernière.
— Allons-y !

Au fur et à mesure qu’ils approchèrent du petit groupe, ils commencèrent à entendre quelques bribes de leur discussion ; des mots comme « Astrub, Plaine de Cania, Port de Mastredam, Montagne des Eleveurs, pas là, ici plutôt, corniaud, et cetera. » C’est en arrivant à leur hauteur que Ferora comprit qu’ils se disputaient à propos d’une vieille carte censée représenter le monde des Douze tel qu’il était avant la Catastrophe. Malheureusement, le résultat était si approximatif que la ville marine de Sufokia se retrouvait au même niveau que le château d’Amakna, tandis que le port de Mastredam était, lui, à Brâkmar. Encore cela était-il presque imaginable à côté du reste… Du coup, Ferora ne pu s’empêcher d’éclater de rires à la vue de cette « carte ».

— Dites, donc, jeune demoiselle, si nos cartes vous font rire, il serait préférable que vous passiez votre chemin, s’emporta le plus vieux d’entre eux, un disciple d’Enutrof dans la fleur de l’âge.
— Excusez-moi, grand-père. C’est juste que votre représentation de ce monde est si… originale que j’ai cru qu’il s’agissait d’une fausse carte dont le but était une farce, s’expliqua la jeune femme.
— Sachez que la cartographie n’a rien d’une farce, c’est une science on ne peut plus sérieuse. Mais, qu’entendez-vous par originale ? ne pu-t-il s’empêcher de demander.
— Et bien, déjà, Sufokia se trouvait beaucoup plus au Sud…
— Ah ! Vous voyez bien que j’avais raison, bande de vieux croûtons, intervint un disciple de Crâ dans la vingtaine, les recherches que j’ai mené vont dans ce sens.
— Grr ! Et, d’où tenez-vous cette information, disciple de…
— Féca, du cercle 97. Tout simplement car je viens de cette époque.
— Quoi ?! s’exclamèrent-ils surpris.
— Oui, c’est à la suite de la rencontre d’un disciple de Xélor de votre époque que nous nous sommes retrouvées ici, mon amie et moi. Et, je peux vous affirmer également que l’île de Moon et des Wabbits ne se trouvaient pas de ce côté-ci du continent.
— Oh ! Vous voulez bien nous expliquer tout ça ? Venez donc à l’arrière, nous avons des tables et des rafraîchissements, ce sera plus confortable pour parler, proposa le disciple d’Enutrof radouci, et maintenant désireux de connaître cette inconnue qui pourrait lui faire la meilleure carte de cette époque.
— Très bien, je vous suis.
— Tu t’en sortiras sans nous, Fero ? demanda dans un murmure son amie.
— Oui, ils ne sont pas méchants, ne vous inquiétez pas, la rassura-t-elle sur le même ton.
— Que fais-tu, Dari ? Avec nous, ou Fero ? interrogea-t-elle alors mais sans finalement attendre de réponse devant le regard que jetait celle-ci sur l’arrière-boutique ; les adolescents ont toujours faim, c’est bien connu.
— On se retrouve dans deux heures, ici même ?
— D’accord, Fe…
— Attends, s’interposa Ahiâm, j’ai une meilleure idée. Tu vois le poteau qui dépasse tout le marché ?
— Oui, bien sûr, acquieça Ferora.
— C’est un poteau de ralliement…
— Oui ! Je me souviens, se mêla Darinao, on les utilise dans les grands marchés pour que les personnes aient un endroit facile à retrouver pour se regrouper. Plus le marché est important, plus il y en a, et tous d’une couleur différente.
— Exactement ! Je pense donc que ce serait l’endroit idéal pour se retrouver, conclut Ahiâm.
— Très bien, retrouvons-nous là-bas dans deux heures, alors. A bientôt, les jumeaux, ajouta-t-elle pour les taquiner.
— A bientôt, Fero, répondit son amie avec un clin d’œil tandis qu’Ahiâm souriait en lui faisant un signe de la main.

Les deux compagnons partis, les filles suivirent le vieil homme, et, Ferora discuta deux heures durant de la géographie de son époque tandis que Darinao se goinfrait des petits gâteaux offerts par leurs hôtes.


Par Ferora

Pendant ce temps les jumeaux profitaient de ce moment pour se parler plus intimement. Ils déambulaient dans le marché tout en discutant. Eloah lui raconta en détail sa rencontre avec Ferora, ses premiers pas d’aventurière, les créatures qu’elle avait rencontré, combattu ou sauvé. Ahiâm lui narra son arrivé chaotique dans ce monde, les premiers mois difficiles. Lean qui avait toujours été solitaire, avant, s’était montré très protecteur et attentionné. Puis, le chagrin les gagnant, ils changèrent de sujet et se mirent à parler de leur dévouement à leurs Déesses.

— Le plus difficile je crois, c’était la prononciation. Le dialecte d’Eniripsa est assez compliqué.
— Vous avez des mots à apprendre par cœur ?
— Non, il s’agit plus d’une technique. Tu sais, c’est comme dans la vie de tous les jours. Par exemple pour faire peur à quelqu’un, tu peux aussi bien faire : BOUH ! que : AH ! Les mots magiques c’est pareil.
— Dis-moi…
— Oui ?
— Cet… Ogrest dont Lean m’a parlé…
— Il t’en a parlé ? Ah. Il existe en effet, malheureusement !
— Il tient réellement les Douze en échec ?
— J’en ai bien peur. Mais les Dieux ont réagi, peut être un peu tard, mais les Arts ont évolué.

