Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Ainsi fut fait. Le petit groupe signala au Maître Xélor qui les avait accueillis qu’ils étaient de retour, et que dans le même temps ils souhaitaient inspecter le sangliarche. Celui-ci les prévenu que les prêtres d’Osamodas seraient sans doute très réticents à cette idée. Toutefois, il ajouta qu’il ne serait pas davantage surpris qu’eux y réussissent. Après tout, ils voyageaient bien sur des montures comme on avait jamais vu, la disciple de Féca ne portait jamais les vêtements de sa classe, et la disciple de Sacrieur ne se comportait pas vraiment comme les autres disciples qu’il avait rencontré, de plus, on avait jamais vu un groupe d’aventuriers aussi hétéroclite s’encombré d’une gamine. Il y avait même des rumeurs comme quoi ils étaient des voyageurs du temps et viendraient d’avant la Catastrophe…

Alors convaincre les prêtres d’Osamodas d’examiner un malheureux sangliarche ne devrait pas être très difficile pour eux. Malheureusement, le Maître Xélor avait sous-estimé la rigueur des disciples d’Osamodas pour tout ce qui concerne les animaux invoqués, c’était leur affaire et celle de personne d’autre ! Cependant, le groupe avait un « atout » dans sa manche, un disciple de ce Dieu désincarné qui apparaissait et disparaissait comme bon lui semblait : Unician. Encore fallait-il le faire venir.

Ce furent Eloah et Sibur qui le découvrirent par hasard dans l’arrière-cour d’une taverne. Il était pratiquement visible en intégralité, et avait pour ça siroter deux tonneaux de bière du malchanceux tenancier. Qui plus est, cela n’aidait pas à sa compréhension. Aussi, Eloah dû aller chercher ses compagnons pour ramener l’ectoplasme dans un endroit plus discret. Ahiâme, sa sœur et Ferora déposèrent donc leur fardeau dans une impasse étroite à l’écart des voies fréquentées. Après quelques claques et la menace de lui forcer un seau d’eau sur la tête, il reprit ses esprits et pu les écouter. Amusé par la perspective d’entrer par effraction dans un temple, il leur expliqua une bonne partie de ce qu’il savait de l’architecture de ceux de son Dieu à cette époque. Comme tous, il gardait toujours un ou deux secrets qui pourraient se révéler très utiles plus tard.

Le groupe prépara un plan durant le reste de la matinée, et le finalisèrent à la terrasse d’une taverne après le départ d’Unician parti en éclaireur.

