Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Au même instant, le gouverneur d’Orchomène et sa nouvelle protégée pénétraient dans la cuisine de la tour. A cette heure, la pièce était, bien entendu, très animée. Trois cuisiniers d’âge mûr donnaient leurs ordres aux marmitons et autres aides de cuisines, tandis qu’une jeune femme parcourait leurs rangs en goûtant les plats, rectifiant les erreurs, rassurant les derniers arrivés qui commençaient à paniquer, et caetera. Dans son inspection, elle se rapprocha du gouverneur qui l’appela alors.

— Maître Coq, bonjour. Cette jeune fille est sous ma protection et n’a pas encore petit-déjeuner. Je voudrais vous la confier, demanda le disciple de Crâ.
— Bonjour, gouverneur. Mais, oui, il n’y a pas de problème. Je n’ai pas engagé ces trois cuisiniers pour qu’ils se tournent les pouces, plaisanta la jeune femme. Ne vous inquiétez pas, je vais vous la chouchouter.
— Hum… Pas trop non plus, je vous connais Nowëna, n’allez pas la gaver de gâteaux et autres sucreries. Ça la rendrait tout aussi malade que vos autres victimes, taquina le gouverneur.
— Puff ! siffla Nowëna en prenant la main de la jeune fille. Allez ! Suis-moi, ne laisses pas ce vieux râleur médire de moi, dit-elle en souriant avec un clin d’œil complice à sa nouvelle amie.

Le gouverneur quitta alors la pièce pour se rendre dans son bureau et y accueillir le chef de ses gardes, Garakhim. Celui-ci ne tarda pas à arriver, un masque d’impassibilité sur le visage, sans doute pour cacher sa colère d’être ainsi convoqué.

— Garakhim, je ne vous félicite pas d’avoir laissé une gamine passer la nuit dans l’isoloir des gardes.
— Bien, gouverneur ! Toutefois, sachez qu’à l’heure tardive où nous avons appréhender les coupables, je ne voyais pas d’autre solution, monsieur, voulut s’expliquer le chef des gardes.
— Il y a toujours une solution, Garakhim. Il suffit de vouloir la chercher. Malheureusement, vous avez parfois tendance à rechercher la facilité… Tâchez à l’avenir de mieux réfléchir.
— Oui, gouverneur.
— Bien. Et, puisque vous êtes là, rendez-moi compte personnellement des évènements de cette nuit.
— Oui, monsieur, s’exécuta le disciple de Sadida immédiatement.

Pendant ce temps, Darinao et Nowëna avaient sympathisé et la première racontait une partie de son histoire à la seconde. Cette dernière avait quelque mal à croire tout ce que la disciple de Xélor lui contait. Néanmoins, ne voulant pas la vexer, elle écoutait d’une oreille attentive tout en lui resservant régulièrement des crêpes aux confitures recouvertes de miel. Ce à quoi, la jeune fille faisait honneur sans même s’en rendre compte, trop absorbée par sa conversation au débit toujours impressionnant. Au moment où elle venait de raconter comment le chef des gardes les avait rattrapés, un disciple de Féca fit son entrée dans la pièce où elles étaient assises à la table à manger des employés.

— Salut, Nowëna. Bonjour, petite, salua celui-ci en s’avançant vers elles. Le gouverneur voudrait te voir, jeune fille.
— Ah ! Moi ? s’étonna celle-ci.
— Oui, il voudrait te poser des questions. Le chef des gardes sera là, lui aussi, précisa ce dernier.
— Ah ! Heu… Bien, je vous suis, monsieur.
— Finis ta crêpe avant, Dari, intervint Nowëna.

Elle la termina donc, se leva, dit « Au revoir ! » à la jeune femme, et suivit le disciple de Féca qui l’amena rapidement au bureau de celui de Crâ, gouverneur d’Ochomène.