— Comment ça ?
— Les techniques que vous utilisiez à ton époque ont été « revues ».
— C’est ce que j’ai cru apercevoir au temple de Sacrieur…
— Certains disciples d’Eniripsa sont capables de ressusciter des morts…
— Vraiment ? Mais c’est… affreux !
— Oui, enfin, il y a des règles. Disons plutôt qu’ils peuvent les sauver d’une mort inévitable, là où les soins ou encore la revitalisation sont tenus en échec.
— Impressionnant…
— Oui. Mais ça demande un niveau très élevé. Et surtout, savoir canaliser son wakfu.
— Son quoi ?!!
— Son wakfu. C’est… Comment t’expliquer…
— Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! s’écria un garde de la ville en poursuivant un disciple de Sram qui courait droit sur les jumeaux en bousculant tout ceux qui avaient le malheur d’être sur sa route.
— Ecarte-toi Elo il va te rentrer dedans !
— J’y compte bien…

Le disciple de Sram semblait bien bâtit, mais Eloah ne s’écarta pas et le choc fut terrible. Surtout pour le voleur. N’ayant pas envisagé rencontrer quelconque résistance, d’autant plus de la part d’une femme, il n’avait pas réduit son allure et se heurta à la solide disciple de Sacrieur, les envoyant tout deux à terre. Eloah se releva en se frottant le front, elle avait l’impression d’être passé sous un troupeau de bouftous en rut. Le voleur ne bougeait pas, allongé au sol. Le garde arriva, suivit d’autres.

— Merci, mademoiselle ! Vous allez bien, tout de même ? demanda le garde, essouflé.
— J’ai vu pire !
— Poussez-vous ! s’exclama une voix grave derrière le troupeau de curieux qui s’était constitué. Allez ! Circulez y’a rien à voir ! Le bonhomme reconnut Eloah, il s’agissait du disciple de Sadida, chef présumé des gardes qu’ils avaient rencontrés en « forçant » leur entrée lors de leur arrivée à Orchomène la veille au soir. Ah, tiens ! Vous ! Je savais bien que vous alliez nous poser problème, ces étrangers ! Je vais vous…
— Dis donc l’ami, vous vous prenez pour qui ? le coupa Eloah qui n’en revenait pas de se faire ainsi traiter.
— Chef, coupa le garde poursuivant, c’est grâce à cette demoiselle si ce voyou est au sol.
— Ah oui ? Vraiment ? Puf ! Ne sachant plus quoi dire, honteux, il s’en prit aux autres gardes. Allez bougez-vous ! Faites-moi revenir le calme dans ce marché, et emmenez-moi ce vaurien à l’ombre ! Puis il tourna les talons sans adresser plus d’attention à Eloah.
— De rien ! cria-t-elle en direction du chef qui s’éloignait.
— Encore merci, et désolé pour le chef. s’excusa le garde.
— Elo, ton front… Tu as une de ces bosses ! Laisse-moi arranger ça.
— T’inquiètes p’tit frère j’ai la tête dure.
— Vous êtes soigneur ? demanda le garde à Ahiâm.
— Moui ?
— Il y a une dame là-bas, qui a été bousculé et s’est cogné contre un pilier. Il y a du sang et…
— Je vais voir. Elo ne bouge pas ! Ahiâm s’éloigna, laissant Eloah et le garde en place.
— Pour un peu il s’échappait, votre intervention nous rend bien service.
— Qu’avait il à courir comme ça ?
— Il avait réussi à voler des papiers… importants, disons. Encore un hurluberlu adorateur d’Ogrest ! C’est de pire en pire chaque jour. La nuit il a fallut doubler les rondes. Les gens deviennent de plus en plus méfiant, ce monde est si divisé… Et maintenant ils essayent de nous avoir en plein jour ! Ça devient grotesque. Et dire que sans vous, on se serait fait avoir ! On ne s’y lassera pas reprendre de si tôt !
— C’est évident. acquiesça Eloah, profitant de cette situation pour en savoir plus sur cet ogre, le garde la considérant comme une habitante de ce monde. Mais, vous savez où il se trouve ?
— Qui donc ?
— Hé bien, Ogrest ?
— Plus ou moins… Il aime les hauteurs des montagnes, ce bougre.
— Ah ! Personne n’a jamais essayé de le battre ?
— Ah ! Ah ! Ah ! Si, les Dieux…
— Vous servez encore l’un des Douze ?
— J’ai servi un temps Iop. Aujourd’hui, je vénère Crâ. Bon je vous laisse, votre ami reviens, ça va aller ?
— Oui, oui. Eloah n’en revenait pas, ça ne se faisait pas, à son époque, de changer de Dieu comme de chemise ! Ça expliquait aussi sûrement pourquoi il avait les cheveux mi-longs, il se les laissait pousser depuis peu.
— Fais moi voir ta caboche sœurette. Ahiâm posa sa main sur le front d’Eloah, une petite lueur naquît de la paume de sa main et fit disparaître les maux de tête de sa sœur et la belle bosse.
— Rien de grave la petite dame là-bas ?
— Ça aurait pu, si personne n’était intervenu rapidement.
— Alors tu l’as sauvée ! conclut Eloah en adressant un clin d’œil à son frère.
— Je sais pas toi, mais moi ces évènements m’ont creusé l’appétit !
— Allons-y ! Je vais te payer une crêpe et une bonne bière pandalienne !
— Cette variété n’existe pas ici, p’tite sœur !
— Ah, oui…
— Ne fais pas cette tête, je suis sûr de pouvoir t’en conseiller une qui te ravira !
— Y’a intérêt !