— Tu es certaine qu’on peut se fier à lui, sœurette ? demanda un peu inquiet Ahiâm.
— Mais oui, ne t’inquiètes pas. Quand la situation l’exige, il peut être un excellent allié. C’est vrai qu’il a une grosse tendance à la boisson, les blagues « douteuses », les piques… Mais il est très intelligent quand il le faut, et surtout, il ne laisse jamais tomber ses amis, le rassura Eloah.
— Elo a raison, tu sais. On ne le dirait pas franchement comme ça, au premier regard ; et si tu savais comment j’ai fait sa connaissance… Mais, il est plein de surprises, tu verras, ajouta Ferora.
— O.K., O.K., je vous fais confiance, les filles. C’est vous qui le connaissez après tout. Mais heu… Ferora, avec ce que nous apprêtons à faire ce soir, la visite au temple d’Osamodas et aux sœurs… Il y a une question qui me turlupine depuis ta rencontre…
— Oui ? l’encouragea-t-elle.
— D’après les écrits qui nous sont parvenus, il existait dans l’ancien temps de puissant avatar des Dieux et Déesses chargés de toutes les missions que pouvaient avoir à leur confier l’un ou l’autre des membres du Panthéon. Et, pour prouver leur statut, ils portaient des vêtements, et même leurs cheveux, aux couleurs du Dieu ou de la Déesse dont ils étaient l’avatar, expliqua le disciple d’Ahiâm devant le visage stupéfait et médusé de l’ex-Ryuakana, on les nommait les Ryukane. Le dernier avatar connu de la Déesse Féca était une femme du nom de Ferora La Feu. Es-ce toi ? finit-il par demander.
— Ah, bah ! Tout le monde le sait ! ria fortement Darinao.
— Fero ? s’inquiéta son amie à la vue de cette dernière la tête baissée, les mains tremblantes, prête à paniquer.
— Ne t’inquiètes pas pour ton secret, ce n’est qu’à votre époque qu’il est dangereux de le révéler, où vous existez encore, tenta d’apaiser Ahiâm. Comme maintenant, le Panthéon n’a plus assez de puissance pour créer de tels avatars, les Ryuakane ont disparu depuis la grande Catastrophe, et leur existence s’est trouvée dans les archives des vieux temples en ruines. Tout ceux qui s’intéressent de prés ou de loin à cette époque sont au courant de ton existence, même s’ils ne se doutent sûrement pas de ta présence ici, s’amusa-t-il.
— Très bien… Oui, tu as raison. C’est bien moi. Enfin, ça l’était jusqu’il y a quelques jours… se lamenta-t-elle.
— Comment ça ?! Je ne comprends pas ! s’étonna son interlocuteur.
— C’est notre faute, à Uni et moi. Tu te souviens que je t’ai parlé de notre passage par le Monde des Morts, qui se trouve sur un autre plan d’existence ?
— Euh, oui, vaguement. J’étais plus préoccupé par ta santé à ce moment là.
— Et bien, Ferora y a utilisé toute ses réserves de magie, et je dis bien toutes. Seulement, nous n’étions pas encore sortis d’affaire. Alors, pour nous aider, elle a fait appel à une magie « d’urgence », je dirais. Elle a ainsi recouvré ses forces et pu nous secourir. Seulement…
— Seulement, je n’en avais pas le droit. J’aurais dû trouver autre chose, ou… Je ne sais pas… Mais il y avait sûrement autre chose à faire. J’avais perdu tout discernement, je ne pensais plus qu’à mes amis, et j’ai oublié mes devoirs.
— Fero… intervint son amie.
— Ma Déesse m’a puni et a repris toute la magie qu’elle m’avait donnée. C’est pourquoi je n’ai plus le droit de porter mes vêtements rouges, et, que mes cheveux ont perdu leur coloration…
— Et les flammes dans tes yeux, aussi ! s’exclama la jeune fille.
— Oui, Dari, ça aussi c’était une marque de mon statut… Mais, tout a disparu, maintenant. Je dois donc redevenir une simple disciple ordinaire de Féca, acheva-t-elle avec un soupir.
— Ordinaire ? Toi ! Non, Fero, c’est pas possible ça, lui certifia son amie. Et puis, je n’ai pas perdu espoir, toi non plus, tu ne devrais pas. Je croyais pourtant que cela t’avait rassuré ma rencontre avec Sacrieur ?
— Sacrieur ?! avala pratiquement son frère.
— Oui, oui. Seulement, chaque jour j’essaye d’utiliser de simples sorts, mais je n’y arrive même plus. Même le bête glyphe agressif je n’arrive plus à l’invoquer ! Qu’est-ce que je vais devenir si je ne suis même plus capable d’utiliser les sorts du premier cercle, hein ! s’exclama Ferora en venant pleurer sur l’épaule de son amie.
— Fero, je… Je ne savais pas…

Quelques heures plus tard, nous retrouvons le petit groupe de retour sur la place du marché. Ils avaient, encore une fois, besoin de matériel. La jeune femme avait retrouvé son sourire et elle ne ressemblait plus à la disciple de Féca désespérer d’avoir tout perdu. Darinao fouillait tout les stands qui semblait prometteur, Eloah achetait trois rouleaux de cordes en lin, et Ahiâm discutait avec un luméritier pour obtenir des torches magiques de Bwork Magus.


Par Ferora

— Ainsi, nous voilà équipé ! déclara Ahiâm satisfait de leurs acquisitions.
— Plus qu’à attendre que la nuit tombe et que la ville s’endorme, poursuivit Eloah en rangeant les cordes et divers objets dans sa grande besace en cuir noir.
— Comme le ciel s’assombrit ! De gros nuages gris, là-bas, indiqua Darinao de son petit index.
— Ah ! Mauvais temps au rendez-vous, prédit Ferora en considérant l’épaisse masse nuageuse qui se dirigeaient sur la ville.
— Les filles, vous voulez bien vous rendre dans l’échoppe là-haut, pria Ahiâm en désignant une enseigne se balançant au rythme du vent qui se levait, achetez-y une cape Noctourne pour chacun de nous.
— Une cape quoi ?
— Noctourne, petite sœur, le vendeur saura. Je dois me rendre au temple.
— Tu reviens quand ?
— Je serais là à temps, rendez-vous… Enfin on se rejoint là où on a dit, finit-il par dire en regardant autour de lui.

Le jeune soigneur quitta ses amies et se dirigea vers son temple. Les trois filles se rendirent à l’échoppe indiquée. L’établissement en question ne payait pas de mine vu de l’extérieur, jamais Eloah ni Ferora n’y seraient rentrées par hasard. La façade avait quelque chose d’inquiétant. Ce qu’elles découvrirent à l’intérieur était tout autre. Un gros et vieux bonhomme se tenait assis devant une machine à coudre, à l’œuvre. Son sourire adressé aux clientes réchauffa le cœur de ces dernières. Il avait tout l’air d’un papy joyeux, un personnage qui inspirait confiance. Eloah et Ferora virent en lui une facette de Woger, celle qui ne grognait jamais.