Par Ferora

— Qu’est ce que c’est que cette… chose ? demanda un garde qui tendait l’orbe de Ferora dans sa main.
— Un souvenir… soupira Ferora en faisant une triste mine. Cette tête, et les vêtements qu’elle portait rassura le garde, elle était bien une étrangère, visiblement de très loin — il n’avait jamais vu pareil accoutrement — et semblait niaisement attachée à cette boule assez moche, selon ses goûts.
— Tenez, prenez-le, ça m’encombre ! Tu as trouvé quelque chose, Hedgo ? demanda-t-il à un de ses camarades qui finissait de fouiller la besace d’Eloah.
— Rien à part cette cape pourrie, des cordages et autres trucs sans intérêt. D’ailleurs, c’est pour quoi faire ces cordages ?
— Nous sommes parfois amenées à dormir en forêt, alors… C’est pour fabriquer des abris, concéda Eloah avec un accent du terroir forcé, qui sembla naturel aux gardes.
— Tss ! C’sont des paysannes, elles se sont plus senties dans une grande ville, voilà tout, murmura le garde qui fouillait les affaires de Ferora à son ami Hedgo, en guise d’explications des évènements.
— Hé ! s’insurgea Ferora qui avait très bien entendu, comme tout le monde.

Après avoir adressé un regard de pitié sur les deux jeunes femmes, l’ensemble des gardes sortit de la cellule, laissa à terre les affaires éparpillées et s’en allèrent en prenant soin de bien fermer tout à double tour.

— Qu’as-tu fais du parchemin ? chuchota Ferora, un peu inquiète.
— Je l’ai lu, puis brûlé. Tout est là, assura Eloah en pointant son index sur sa tempe.
— Alors, raconte ! s’impatienta Ferora.
— « Quittez la ville au plus vite. Je suis suivis. Je ne pourrais pas me rendre au Temple avant trois jours. RDV à l’endroit habituel. Votre dévoué… »
— Et c’est tout ?
— Oui, c’est tout.

Pendant ce temps, Ahiâm ouvrait les yeux. Il avait passé une très mauvaise nuit. La veille bruyante des gardes s’enivrant et jouant aux cartes devant sa cellule, le froid, l’humidité, un rat… Heureusement pour lui, il avait quelques connaissances pour rétablir un corps meurtri. Il s’assit en tailleur sur le sol de sa cellule. C’était plutôt calme à cette heure. Les gardes étaient partit prendre leur petit-déjeuner, les autres détenus ne faisaient pas de bruits, perdus dans leurs plans d’évasion ou encore dans les bras de Morphée. En position du lotus, donc, il se concentra et murmura dans sa tête, un chant mélodieux féérique. Une aura invisible se forma autour de son corps, le réchauffant et soulageant ses points de courbatures. Il tut ce chant dans son être, et l’aura se désagrégea d’elle même au bout de quelques minutes. La fatigue demeurait, mais il se sentait un peu mieux.

— Bien dormi, camarade ? demanda le disciple de Sram, voisin de cellule.
— …
— Tu m’apprendrais ton truc, là ?
— Impossible. Il faut être sain de corps, et d’esprit, grinça Ahiâm en insistant sur la fin.
— La pureté d’une âme n’est qu’une question de point de vue, jeune soigneur. Il y a bien des âmes que j’ai prises que Sram lui même n’a pas voulu ! rigola-t-il.

En guise de réponse Ahiâm adressa un regard glacial à son voisin, puis dirigea son regard vers l’infime rayon de soleil qui parvenait dans sa cellule. Ferora et Eloah allaient-elles bien ? Darinao avait-elle été mieux traité, comme on l’avait dit ? Des dizaines de questions se bousculaient dans sa tête. Sa réflexion fût interrompue promptement par le son de pas lourds qui s’approchaient.

— C’est vous le dénommé Ahiâm ? beugla un garde qui avait trop bu la veille.
— Oui.
— Faites pas l’malin. Prenez vos affaires et magnez-vous ! ordonna le garde en ouvrant la cellule du disciple d’Eniripsa.
— Hey ! cria Skaros en agrippant le bras d’Ahiâm au moment où il passait au niveau des barreaux mitoyens des deux cellules, ravi de d’avoir rencontré, finit-il par dire en voyant le regard courroucé du garde.

Ahiâm fut conduit en dehors de la prison et livré à un petit groupe de 5 gardes qui allaient alors l’escorter jusqu’en dehors de la ville.