Les jumeaux appréciaient les rayons du soleil et la mousse d’une bière brune, face à face sur une petite table ronde, un peu à l’écart du marché. C’est alors qu’une forte lumière aveugla Eloah qui était en train de boire, elle renversa de la bière sur ses vêtements. Surpris, ils scrutèrent tout autour d’eux, mais personne ne semblaient avoir été dérangés par cette lumière et personne n’ont plus ne prêtaient attention à eux.

— Je suis pas folle, t’as vu cette lumière toi aussi ?
— Oui oui, et aussi la moitié de ton verre se déverser sur ta belle tunique ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
— Rhô ! Je vais sentir bon, moi !

Ahiâm qui rigolait franchement s’arrêta aussi sec. Il pointa son index vers le verre à moitié vide d’Eloah.

— Qu’est-ce que…
— Beurk ! C’est quoi ce truc dans mon verre ? Eloah plongea ses doigts dans sa chope et en ressortit une clé. Elle regarda au dessus d’elle qui pouvait être l’auteur de cette mauvaise blague. Rien.
— C’est à toi, cette clef ?
— Bien sûr, j’ai l’habitude de me servir d’une chope d’excellente bière brune comme porte-clefs !
— C’est fou. C’est comme si, plouf ! Elle avait atterrit dans ton verre.
— Oué, ben, j’ai plus de bière en attendant. J’en fais quoi de cette clef ! Poubelle ?
— Non ! Attends…
— Quoi ? Tu la reconnais ?
— Non. Mais… Il me vient une idée, folle…
— Raconte…
— Et si… Et si c’était ? Non rien. Je me fais des histoires.
— Alors quoi ! T’as quand même pas peur de te trouver ridicule devant moi ! Surtout en ce moment avec ma bière…
— C’est que, je ne voudrais pas créer des espoirs infondés.
— Ahiâm… On s’est toujours tout dit. Explique-toi.
— Pas ici. Et, je voudrais d’abord demander à Darinao une petite chose, pour être sûr.
— Attends, attends… À Darinao ? Tu penses à Lean là, ça ne peut être que ça. Sinon pourquoi poser une question à une gamine de 13 ans, si ce n’est pour ces connaissances en magie Xélor ?
— Tu as gagné… Ecoute, si les disciples de Xélor sont capables de se déplacer dans le temps et l’espace, peut-être sont-ils capables de faire la même chose avec des objets.
— Pourquoi ne pas se téléporter lui même s’il a recouvert ses pouvoirs ?
— Peut-être ne peut-il pas se déplacer lui-même… Je n’en sais rien. Mais reconnaît que cette clé qui apparaît dans ton verre…
— Très bien. Je la conserve précieusement. Je recommande une bière, tu en veux une ?
— Merci, non. On se rend au point de rencontre après ça ?
— Oui. Je pense qu’elles auront eu le temps de régler cette carte !


Par Eloah

Ces dernières les attendaient déjà depuis une quinzaine de minutes lorsqu’ils firent leur apparition.

— Alors, t’as redessiné le monde ? badina Eloah.
— Si on veut, oui, sourit son amie. Pour nous remercier, le vieil Enutrof nous a fait cadeau d’une carte de l’île, car le monde est découpée en îles à cette époque. Nous sommes sur celle d’Astrub, la plus peuplée. Il existe ainsi des îles pour Bonta et Brâkmar, et d’autres territoires que nous connaissons de notre époque. Bien entendu, ils en existent aussi de nouveaux.
— Fais voir, Fero, demanda son amie.
— Tiens ! Mais, ne la déplie pas entièrement, il faut une table pour la consulter sinon.
— T’inquiètes pas, assura-t-elle en prenant celle-ci. Et ça ? Qu’est-ce que c’est ? interrogea-t-elle soudainement en remarquant l’étrange sphère que Fero tenait dans son autre main.
— Ça ? C’est un orbe. Le vieil Enutrof qui me l’a donné avec la carte.
— Un orbe ? A quoi ça sert ? questionna la disciple de Sacrieur en scrutant l’objet.
— C’est un moyen de communication. On fabrique deux orbes dans le même bloc, pour qu’ils soient liés, puis on les sépare et chaque correspondant en prend un. Ainsi, les deux personnes peuvent communiquer entre elles n’importe quand, n’importe où, expliqua l’ex-Ryuakana. Ce qui m’étonne le plus, c’est que cette technologie soit si courante pour les mortels de ce monde… songea-t-elle.
— Hein ! Pourquoi tu parles de « mortels », Fero ? fut intriguée Darinao.
— Comment ? Ah ! Non, non. Je me suis mal exprimée, Dari. Ne fais pas attention…

Ainsi voulut-elle rassurer la jeune fille et prévenir toutes questions si Ahiâm avait entendu, lui aussi. Heureusement, il ne laissa rien paraître et Ferora pensa donc que tel avait été le cas. Eloah, en revanche, avait tiqué un court instant mais s’était vite reprise.