— Que peux faire le vieux Jamal pour vous ? demanda-t-il en se levant.
— Bonjour, répondirent les trois interpellées, nous venons acheter des capes… poursuivit Eloah stoppée par son défaut de mémoire à court terme.
— Noctournes, l’aida son amie de toujours. Le regard du vieux Jamal se figea à cet instant, regardant alternativement les deux femmes en attente d’informations complémentaires, qui ne vinrent pas.
— Qui vous dit que je tisse de tels capes ? Et, dans l’hypothèse où, effectivement, j’en ferais, ce serait pour quelle utilisation ? balança-t-il d’une traite.
— Hé bien, c’est que heu… bredouilla Ferora qui ne s’attendait pas à cette réaction.
— Mon frère Ahiâm nous a envoyé ici pour acheter ces capes, et ce que nous en ferons ne regarde que nous ! acheva Eloah.
— Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ahiâm… Ce chenapan ! Hi ! Hi ! Hi ! Vous auriez dû le dire plus tôt. Quel farceur celui-là !
— Vous le connaissez ?!
— Si je connais ton frère ? Eloah, c’est ça ? Oui c’est sûrement ça, tu lui ressembles tellement… Peut-être un peu plus directe, disons !
— Mais… Mais ? les trois filles étaient bouche bée.
— Ah ! Tiens, comment va Lean ? cette question rendit la pièce aussi silencieuse qu’un caveau funeste. Constatant la gène, le vieux bonhomme changea de sujet et s’expliqua.

Lean et Ahiâm avaient pas mal voyagé après leur arrivée dans ce monde. Ils voulaient trouver une ville où il y aurait à la fois une place pour Ahiâm dans le temple d’Eniripsa, et une place pour Lean dans celui de Xélor. Et, de plus, une ville respectable et bien protégée. Ils avaient donc passé un certain moment à Orchomène, plusieurs mois, durant lesquels le vieux Jamal avaient pris soins d’eux. Les trois hommes s’étaient rencontrés par le fruit du hasard. Un jour que Jamal se sentait mal, il se rendit au temple d’Eniripsa pour se faire examiner. Mais il était partit trop tard et il tomba inconscient, s’écrasant au sol, à quelques mètres du temple. Ayant assisté à cette scène de loin, Ahiâm et Lean — qui se dirigeaient également vers le temple pour voir s’il était possible d’y inscrire le plus jeune — accourèrent au corps de ce dernier. Sans trop savoir comment, Ahiâm réussit à le soigner. Cette action lui permit d’intégrer le temple d’Eniripsa d’Orchomène dans les plus brefs délais, et le vieux Jamal, en retour, se porta garant des deux frères dans ce monde. Ce qui leur facilita grandement toutes les démarches administratives qu’ils pouvaient rencontrer en ce monde.

— Ainsi, vous êtes le tuteur de mes frères ?
— Je l’ai été, oui. Mais depuis, certaines choses ont évolué, c’est la vie ! Enfin, je vais vous chercher ces capes !
— Excusez-moi, monsieur, l’interpella Ferora, qu’ont-elles de particulier, ces capes ?
— Ah ! Ah ! Les capes Noctournes, ma belle, ne sont fabriquées qu’ici ! J’en ai le secret, et voyez-vous, c’est un commerce qui fonctionne bien ! C’est un commerce, d’ailleurs, qu’il ne faut pas ébruiter. Je ne peux en produire que peu, et, entre de mauvaises mains, ça pourrait causer des dégâts. Pour vous répondre, ces capes ont une capacité à se « fondre » dans le décor, la nuit.
— Autrement dit ? insista Eloah.
— Revêtez-les, sans oublier la capuche, et vous disparaîtrez des regards malveillants ! Ce sont les meilleurs capeméléons du monde ! Foi de Jamal, si vous vous faites prendre avec ses capes, je me fais tatouer vos prénoms au fer rouge sur les fesses ! D’ailleurs, pardonnez mon impolitesse ! Vous, la jolie blonde, vous êtes…
— Ferora.
— Et le petit bout de chou ?
— Je ne suis pas un petit bout ! bouda-t-elle.
— Darinao, présenta Ferora.

Les présentations finalement terminées, Jamal se rendit dans sa réserve et revint avec un sac en toile de lin.

— J’ai eu beau chercher, je n’ai que deux capes. Et pas de taille bout de chou ! Il faut dire que leur utilisation n’est pas prévue pour les enfants !
— Je ne suis plus une enfant !
— Dari… Merci monsieur Jamal, répondit Ferora en prenant le sac qu’on lui tendait.
— On vous doit combien ? demanda Eloah en mettant la main dans sa bourse.
— Appelez-moi simplement Jamal. Et gardez votre or. J’ai une dette éternelle envers vos frères !