Ahiâm prit le parchemin que le chef apparent lui tendait et marcha en direction du Nord, sous le regard désapprobateur des gardes restés planter devant la porte de la ville. Il lit ce parchemin en errant. Il s’agissait d’une lettre du Grand Prêtre du Temple adressé à Ahiâm.

Cette formule signait la lettre, un seul homme répétait sans cesse ces mots à ses jeunes disciples. Le premier Maître qu’Ahiâm avait eu pour professeur, après son père.


Par Eloah

Au moment où Ahiâm était conduit hors de la ville, le disciple de Féca avait escorté Darinao à la porte du bureau du gouverneur. Il frappa un coup à la lourde porte de chêne de laquelle traversa bientôt les paroles d’invitation à entrer. La jeune fille entra alors sous l’ordre de l’homme qui referma la porte à sa suite et reparti à son travail. Darinao découvrit alors une pièce spacieuse avec, sur la droite, une grande fenêtre par où entrait la lumière du soleil de milieu de matinée. En face de celle-ci était une haute bibliothèque qui comportait toutes sortes d’ouvrages reliés ou non, rangés ou non, et tous semblaient être consultés régulièrement. Un buffet se trouvait contre le mur à gauche de l’entrée, des résidus de nourritures et de boissons encore dessus. Enfin, derrière le gouverneur était placardée une carte d’Orchomène où des espèces de fanion devaient servir de repère pour signaler des choses dont Darinao ignorait tout. Trois personnes se tenaient dans le bureau, le gouverneur, bien sûr, le chef des gardes comme annoncé, mais aussi le Grand Maître du temple de Xélor d’Orchomène.

— Bien ! Nouvelle salutation, jeune fille, accueillit le gouverneur.
— Oui, monsieur, se contenta de répondre Dari intimidée par la présence du Grand Maître.
— Garakhim m’a expliqué les événements de cette nuit, de son point de vue. J’aimerai, maintenant, connaître le tien. Dans cette optique, j’ai fait venir ton supérieur pour qu’il puisse juger par lui-même.
— Humpf… soupira le disciple de Sadida qui ne comprenait pas la magnanimité du disciple de Crâ.
— Bien, monsieur.
— Nous t’écoutons.

— Alors, là ! Dari, il va falloir que tu m’expliques comment tu as réussi ce coup-là, s’étonnait une disciple de Sacrieur devant la prison d’Orchomène.
— Hi ! Hi ! Hi ! Me croirais-tu, Elo, si je te le disais ? s’amusa la jeune fille.
— Oh ! Je suis à peu près sûre que rien ne m’étonnera plus maintenant, plaisanta son amie.
— Je penses tout de même que nous devrions choisir un meilleur endroit pour écouter Darinao. Le chef sadida n’avait vraiment pas l’air ravi de nous voir nous en sortir à si bon compte, fit observer leur compagne.
— Oui, tu as raison, Fero. Allons dans la taverne où nous avions retrouvé Ahiâm.