— Il a vraiment apprécié le service que tu lui a rendu, ce vieil homme, souligna Ahiâm.
— Apparemment, se félicita la disciple de Féca.
— Et, il avait d’excellents gâteaux ! rapporta Darinao.
— Oui, ça, ils devaient l’être vu le nombre que tu t’es enfilé, railla sa compagne.
— J’avais faim… bouda la jeune fille.
— Dis-moi, Dari, je me posais une question sur votre magie, commença Ahiâm.
— Oui ?
— Est-ce qu’un disciple de Xélor peut téléporter des objets comme il le fait pour lui-même ?
— Bien sûr ! Seulement, il faut avoir une grande maîtrise de la magie de notre Dieu, savoir exactement où envoyer l’objet, et avoir assez de wakfu pour la distance. En fait, plus la distance est grande, plus il faut de wakfu, mais plus on a besoin de wakfu, mieux il faut maîtriser la magie de notre Dieu. Il n’y a que les Grands Maîtres qui arrivent à parcourir de grandes distances comme celles qui séparent deux cités par exemple. D’ailleurs, c’est comme cela que les messages sont transmis d’un temple à l’autre chez nous. Et puis,…
— O.K., O.K., Dari. Merci beaucoup de tes explications, le remercia et l’arrêta le disciple d’Eniripsa.
— Tu devais bien savoir à quoi t’attendre en lui posant une question sur sa magie, s’amusa Ferora. Par contre, pourquoi cette soudaine question ?
— Et bien, tout à l’heure, Elo et moi étions assis à la terrasse d’une taverne lorsque…

Ahiâm raconta ainsi l’étrange histoire de la clef voyageuse et ses hypothèses. Ferora voulut l’examiner mais ne pu rien en tirer, en parti parce qu’elle ne s’était toujours pas habituée à l’absence de ses pouvoirs de Ryukana, mais aussi parce que Darinao lui arracha brusquement la clef des mains.

— Dari ! s’exclama la disciple de Féca passablement en colère. Qu’est-ce qui te prend ?
— Cette clef… J’ai l’impression qu’elle me dit quelque chose… Mais, je n’arrive pas à m’en souvenir…
— Tu es sûre, Dari ? demanda Eloah pleine d’espoir.
— Je… Je ne sais pas, plus. Enfin si, elle me dit bien quelque chose, mais impossible de remettre la main dessus…
— Ce n’est pas grave, Dari. Laisses pour le moment, ça te reviendra plus tard. Peut-être même dés cette nuit, qui sait ? la rassura Ferora, sa colère retombée aussi vite qu’elle était montée.
— Oui, c’est vrai, Ferora a raison, Elo. Laissons la petite tranquille pour l’instant, ce n’est pas en la brusquant que sa mémoire reviendra, ajouta Ahiâm à l’attention de sa sœur.
— Oui, mais… On avait enfin une piste sérieuse. Rhâ ! Tant pis ! Vous avez raison, tout les deux. Allez, Dari, redonne-nous cette clef et n’y pense plus.
— Bien, Eloah. Voici, conclut la disciple de Xélor en rendant la clef pour que la jeune femme la range dans ses affaires.
— Que faisons-nous maintenant ? consulta Ferora ses compagnons.


Par Ferora

— Il nous reste pas mal de temps avant le dîner, fit remarquer Eloah.
— On pourrait aller se promener dans la forêt ? proposa Darinao.
— Moui, pourquoi pas. Il fait beau, profitons des rayons du soleil ! Fero, tu es partante ?
— Allons-y !

Le petit groupe quitta le marché et sortit par l’entrée Sud, par laquelle ils étaient rentrés le soir précédent. Le chef Sadida était en place, il adressa un regard noir aux compagnons et au moment où ces derniers passaient la grande porte, il les héla.

— Si vous ne voulez pas passer la nuit dehors, rentrer à l’heure !
— Quel grognon celui-là ! constata Darinao.

Le petit groupe progressait tranquillement vers la forêt, admirant la flore qui s’offraient à leurs yeux, et bientôt la faune.

— Oh ! Cet… Insecte ! Il est énorme ! cria Eloah.
— C’est un mégarabé, renseigna son frère.
— Quelle horreur ! poursuivit-elle.
— Quel est ce chant que l’on entend ? demanda Ferora.
— Hum… Je ne sais pas trop. Sûrement un piou qui défend son territoire.

Les amis progressèrent ainsi, examinant les fleurs colorées, les arbres centenaires, les petits animaux qui s’activaient ça et là, indifférents à la présence des intrus. Soudain, un bruit attira l’attention d’Ahiâm.