Sur cette dernière réplique les filles remercièrent l’homme, Darinao grommela quelque chose d’incompréhensible en sortant, puis elles se dirigèrent vers le temple de Xélor pour se préparer.


Par Eloah

La nuit était noire, aucune étoile ne se laissait découvrir entre les nuages. Les rues d’Ochomène étaient elles aussi ténébreuses, les habitants étaient rentrés chez eux depuis longtemps, et les derniers fêtards s’étaient endormis là où leurs forces s’étaient évaporées. Seul un vieux disciple de Xélor parcourait encore la ville. Il avait pour s’éclairer une grosse lampe tempête qui étendait son cercle de lumière à peine quelques pieds alentour. Heureusement, il connaissait ces rues et ruelles aussi bien que le cadran et rouages de son horloge. Aussi, avançait-il plus par instinct que par repérage. Seulement, avoir une source de lumière dans la nuit empêche toute vision hors du cercle. Ce fut ce qui causa sa chute soudaine lorsqu’il traversa un carrefour.

— Mais, enfin ! Vous allez me dire ce qui s’est passé ? tempêta une jeune femme blonde aux vêtements disparâtres.
— Je crois que ce n’est pas vraiment le moment, là ! lui rétorqua une autre femme habillée d’une étrange cape noire déchirée en plusieurs endroit.
— Bah ! Ça m’aiderait à comprendre pourquoi nous avons la moitié du temple Osamodas à nos trousses ainsi que toutes les patrouilles du quartier !

Effectivement, c’était ce groupe composé de ces deux femmes, d’une enfant et d’un homme qui avait renversé le vieil homme en courant à travers les rues. Groupe qui était poursuivi par une importante troupe d’hommes et femmes brandissant des torches par dizaines. Le deuxième groupe était composé de gardes de la ville avec un disciple de Sadida à leur tête, et de disciples d’Osamodas accompagnés de diverses invocations. Ces dernières gagnaient de plus en plus de terrain sur le premier groupe.

Pourtant, quand les animaux allaient atteindre leur groupe, la femme à l’étrange cape se retourna et pria un sort à Sacrieur. Des épées firent alors leur apparition du néant et stoppèrent, net, l’avancée des poursuivants. La disciple reprit donc sa course et rejoint le reste du groupe qui tournait déjà dans la prochaine rue. Ils continuèrent à distancer leurs adversaires jusqu’à ce que leur souffle abandonne. A ce moment là, ils se trouvaient sur une petite place où trônait une fontaine en son centre. Le groupe voulut ainsi reprendre un peu d’air. L’enfant s’affala contre le rebord, la disciple de Sacrieur s’assit sur ce dernier et l’homme s’appuya à son côté. La jeune femme blonde s’appuyait sur ses genoux avec ses mains, puis lorsqu’un peu d’énergie lui revint, elle se redressa pour demander à sa compagne :

— Bon, là on est tranquille. Alors, Elo, dis-moi ce qui s’est passé dans ce fichu temple d’Osamodas.
— Bah, je n’ai pas tout compris non plus, Fero, figures-toi, répliqua son amie. Enfin bon, voilà ce dont je me souviens. Tout se passait à merveille, Uni avait bien repérer les lieux et nous guidait sans problème, Ahiâm et moi. Les capes faisaient parfaitement leur travail, aucun des disciples que nous avons croisé n’a pu nous repérer. Nous avons donc atteint l’enclos du sangliarche sans encombres. Il dormait, alors ça a été facile de l’approcher. Uni a commencé à l’examiner. Seulement, Tit’ n’a pu se retenir et a fait ses cabrioles sous le nez de l’animal. Ça n’a pas loupé, il s’est réveillé à cause des plumes qui l’ont fait éternuer. D’abord, il n’a pas sû contre quoi s’énerver puis finalement il s’est jeté contre Ahiâm et moi !
— Quoi ?! s’exclamèrent en chœur Darinao et Ferora.
— Ouai, on a eu la même réaction tout à l’heure. Ça ne m’était jamais arrivé avant, pas que j’avais déjà approché un sangliarche avec un cape Noctourne, mais… étaya le frère.
— C’est vrai, d’après ce que nous avait dit Jamal. Peut-être que les sangliarches, ou les invocations en général, ont une aptitude méconnue de nous. Enfin bref, nous avons pu échapper à ses assauts mais pas sans endommager les capes. Du coup, nous nous sommes fait repérer et on a sonner l’alarme. Tu connais la suite, nous t’avons rejoins avec la moitié du temple à nos trousses, on s’est enfuît, ils ont rencontré une patrouille de garde qui passait par là et qui a alerté leur chef. Depuis, on tente de les semer, rapporta Eloah.
— Oui, oui, et le message ? interrogea vivement la jeune disciple de Xélor.
— Nous l’avons, Dari, s’amusa Ahiâm. Par contre, je ne dirais pas où nous l’avons trouvé, exprima-t-il en grimaçant.
— Qui y a-t-il d’écrit dessus ? questionna la jeune femme blonde.
— Ça y est ! Les voilà ! Ils sont ici ! s’écria soudain une voix dans l’une des rues débouchant sur la place.
— Argh ! s’exclama le petit groupe.