— Deux bières, et un lait de kokoko, s’il-vous-plaît ! commanda Eloah.
— Du lait ?! C’est pas juste… Je mérite mieux que ça !
— Oui, oui, répondit distraitement Ferora car ce n’était pas la première fois qu’elle disait cela.
— Voilà, voilà ! Alors, deux bière pour ces d’moiselles, et le lait de la petite. Ça f’ra 4 kamas po’r les bières et 3 po’r le lait, c’est qu’on n’en trouve pas sous le sabot d’un bouf’ par ici, expliqua-t-il devant l’air surpris des jeunes femmes.
— Mouai… Tenez ! Voici votre argent, remercia la disciple de Sacrieur qui était la déteneuse de la bourse du groupe.
— Bien, alors Dari ! Tu nous racontes comment tu nous a fait sortir ? demanda Ferora.
— Et où est mon frère ? ajouta la disciple de Sacrieur.
— Oui, oui. C’est tout bête en fait. Quand ils nous ont séparés, ils m’ont enfermée dans une espèce de cabane sans fenêtre qui sert d’isoloir ou je ne sais quoi. J’ai eu un mal de siamwa à m’endormir, heureusement qu’il y avait quand même des couvertures. Mais le matin, y’a un garde qui m’a réveillée en sursaut. Il m’a ordonnée de mettre au fond de la pièce et il est entré avec un plateau, mon p’tt-déj’ qu’il disait, mais j’aurais préféré la tambouille d’Eloah qui est déjà plus appétissante. Mais là, y’a un disciple de Crâ qui est venu parler au garde. Il lui a posé des questions et tout, et puis, il m’a vue. Là, il a été très en colère et il a ordonné au garde de lui expliquer ce que je faisais là et tout. Après, il m’a emmenée à la tour, dans une immense cuisine où il a demandé à une femme de me servir un vrai p’tt-déj !
— Mais, heu… Attends une minute. Qui c’était ce disciple de Crâ pour commander au garde et aux cuisines ? s’étonna Eloah.
— Oui, c’est vrai ça ! approuva Ferora.
— Bah ! Les filles ! C’était le gouverneur, bien sûr ! Enfin, voyons… répondit la jeune fille très amusée de la stupéfaction de ses amies.
— Oui, évidement… ne purent que répondre celles-ci.
— Alors, il est parti en me laissant avec la chouette dame qui m’a donnée plein de gâteaux !
— Et après tu diras encore que tu n’es plus une enfant…
— Mais, un disciple de Féca est venu au meilleur moment de mon récit, continua la jeune fille en ignorant complètement son amie, pour m’emmener dans le bureau du disciple de Crâ de tout à l’heure. Il y avait notre copain, le chef des gardes, mais aussi le Grand Maître de mon temple… ’fin bref, ils voulaient connaître mon histoire pour la nuit dernière.
— Et que leur as-tu dit pour qu’ils nous libèrent si facilement, intervint Ferora.
— J’y viens, j’y viens, Fero, taquinait-elle. Et bien, je leur ai raconté la meilleure histoire que j’ai jamais inventé, foi d’Egeinal !
— Et… Ils t’ont crue ! s’exclama Eloah stupéfaite avant même que Fero n’ai pu réagir.
— Bah ! On est bien là, non ? ironisa la jeune disciple de Xélor.
— Mais, quelle histoire leur as-tu donc raconter ? Et, Ahiâm ? interrogea encore son amie.
— Hé ! Hé ! C’est mon p’tt secret, jubila-t-elle en lui tirant la langue. Quant à ton frère…
— Ah ! Vous voilà ! Je vous ai cherché dans toute la cité quand j’ai appris votre libération, déclara soudain une voix masculine.
— Jamal ! s’exclamèrent les filles.


Par Ferora

— Les ragots vont aussi vite qu’une traînée de poudre qui s’enflamme, dans cette ville. J’ai entendu parlé d’un groupe d’étrangers qui avait mit à sac le temple Osamodas et kidnappé des prêtres…
— Quoi ! s’exclamèrent-elles.
— Je me disais bien qu’il y avait une bonne part de dérives dans ces commérages… Enfin, ce qui a retenu mon attention c’est qu’on disait avoir retrouvé de curieux morceaux de tissus aux reflets variants. La description qui en était faite me mit la puce à l’oreille… Mes capeméléons !
— Oui… Je, je suis désolée, Jamal, s’excusa Eloah.
— Bah, ne vous en faites pas, j’en tisserai d’autres ! Enfin, après m’être renseigné plus précisément, ce qui m’a coûté quelques kamas je dois dire, rigola l’homme, j’ai appris votre situation. Aussitôt, je suis allé voir le Grand Maître du Temple d’Eniripsa et l’ai informé des évènements.
— Le Grand Maître ? interrogea Ferora.
— Moui. J’osais espérer qu’il obtiendrait votre libération compte-tenu de divers éléments le reliant à Ahiâm. Ça a marché, non ? Si vous êtes là ! Et d’ailleurs, où est le petit chenapan ?
— C’est grâce à moi que nous sommes libres, déclara Darinao la tête haute.
— Nous ne sommes ici que parce que Dari a menti, oui, concéda Ferora.
— Mais, personne ne sait où est Ahiâm ? s’inquiéta Eloah.
— Le Grand Maître m’a assuré de sa libération, rassura Jamal.