— Montez aux arbres ! Vite !
— Quoi ?! s’écrièrent en cœur les trois filles.
— Vite ! Grimpez sans discutez, j’ai un doute ! s’affola Ahiâm en faisant la courte échelle aux filles.
— Vous n’avez pas entendu le bruit ? demande-t-il une fois en hauteur.
— Rien d’inhabituel dans une forêt ! fit remarquer sa sœur.

Le bruit finit par mieux se faire entendre par les filles, en effet cela avait quelque chose d’original. Des branches cassées, un grognement sourd, et le sol qui se mit à trembler légèrement.

— C’est quoi cette… chose ? demanda Ferora haut perchée.
— Un sangliarche, je crois… Les disciples d’Osamodas s’en servent pour transmettre des messages.
— Ils connaissent pas les tofus voyageurs ? grogna Eloah.
— Les tofus, ça va pour les messages administratifs. Un sangliarche, c’est plutôt utilisé pour les messages importants. On arrête difficilement un sangliarche, à part un disciple d’Osamodas chevronné.
— Il se passe quelque chose alors ?
— Sûrement, acquiesça Ahiâm, quelque chose d’important. Et on prévient Orchomène.
— On va voir ce qui se passe ? piailla Darinao sur sa branche.
— Les filles ? les consulta Ahiâm.


Par Eloah

— Tu dis qu’il s’agit d’un messager utilisé par les disciples d’Osamodas. Hum… Il n’avait pas l’air fatigué. Quel est leur endurance ? demanda Ferora.
— Tout dépend de leur entraînement, bien entendu, mais sans doute pas plus de cinq-six heures, certifia Ahiâm.
— C’est tout ?! s’étonna sa sœur.
— Bah, tu sais, vu leur masse, leur vitesse, et les distances à parcourir, c’est déjà pas mal. De plus, comme je te l’ai dit, ils sont surtout utilisé pour garantir la protection de la missive.
— Donc, son invocateur ne doit pas être trop éloigné de nous. Et, s’il a utilisé cet animal, il, ou elle d’ailleurs, est peut-être en mauvaise posture. Nous devrions aller voir, argumenta puis proposa la disciple de Féca.
— Intelligente, protectrice, tu as bien choisi ta Déesse dis donc, approuva le disciple d’Eniripsa.
— Je ne te le fais pas dire, frérot, s’amusa la disciple de Sacrieur.
— C’est parti, alors ! conclut Darinao.

Le groupe descendit précautionnement de l’arbre et se mit à la recherche des traces laissées par l’animal. Ce fut Eloah qui, la première, trouva les marques de sabots dans la terre fraîchement piétinée. En les examinant, les aventuriers purent déterminer la direction et le sens d’arrivée du sangliarche. Ils n’eurent plus qu’à les suivre en sens inverse. Seulement, ça aurait été trop facile, on ne devient pas sangliarche en étant idiot. Ainsi, moins d’une heure après, Eloah perdu soudain toutes traces de son passage.

A ce moment, le petit groupe était arrivé à proximité de l’orée de la forêt. De cette manière, en cherchant de nouvelles traces, Darinao finit par remarquer un nuage de fumée à de nombreux pas de l’orée. Elle fit part de son observation à ses compagnons qui jugèrent que cela avait sans doute un rapport avec le sangliarche et son invocateur. Dés lors, ils se dirigèrent vers ce repère très facile à suivre.

Il leur fallut encore une bonne heure et demie avant d’approcher du point d’où émanait la fumée, Eloah regrettant plusieurs fois de ne pas avoir emmené les dragodindes. Toutefois, ils étaient maintenant assez près pour se rendre compte qu’il y avait un gros problème. A leur vue, ils découvrirent un chariot presque en cendres, c’était de lui que venait la fumée, les bêtes de somme avaient disparu, et le ou la conductrice était invisible. Du moins, jusqu’à ce qu’une étoile de mer bleue sur pattes et avec une queue fasse son apparition de l’arrière du chariot.

— Ça alors ! Qu’est-ce que c’est que ça ? s’exclama surprise la disciple de Sacrieur.
— Bah ! C’est un symbiote ! Tout les osamodas en ont un ! répondit Darinao comme si Eloah avait demandé pourquoi le soleil était jaune ou le ciel bleu.
— Calmes-toi, Dari, Elo n’a sans doute pas encore vu de disciples de ce Dieu avec son symbiote. Nous ne sommes pas là depuis très longtemps, je te rappelle, souligna Ferora. Allons donc plutôt voir ce que devient le disciple à qui est lié ce symbiote.

Le groupe se dirigea vers l’arrière du chariot et pu constater que le chariot n’avait pas été le seul à souffrir. Des vêtements, des livres, et d’autres objets hétéroclites étaient déchirés, cassés, brisés, éparpillés tout autour de celui-ci. Et, le conducteur n’était pas dans un meilleur état… Ahiâm se pencha aussitôt pour l’ausculter, mais le pauvre avait perdu connaissance. Le disciple d’Eniripsa commença donc à lui donner les premiers soins sans tarder. Pendant ce temps, les filles rassemblèrent ce qui pourrait servir à l’installer plus confortablement.

Finalement, ce n’est qu’à la nuit tombée que le disciple d’Osamodas se réveilla. Il était encore trop faible pour se lever. Cependant, il posa de nombreuses questions pour connaître ses sauveurs et leurs intentions, dernières questions dont ils ne comprirent pas l’intérêt. Rassuré, et poussé par Ahiâm à continuer à se reposer pour ne pas remettre sa vie en danger, il se rendormit.