Ils voulurent repartirent dans un rue. Malheureusement, des torches faisaient leur apparition un peu partout. Le groupe était apparemment cerné. Ils cherchèrent un moyen de s’échapper, mais la panique avait brièvement pris le dessus. Tout à coup, Darinao poussa une exclamation : « Là ! » Elle venait de remarquer qu’il n’y avait aucune lumière dans la ruelle la plus éloignée des autres. Le groupe commença donc à s’y diriger vivement. Ils allaient y pénétrer lorsque la jeune fille trébucha et s’étala de tout son long. Ferora s’en aperçue et revint sur ses pas pour l’assister. Seulement, les poursuivants étaient trop proches.

— Fero ! s’écria Eloah en voyant son amie et Darinao encerclées.
— Viens ! Il faut partir ! cria son frère.
— Non ! Non ! Je n’abandonnerai pas Ferora !
— Tu ne pourras pas l’aider si tu te fais prendre ! soutenu le disciple d’Eniripsa.
— Ah ! Ah ! Je vous tiens ! Ça ne sert plus à rien de courir ! proclama une voix bien connue.
— Vous ?!
— Oui, moi, jeune demoiselle. Je savais bien que vous nous causeriez des ennuis. Je le sens, moi, ces choses là. C’pas à un vieux de la vieille qu’on apprend à faire des grimaces ! Moi qui vous le dis, ah ! Ah ! Ah !
— Humpf, ne pu que répondre, sur le coup, la disciple de Sacrieur.


Par Ferora

— Mais, je les reconnais ! Ils sont venus me demander s’ils pouvaient voir le sangliarche ! s’exclama un disciple de haut rang du temple d’Osamodas.
— Ah ouais ? Et qu’est-ce que vous lui vouliez à ce cochon ? Le récupérer, hein ?! beugla le chef de la garde au petit groupe, en fixant particulièrement son regard sur celui d’Eloah.
— Mon ami, cette bande de tristes est bien incapable de contrôler une telle créature, certifia le disciple gradé du temple.
— Na ! siffla Eloah en direction du chef qui ne la quittait pas des yeux.
— Vous ferez moins la maligne, au frais ! assura le chef en réponse. Allez, emmenez-moi tout ça dans leur chambre d’hôtel ! finit-il par rigoler en donnant l’ordre à ses subordonnés.
— Vous n’allez tout de même pas emmener une enfant en prison ! interjeta Ferora aux soldats. Le chef sadida se retourna vers elle, la considéra gravement puis hocha la tête en signe d’approbation vers un soldat. Je ne veux pas de vice de procédure ou qu’on les libère parce que j’aurai mal traité une gamine ! Enfermez-la dans la dépendance de la tour !
— À vos ordres, chef ! assura un garde.
— En attendant de savoir ce qu’on fera de vous… grommela le chef.
— Mais de quoi sommes nous accusés à la fin ? tempêta Eloah.
— Elo… intervint Ahiâm.
— Je viendrais personnellement vous informer, à l’aube, de vos crimes, insolente ! répliqua le chef sadida avant de filer au devant avec un petit groupe de soldats pour raccompagner les disciples d’Osamodas au temple.

Ferora, Eloah, Darinao et Ahiâm furent ainsi escortés au cœur de la ville, dans une mini forteresse en pierre grise. La prison locale, mais pas seulement. Ce lieu renfermait également une haute tour blanche qui contrastait fortement avec son environnement.

— Dites bonsoir à votre amie, nous la conduisons en ce lieu, informa un soldat.
— Mais… On ne peux pas la laisser seule, elle n’a que 13 ans ! s’inquiéta Ferora.
— Écoutez, intervint Ahiâm, seule ma sœur et moi même avons pénétrés dans le temple. Elles n’ont rien à voir avec cette histoire, je vous l’assure.
— Elles étaient simplement au mauvais endroit, au mauvais moment ? Hein ? balança un autre garde.
— …
— À c’t’heure d’la nuit, une petite promenade innocente ? rajouta un troisième soldat avec un sourire malsain.
— Arrêtez de nous prendre pour des larves ! cria le premier garde.
— Mais… essaya Ferora.
— Silence ! Maintenant, avancez et je ne veux plus un mot. Vous avez assez fait de bruit pour cette nuit !