Un silence de mort s’imposa. Le tavernier, ayant reconnu un de ses habitués, apporta à Jamal un gobelet de vin. Ce dernier le remercia d’un sourire.

— Ne t’en fais pas, Eloah, poursuivit Jamal en posant sa main sur celle de la disciple de Sacrieur, ton frère connaît bien le coin. Il n’est pas en danger, je te le promets.
— S’il a été libéré, les gardes doivent savoir où il est ? suggéra-t-elle pensive.
— Ce n’est pas notre ami le chef Sadida qui va nous le dire, en tout cas, rappela Ferora.
— Le chef Garakhim ? Vous ne vous êtes pas fait que des amis, ici, constata Jamal, mais ce militaire est bien connu pour son manque de diplomatie et son côté… brute ! Il est déjà pas facile avec les habitants d’Orchomène, alors avec des étrangers… Bon, j’ai des contacts qui devraient pouvoir me dire où ils l’ont emmené. En attendant, préparer vos affaires, si vous avez obtenu d’être libérées, soyez sûres que Garakhim fera tout ce qu’il peut pour vous mettre dehors. Et malgré tout, il a tout de même beaucoup d’influence. Seul le Gouverneur doit pouvoir lui dire « non ». Enfin… Retrouvons-nous chez moi. Ma vendeuse vous accueillera, si je ne suis pas encore arrivé.
— On doit partir ? s’inquiéta Eloah.
— Je crains que ce soit, effectivement, la meilleure chose à faire. Pourquoi ? D’autres choses de prévues ici ?
— Non, non, répondit pensivement Eloah tandis que Jamal se levait.
— Allez, à tout à l’heure.

Jamal quitta les trois filles et régla la note pour la table entière. Au moment où il disparut par la porte de la taverne, Eloah se tourna vers Ferora et se mit à chuchoter.

— Cette maison, Fero !
— Quelle maison ? chuchota-t-elle à son tour.
— Celle derrière le temple ! On doit y aller !
— Jamal a raison, mieux vaut partir. Sans compter qu’on doit être suivies et surveillées de près, à mon avis.
— Très bien. Alors, séparons-nous.
— Quel plan farfelu imagines-tu encore ?
— Toi et Dari, faites ce que vous voulez. Moi, je me rends au temple de ma Déesse. J’espère y trouver Shadan, et qu’il pourra encore m’aider.
— Elo…
— Ne t’inquiètes pas, je ne ferai pas de folies.
— Ce qui est curieux, c’est que je m’inquiète dès que tu me dis de ne pas m’inquiéter !

Ferora et Darinao escortèrent Eloah jusqu’à son temple. Puis, elles se dirigèrent toutes les deux vers le temple de Xélor pour y rassembler leurs affaires. En même temps, Eloah parcourait son temple à la recherche de Shadan. Introuvable, elle demanda à quelques passants s’ils savaient où elle pouvait le trouver. L’un d’entre eux lui apprit qu’il était certainement en cours de combat au corps à corps. Elle décida donc d’aller prier Sacrieur, en attendant la fin du cours de Shadan. Ce moment vint un quart d’heure plus tard. Eloah plongée dans sa prière fut interrompue par une tapote sur son épaule droite.

— Tu me cherchais ?
— Oh ! Bonjour, Shadan. Oui, je voulais te voir.
— Viens, allons discuter dans un endroit plus approprié, suggéra-t-il.
— Hum, ça avance ton enquête sur ton disciple là ?
— Celui des Sœurs ? Non. Tu as de nouvelles infos ?
— Non plus. Mais je voudrais me rendre dans cette maison dont tu m’as parlé.
— Cette nuit ?
— Non, non. Je ne sors plus la nuit, ici. Non, je pensais plutôt maintenant.
— Quoi ? En plein jour ?
— Et bien, oui. Quoi de plus naturel que de se rendre chez un ami en plein jour ?
— Un ami ? C’est un ami à toi qui habite là ?
— Non. Mais aux yeux de tous, ça pourrait l’être.
— Je comprends… Mais, tu crois qu’on va nous ouvrir la porte comme ça ? Et nous proposer un café aussi ?
— Rhô… Au moins, j’aurais tenté quelque chose. Et on pourra peut être voir un visage, se sera toujours ça…
— Mais, pourquoi tu as besoin de moi ? Tu as peur d’y aller seule, se moqua-t-il.
— Mais nan ! Mais, je crois que je suis surveillée. Et accompagnée de toi, ça paraîtra…
— Ça paraîtra quoi ?
— Ben, une situation normale quoi. Allez ! Allons-y ! Le temps me presse.
— Hé ! Mais… J’ai des choses à faire, là, maintenant !
— Je te promets que c’est la dernière fois que je t’embête. Plus vite on règle ça, plus vite tu auras la paix ! promit Eloah avec un grand sourire et une forte inspiration faisant gonfler sa poitrine.
— Très bien, très bien. Tu as gagné… Laisse-moi tout de même le temps de me changer !