— On peut dire qu’il n’est pas avare de questions, celui-là, nota Eloah.
— C’est vrai, mais il faut le comprendre aussi. Après ce qu’il a vécu, j’aurais sans doute aussi beaucoup de questions à poser, fit remarquer son frère.
— Sans doute, oui. Toutefois, certaines de ces questions étaient… « inappropriées », insista Ferora. Je ne trouve pas de meilleur mot.
— Hum… Pour un disciple sans appartenance politique, c’est exact. Mais, je doute que celui-là ne fasse pas parti d’une des cinq factions, objecta le disciple d’Eniripsa.
— Je n’avais pas pensé à cela, reconnut son interlocutrice.
— Cinq factions, tu dis ? Il y a les Sœurs de Dathura, mais quels sont les autres ? voulut savoir sa sœur.
— Et bien, il y a « les Dernières Sentinelles » qui défendent la croyance dans les Douze et l’extermination d’Ogrest, ils peuvent être très dangereux pour qui n’est pas avec eux. Ensuite, il a ceux qui vouent un « culte à Ogrest » et prônent l’anarchie et le chaos du monde. A côté, il y a « les Disciples d’Otomaï » qui délaissent leur Dieu ou Déesse pour se consacrer à la science et la rigueur qu’elle impose. Enfin, il une faction qui n’est d’aucun côté de la balance puisqu’elle prêche pour l’équilibre et la maîtrise complète du Wakfu, on les nomme « Ceux qui marchent ».
— Ah, oui ! Vous avez un sacré corps politique. Dire qu’à notre époque il n’y a que le camp des « Bontariens » ou des « Brâkmariens ». Enfin, on peut quand même ne faire partie d’aucun des deux, tu me diras.
— Tu oublies les mercenaires, Elo, releva la disciple de Féca.
— Ils ne sont pas vraiment une force politique…
— Mais, ils existent, insista son amie.
— Ouai, enfin, c’est quand même moins hétéroclites qu’à cette époque. Ça se limite pratiquement au bien et au mal chez nous, alors que là, tout le monde a tort et raison à la fois.
— Oh, tu sais. Bonta et Brâkmar ne sont pas toute blanche ou toute noire non plus. Mais, c’est vrai, la politique est plus variée ici.
— D’autant que ni Bonta, ni Brâkmar n’ont été détruites à cause du… voulut intervenir Ahiâm.
— Stop ! Elo en sait déjà un peu trop sur l’avenir du monde ! disputa l’ex-Ryukana. Ne va surtout pas lui révéler ça.
— C’est vrai, c’est vrai. Excuse-moi, j’ai oublier.
— Rhâ, vous commencez à me les pomper tout les deux ! s’exclama la première concernée.
— NON ! s’écria soudain fortement le disciple d’Osamodas endormi.

Ahiâm, sa sœur et Ferora coururent à son chevet. Darinao y était déjà, penchée sur lui comme pour mieux l’entendre. Quand les autres arrivèrent, le blessé poussa un dernier râle et son corps se détendit complètement. Son symbiote disparut alors dans une nuée d’étoiles, donnant un aspect tragique à la scène.

— Je croyais qu’il allait mieux, Ahiâm ! s’exclame stupéfaite sa sœur.
— Je le croyais aussi… Je ne comprends pas… répondit-il encore plus étonné que cette dernière.
— Dari ? Darinao ? Que faisais-tu là ? demanda Ferora dans le même temps.

N’ayant aucune réponse, elle se rapprocha de la jeune fille. Elle pu alors voir qu’elle pleurait à chaudes larmes, une coupe d’eau renversée à la main. Devant la détresse évidente de la disciple de Xélor, elle l’a pris dans ses bras et la rassura du mieux qu’elle pouvait. Seulement, c’était sans doute la première personne qu’elle voyait mourir devant ses yeux…

Il fallut une bonne vingtaine de minutes avant que Darinao commence à se ressaisir. Pendant ce temps, Eloah et son frère avait cherché les causes de sa mort puis recouvert son corps. Celui-ci ayant disparu de sa vue, Dari recouvrit assez de force pour quitter le chariot et aller s’asseoir près du feu qu’ils avaient allumés pour leur dîner. Toutefois, elle avait encore besoin de la chaude présence de quelqu’un. Aussi, la disciple de Féca resta-t-elle à veiller en sa compagnie, le temps qu’elle puisse s’endormir paisiblement.

Quand l’aube vient, Eloah et son frère se réveillèrent, laissant Ferora et Darinao profiter de quelques moments de sommeil supplémentaires après les émotions d’hier soir de cette dernière. Ils ravivèrent le feu pour préparer un frugal petit déjeuner avec les vivres pas trop amochées qu’ils avaient pu rassembler la veille. Leur repas pris, les jumeaux firent appel à leur magie pour creuser un trou dans la terre, puis Eloah réussit à fabriquer un semblant de croix avec les objets hétéroclites qui avaient appartenu au défunt.