Le groupe se divisa alors à ce point, Darinao fut conduite à la tour Nacrée, lieu hautement gardé, résidence du gérant d’Orchomène et centre d’archivage de l’île. Eloah et son amie Ferora furent conduites dans un endroit plus sombre et plus humide, tout comme Ahiâm, la prison de la ville. Les deux filles furent enfermés ensemble ; Ahiâm, dans une autre cellule, et même, dans un autre bâtiment.

— Tiens ! Tiens… murmura une voix masculine provenant de la cellule mitoyenne à celle du frère d’Eloah. Je suis assez surpris de vous voir ici, continua-t-il.
— Pardon ? demanda Ahiâm.
— Moui… Ma mémoire me trompe rarement. Et ma vue est meilleure de nuit… Votre visage me dit bien quelque chose…
— Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré, coupa Ahiâm, je n’ai pas l’habitude de traîner dans les quartiers malfamés !
— C’est évident, sinon… Vous ne seriez pas ici… ironisa l’homme.
— Peut m’importe ce que vous pensez, laissez-moi !
— Votre petite amie sait-elle que vous êtes ici, jeune homme ? Ah ! Ah ! Ah ! se moqua-t-il.
— Je n’ai pas de petite amie ! Fichez-moi la paix !
— Mais c’est vous qui êtes venus vers moi ! Enfin, votre petite amie, qui ne l’ai pas…
— Le disciple de Sram, murmura Ahiâm comme pour lui-même.
— Lui-même, Skaros l’Impie, comme on m’appelle chez moi, se présenta l’homme en approchant son visage près des barreaux mitoyens des deux cellules.
— Je ne souhaite pas devenir votre ami. Vous êtes ici parce que vous l’avez mérité. J’ai soigné une victime de votre « passage » sur le marché, elle était salement amochée.
— La fin justifie les moyens, jeune soigneur.
— Je ne crois pas, non.

La discussion se termina ainsi. Deux gardes ayant entendu des murmures provenant des cellules, ils étaient descendus voir de quoi il s’agissait, et finalement, avaient décidé de se poster devant les cellules sur deux tabourets. Chaudement vêtus, ils ne craignaient pas la fraîcheur de la prison. Dans un autre bâtiment, deux femmes essayaient tant bien que mal de se tenir chaud.

— Brr… ’fais froid, bégaya Eloah glacée.
— J’espère que Dari va bien, songea Ferora.
— Ne t’inquiètes pas, je suis certaine qu’elle sera bien traitée.
— Tout ça pour rien… soupira Ferora.
— Mais…
— Quoi ?

Eloah se leva et chercha dans ses poches. Elle en sortit discrètement un parchemin.

— Ils ne nous ont pas fouillé ! s’exclama Eloah.
— Chut ! Ils vont nous entendre, murmura Ferora.


Par Eloah

Pendant ce temps, Darinao fut conduite à l’intérieur de la forteresse en un lieu isolé des autres bâtiments. Ses gardiens lui expliquèrent qu’il s’agissait d’une pièce où l’on confinait de temps à autre un garde qui désobéissait, se montrait trop insolent, et cetera. A l’intérieur, la jeune fille découvrit une pièce spartiate mais éclairée, sèche et pas trop froide, où se trouvait un lit avec un matelas usé mais intact et une couverture, aussi une petite table et une chaise en bois de chêne patinées par le temps, enfin, un pot de chambre dans un matériau qu’elle ne pouvait identifiée.

— Allez ! Rentres, et n’fait pas d’histoires. Si t’es sage, t’uras une part de notr’ déj’. S’non, pain sec et eau ! jura le garde qui la poussa dans la pièce assez vivement.
— Oui, ça va. J’ai compris, je ne suis pas idiote ! se rebiffa la disciple de Xélor.
— Humpf ! conclut-il en fermant la porte puis tournant la clef dans la serrure.

Dari se retrouva donc seule. Elle s’assit sur le lit qui grinça furieusement mais tint bon. Notre jeune disciple voulait faire le tri dans les évènements des derniers heures, seulement il lui manquait trop d’informations. Elle n’avait pu entendre les explications d’Eloah, couvertes par le vrombissement de son souffle en manque d’air. De plus, elle n’avait aucune idée du lieu où avait été conduits ses amis, la prison bien entendu, mais où ? Enfin, qu’est-ce qu’était exactement cet endroit ? A priori, il s’agissait du quartier général des gardes d’Orchomène. Seulement, la tour était trop somptueuse pour leur être dévolue, ça, Darinao en était sûre. A quoi, ou à qui, servait-elle ? Notre jeune amie avait beau réfléchir, elle n’avait jamais entendu parler d’une telle construction. Pourtant, elle avait étudié nombre de choses, en particulier l’histoire, depuis son arrivée impromptue dans cette époque. Finalement, elle utilisa ses dernières forces à réfléchir, et le sommeil l’emporta moins d’une demie-heure plus tard.