Ahiâm alla réveiller les filles quand il fut temps d’enterrer le disciple d’Osamodas. Darinao devait y assister pour tourner cette page de sa vie. La cérémonie fut simple, mais rares étaient les personnes qui avaient pour invités des personnes aussi importantes à leur enterrement. Ferora, en tant que membre de l’Ordre des Prêtres de Jiva, récita une prière à l’intention du mort. Puis, elle jeta la première main de terre, suivie d’Eloah, son frère, et enfin Darinao. Zéphyr et Sibur restaient, eux, parfaitement indifférents à tout cela. Après tout, ce n’était pas leur maîtresse qui était décédée.

Quand ce fut terminé, Eloah fit de nouveau appel à Sacrieur et recouvrit le corps. Enfin, Darinao retourna près du feu où elle s’assit pour le fixer. Ahiâm et Ferora la poussèrent néanmoins à manger un minimum. Eloah profita de ce temps pour examiner plus en détails les objets retrouvés, à la lumière du jour. Malheureusement, elle ne trouva rien d’intéressant ni même d’indices sur les agresseurs. Cependant, quand la jeune fille eu finit de se restaurer, elle semblait avoir repris du poil de la bête car elle déclara :

— Vous savez, hier soir, il avait demandé de l’eau. Enfin, c’est ce que j’ai cru entendre quand je suis passée près de sa couchette. Je suis donc aller chercher la gourde pour lui verser une coupe… Mais… Quand, je suis revenue, il dormait… Et puis, soudain, il s’est mit à hurler « NON ! » J’ai été surprise et j’ai renversé la coupe. J’ai voulu m’excuser, mais il dormait toujours. J’allais partir quand il m’a semblé entendre des paroles… Comme je n’entendais pas bien, je me suis rapprochée de sa bouche, et puis… Et puis… Il est mort ! finit-elle en versant de nouveau des larmes.
— Calme-toi, Dari. Tu n’es pas obligée, tu sais. Nous pouvons attendre que tu te sois remise, lui assura Ferora, assise à ses côtés.
— Non, non, objecta-t-elle avec de forts signes de tête de dénégation, je suis sûre que c’est important…
— Il faut, tout de même, que tu te calmes. Ce sera plus facile. Respires un bon coup, ça ira mieux, garantit Ahiâm assis de l’autre côté.
— C’était quelque chose comme : « Non, non, je ne suis pas des Sœurs ! » Il l’a répété plusieurs fois, et puis ensuite, il a dit qu’il réverrait Ogrest, qu’il ferait tout ce qu’on lui demanderait, qu’il ne trahirait plus jamais…
— Par ma Déesse ! s’exclamèrent Ferora et Ahiâm en même temps.
— Quoi ? intervient Eloah qui venait de les entendre du chariot.
— Et bien, il semblerait que notre « ami » décédé faisait partie des Sœurs de Dathura, mais qu’il s’était infiltré chez ceux du Culte d’Ogest qui ont finit par le découvrir. Il a sans doute tenté de fuir, mais ils l’ont rattrapé, puis ils l’ont sans doute torturé.
— Monstrueux ! s’horrifia sa sœur.
— Oui, ils sont loin d’être des enfants…
— Mais alors, le sangliarche ! fit Ferora effarée.


Par Ferora

— Il faut le suivre ! cria Eloah en joignant l’action à la parole.
— Elle ne réussira jamais à le rattraper ! soupira Ahiâm en voyant sa sœur sprinter. Il prit une forte inspiration et hurla en sa direction quelques mots magiques qui semblaient donner des ailes à sa jumelle.
— Mots d’envol ? questionna Ferora.
— Exact. Espérons que cela suffira. Ramassons les quelques objets qui pourraient nous être utiles et mettons-nous en route. Je ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose.
— Elle ne tentera rien d’inconscient. Enfin, j’ose le croire, souffla Ferora en ramassant les affaires, imitée par les autres.

En arrivant à Orchomène, Eloah distinguait par-delà les murs une certaine agitation. Il faut dire qu’un sangliarche déboulant en ville, ça ne passe pas inaperçu. Le chef des garde, toujours à la même place, stoppa la course d’Eloah dès qu’elle pénétra dans l’enceinte.

— Tiens ! Tiens ! Ne seriez-vous pas liée de près ou de loin à cette agitation ?
— Comment ? Je ne vois pas de quoi vous parlez !
— C’est cela, oui. J’ai du mal à vous croire. Vous n’êtes pas rentrés hier soir, et… Où alliez-vous, là ? En courant, ainsi ?
— Premièrement, nous sommes libres de passer les nuits où nous voulons ! Deuxièmement, je cours pour m’entretenir ! Et pour finir, je n’ai pas de comptes à vous rendre !
— Baissez d’un ton avec moi, étranger ! Quelque chose me dit que vous n’êtes pas étrangère à l’arrivée de ce sangliarche !

— Un sangliarche, vraiment ? Où est-il ?
— Vous devriez le savoir, puisque vous l’avez envoyé détruire ma ville !
— Cela suffit, cessez vos accusations infondées ! Vous m’ennuyez, laissez-moi ! Et cette ville ne vous appartient pas !
— C’est qu’elle devient agressive, la p’tite dame !
— Pas encore, non. Laissez-moi passer !
— Pour récupérer votre cochon ?
— Pour rentrer au temple… Je suis attendue !
— Par qui ?!
— Par moi ! intervint une voix masculine se dirigeant vers le duo.
— Shadan ! Mais oui… Shadan m’attends à cause de vous !
— Grr ! C’est bon, allez-y. Mais je garde un œil sur vous et vos compagnons !