Au même moment, Eloah venait de lire le parchemin à la lumière qui filtrait par le soupirail. Apparemment, il était maintenant assez tôt pour que les artificiers déclenchent les boules qui servaient à dissiper les ténèbres de la cité. Les filles, avec leurs vêtements trop courts pour la prison, avaient réussi à tenir grâce à leurs efforts continus pour ne pas s’endormir et à se frictionner l’une l’autre. Quelques minutes plus tôt, un garde, sans doute pris de pitié, leur avait donné une métaria rouge afin qu’elles se réchauffent. Ferora, épuisée par la course-poursuite, la veillée, et l’inquiétude pour Darinao s’était endormie. Son amie, elle aussi, était épuisée, seulement, elle tenait absolument à lire le parchemin avant que le chef sadida n’est l’envie de rectifier son erreur.

Dans le même temps, Ahiâm, mieux couvert, avait pu réfléchir à un plan d’évasion s’ils n’étaient pas libérés sous peu. Malheureusement, celui-ci nécessitait l’aide de quelqu’un, si possible à l’extérieur des cellules. Or, Unician, le disciple d’Osamodas désincarné avait encore disparu, et Darinao était enfermée dans un autre endroit de la ville. Ah ! Si seulement, le disciple d’Eniripsa avait un animal, ou la capacité d’en invoquer un, il pourrait contacter ses amis, et même Jamal… Mais ! Ferora ! Le vieux cartographe lui avait bien donné un orbe, non ? Peut-être pourrait-elle lui demander de communiquer un message à son parrain. Oui, mais… Pensera-t-elle à l’orbe ? Et puis, pourquoi lui viendrait-il l’idée d’informer Jamal de leur situation. Non, mieux valait penser à autre chose.

— Toc ! Toc !
— R’veilles-toi, gamine ! cria un garde. Et, m’ts-toi au fond, sans f’ire ’histoires !

Puis, Darinao entendit la serrure se déclencher et la porte s’ouvrit. La pièce fut inondé de la lumière naissante du jour, au point que la jeune fille dû se protéger les yeux. Le garde entra et cacha en partie le soudain éclat. Il portait un plateau en bois sur lequel se trouvait un bol de lait de bouftou avec du blé, un morceau de pain au blé noir, et un verre de jus de fraise. Darinao mourrait de faim mais se retint de se jeter sur le plateau au risque que le garde le ramenasse en ne lui laissant que le pain. Celui-ci le posa sur la petite table en gardant toujours un œil sur sa prisonnière, puis voyant qu’elle se tenait tranquille, il s’apprêta à repartir lorsqu’un disciple de Crâ l’arrêta sur le seuil. Il devait avoir la quarantaine, portait la tenue typique de sa classe mais on sentait qu’il était puissant, son arc long se trouvait dans sa main gauche, la droite tenant une carcasse de bouftou guerrier pendant dans son dos.

— Un de vos camarades s’est encore soûlé, Batim ? demanda le nouveau venu.
— Heu… Non, non, gouverneur… C’est-à-dire que… répondit le dénommé Batim visiblement mal à l’aise.
— Ah ! Il a refusé d’obéir alors ? Ma foi, je le comprends, Garakhim use parfois de son autorité à mauvais escient. Cependant, il est efficace, et tant que ce sera le cas, je ne vois pas de raison de le destituer, exprima ouvertement le gouverneur d’Orchomène.
— Ah ! Heu… Oui, oui, bien sûr, sire, ne pu que répondre le garde de plus en plus mal à l’aise.
— Mais ?! Dites-moi, c’est une enfant ! s’exclama-t-il lorsqu’il aperçu enfin Darinao au fond de la pièce. Qu’est-ce que cela signifie, Batim ? interrogea le gouverneur furieux.
— C’est-à-dire que… Cette nuit, un groupe a pénétré illégalement dans le temple dédié à Osamodas. Ils ont énervé un sangliarche, le même qui avait saccagé la ville… commença à expliquer le plus vite possible la garde paniqué.
— Oui, oui. J’ai été informé de tout cela, Batim. Seulement, que fait cette petite dans cet endroit ?
— Et bien, elle faisait partie du groupe que nous avons arrêter, et…
— Et vous l’avez amenée ici ?! Dans cette pièce lugubre où même vos camarades ne tiennent pas plus de deux jours ! Vous êtes fous ! Ce n’est qu’une enfant, enfin ! tempêta le disciple de Crâ. Allez petite, viens avec moi, demanda-t-il à Darinao qui ne se fit pas prier et ne discuta même pas le « petite ».
— Mais… Mais, enfin sire ! Il faut qu’elle soit jugée, elle doit être gardée et…
— Tut, tut. Je prends l’affaire en main, ne vous occupez plus de rien. Et, estimez-vous heureux que je ne vous donne pas un blâme. Vous m’enverrez Garakhim dés qu’il sera là.
— Bien… Bien, sire ! salua le garde avant que son supérieur ne pénètre dans la tour avec sa prisonnière, qui ne l’était plus.