Sans prêter plus d’attention au chef des gardes, Eloah et Shadan s’éloignaient au pas de course.

— Merci, Shadan.
— De rien. Mais, tu n’es pas venue hier soir à l’auberge ?
— Oh ! Je suis navrée, vraiment. Nous avons été… retardés.
— C’est vous ce sangliarche ?
— Tu sais où il est ?
— Je dois prendre ça pour un oui ?
— C’est que… Je ne peux pas t’en parler mais…
— Ne te justifie pas. Je ne devrais pas être indiscret comme ça. Tu n’as pas à me répondre.
— Alors, tu sais où il est ?
— Il a fait un de ces raffuts ! Il a blessé des gardes et quelques passants.
— Ciel !
— Ils ont été conduits au temple d’Eniripsa, ils devraient s’en sortir. Le sangliarche a été stoppé par le Grand Maître du temple d’Osamodas.
— Ah ! Et, ils ont trouvés quelque chose dessus ?
— Comment ça ?
— Je ne sais pas, un objet, un papier…
— Pas que je sache. Mais ils l’ont isolé dans un enclos renforcé du temple. En attendant de savoir quoi en faire.
— Shadan ?
— Oui ?
— Encore une fois, désolée pour hier soir. Mais, j’ai toujours besoin de ces infos.
— Pas ici. Viens, allons au temple de Sacrieur. On se prend une salle d’entraînement, et, je te confie tout ce que je sais en combattant. Ça passera inaperçu.
— Merci de m’aider ainsi. Mais… Puis-je te demander pourquoi ?
— Pourquoi t’aider ? Disons que… J’ai mes raisons pour nuire aux Sœurs de Dathura. Tu sembles vouloir leur causer quelques soucis, et puis, tu as une bonne tête ! Ne me crains pas, je veux réellement t’aider.
— Ça fait plaisir de rencontrer des gens comme toi, après tout ce que… Merci encore, conclut Eloah sans en dire plus.

Pendant ce temps, Darinao, Ferora et Ahiâm avaient gagné l’entrée Sud, s’attirant au passage le regard courroucé du chef Sadida. Ce dernier, toutefois, ne leur dit mot.

— Quelque chose m’échappe, avoua Ahiâm.
— Ce sangliarche n’a pas dû passer inaperçu, fit remarquer Ferora en désignant de l’index un groupe de personnes s’afférant à ramasser des débris de bois et de verre, probablement, à l’origine, d’anciennes tables et chaises qui ornaient une terrasse de taverne.
— On a vu plus discret pour transmettre un message chez les Sœurs de Dathura. Révéler leur position n’est sans doute pas en leur faveur.
— Tu penses que certaines d’entre elles sont ici ?
— Je ne sais pas. Le disciple que l’on a retrouvé était désespéré. Il a peut être fait n’importe quoi. Quoiqu’il en soit, restons vigilants, conseilla Ahiâm.
— Mais, où est Eloah ? demanda Darinao.
— Bonne question. Le mieux est peut être d’aller voir au temple de Xélor. Et, si elle n’y est pas, on attendra là-bas quand même. Cette ville est trop grande pour qu’on la ratisse !
— Et mieux vaut continuer à rester discrets, poursuivit Ferora.

Une heure et demi passa. Le trio attendait dans la chambre d’Eloah. Cette dernière entra brusquement dans sa chambre, ne s’attendant pas à y retrouver ses compagnons.

— Ah ! Vous êtes là !
— C’est à toi qu’on devrait dire ça, sœurette ! Où étais-tu ?
— Dans mon temple. Bref, j’ai des infos !
— Raconte, pressa Ferora.
— Certains membres des Sœurs sont ici.
— Ici ? Au temple Xélor ? demanda Darinao.
— Non, ici, à Orchomène.
— Tu en as la certitude ? interrogea Ferora.
— Pratiquement. J’ai des sources assez fiables. Un condisciple responsable d’un dortoir entier. Il a découvert des lettres dans une chambrée. Un infiltré des Sœurs de Dathura.
— Il y en a plus qu’on ne le croit, visiblement, regretta Ahiâm.
— Tout ça pour dire que j’ai une piste. Il y a une petite maison dans le quartier Est, derrière le temple d’Osamodas. Là, où se dirigeait le sangliarche, soit dit en passant.
— Ah oui ! Tiens ! Tiens ! songea Ferora.
— Ce sangliarche n’allait peut être pas n’importe où, finalement, pensa Ahiâm à voix haute.
— Je propose de faire un petit tour près de cette maison cette nuit. J’en ai la description. Et puis…
— Quoi ? demandèrent les trois autres.
— Il faudrait peut être aussi, disons… Examiner ce sangliarche ?
— Folie !
— Une blague ?
— Ça pourrait être amusant ! ajouta Darinao après les exclamations respectives d’Ahiâm et de Ferora.


Par Eloah
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