Par Ferora

Eloah luttait contre la lourdeur de ses paupières. Elle essayait, dès qu’elle était sûre de ne pas être vue par un garde, de lire le papier dérobé au sangliarche. Le manque de luminosité, la piètre qualité du parchemin et l’écriture fuyarde lui rendait la tâche difficile. De plus, l’écriture avait évolué en 1000 ans, certaines formes de lettres étaient inconnues de la disciple de Sacrieur. Mais avec un peu de concentration et d’analyse, elle finit par réussir à décrypter son contenu. Puis, elle cru entendre une voix familière au dehors, celle du chef sadida. C’était l’aube, il semblait qu’il allait tenir sa promesse, leur rendre visite et leur présenter les charges retenues contre elle et ses amis. Son cœur battant, elle se doutait que la nuit avait porté ses fruits pour le chef des gardes, et qu’il allait sûrement procéder à une fouille. Personne ne devait lire le parchemin. Il lui vint alors la folle idée de s’en débarrasser. Le caché ? Où ? Comment le récupérer ? C’était trop risqué… Elle invoqua alors le seul sort de magie du Feu qu’elle connaissait, la ridicule flammèche. Le parchemin s’embrasa. Il fut consumé en quelques secondes. Les gardes arrivaient…

— Debout, là-dedans ! hurla Garakhim en pénétrant dans la prison, faisant sursauter Ferora à l’occasion. Ça sent le cramé, là-dedans !
— Elo ? murmura Ferora qui avait senti également cette odeur de brûlée. Son amie lui adressa un clin d’œil sans mot dire.
— Qu’est ce que vous fabriquez encore, vous ? accusa Garakhim en s’adressant aux deux femmes. En guise de réponse Eloah lança une flammèche sur une araignée qui vivait sa vie dans un coin de la cellule, indifférente aux humains, avant de mourir, brulée.
— Je ne supporte pas les arachnides. Alors je les tue, finit par déclarer Eloah avec un sourire arrogant.
— Ah ! Ah ! Ah ! Alors on a pas dormi de la nuit à cause des petites bêbêtes ? Comme c’est touchant, j’en pleurerais presque ! se moqua le chef de la sécurité.
— Finalement, vous sauriez nous dire de quoi nous sommes accusés ? continua Eloah avait son éternel regard de défi envers le chef.
— Au moins d’avoir pénétrer en pleine nuit dans un temple Sacré et d’y avoir foutu le bordel ! Mais… Une petite fouille devrait nous en dire plus.

Le chef annonça ce contrôle avec un sourire malicieux, il fit signe en même temps à un de ses subordonné d’ouvrir la cellule. Deux gardes pénétrèrent dans la cellule tandis que trois autres pointaient leurs arbalètes sur les filles, à travers les barreaux. Ils commencèrent par les faire asseoir dans un coin de la cellule en leur conseillant vivement de ne pas bouger d’un pouce, ce qu’elles firent sans rien dire. Le sourire qu’affichait Eloah rassura Ferora. Son amie ne semblait pas inquiétée par la fouille, elle ne devait donc pas l’être non plus. Et puis, Ferora savait aussi qu’Eloah n’avait absolument aucune araknophobie. Cela ne faisait que trois ou quatre minutes que les gardes dépouillaient les affaires des deux femmes, sous le regard inquisiteur de leur chef, quand un énième soldat se présenta devant la cellule.

— Bonjour, chef !
— Je suis occupé, là, Batim ! grommela le chef.
— Je sais, chef. Mais le gouverneur vous fait demander.
— …
— Tout de suite, chef…
— Rhâ ! Quelle plaie ! Bon, continuez la fouille. Dès que vous avez du nouveau, venez me prévenir, ordonna-t-il à ses soldats, vous savez où le trouver !

Puis Garakhim s’éloigna, laissant les deux femmes en compagnie de cinq soldats.


Par Eloah
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