Finalement, Eloah et Shadan marchèrent tranquillement jusqu’au temple Osamodas. En arrivant devant ledit temple, Shadan nota qu’Eloah enfila sa capuche et se cachait derrière lui. Il songea un instant qu’elle était peu être impliquée dans cette folle histoire de la veille dont il avait eu écho. Mais il chassa cette pensée rapidement, Eloah lui inspirait confiance et cette histoire avait mille versions. Ils contournèrent toute la façade Ouest du temple et découvrir derrière celui-ci un tout petit hameau de maisons, dont une se distinguait des autres par ses quatre étages.

— C’est cette maison ? demanda Eloah en désignant la bâtisse aux quatre niveaux.
— C’est là, oui.
— Bon, et bien, en avant.

Eloah frappa trois fois, sans aucune réponse. Ils décidèrent après un moment de faire le tour de la maison. Il y avait une entrée à l’arrière. Sans plus de succès. Eloah examina la porte de derrière et concentra son attention sur la serrure.

— Il me vient une idée, informa-t-elle en sortant de sa poche la clé qui était apparue dans sa bière.
— Ne me dit pas que tu as les clés de cette maison !
— Je te réponds dans trente secondes, fit-elle en insérant la clé dans la serrure.
— Ça n’a pas l’air de tourner…
— Et crotte ! Je me disais aussi… Ça aurait été facile…
— Tu veux essayer la porte de devant ?
— C’est la même serrure… Non je vais opter pour la fenêtre.
— La quoi ? Non, Elo tu ne vas pas…
— Mais non !
— Que fait-on ?
— Attends, je réfléchis… répondit Eloah en fixant Zéphyr qui ronronnait à ses pieds. Zéph’ ?
— Miaouu ? miaula le chacha.
— Ne me fais pas croire qu’il te comprend !
— Évidemment que si ! Il est très agile, il va se faufiler par ce trou, là !
— Et après ? Tu vas lui dire de nous ouvrir de l’intérieur ? ironisa Shadan.
— Tss… Faudrait sortir un peu de ta ville, Shad’ ! Observe et prends-en de la graine !

Eloah fit comprendre à Zéphyr de passer par le trou indiqué. Ce fut avec quelques difficultés et sous les moqueries de Shadan qu’Eloah parvint à faire passer son chacha à l’intérieur de la maison. Elle entendit son chacha miaulé au bout de quelques minutes.

— Il s’est coincé ! C’est malin !
— Mais non, c’est bon. Il est en place, c’est tout !
— En place pour quoi ? s’inquiéta Shadan qui ne comprenait rien à la situation.

Avant même qu’il ait fini sa phrase, Eloah le serra dans ses bras, à sa grande surprise, et la demi-seconde suivante, après avoir senti comme une rafale de vent contre lui, Zéphyr se retrouva dans ses bras. Le chacha ronronnait, Eloah avait disparue. Shadan tournait sur lui même, à la recherche d’Eloah, tandis que Zéphyr appliquait sa langue rugueuse sur ses mains. Au bout de quelques minutes, la porte s’ouvrit, laissant apparaître Eloah dans l’encadrement.

— A-ma-teur ! décomposa-t-elle en lui ouvrant le passage.
— Tu es folle ! Si jamais ton chacha était resté dans un endroit où seul un chacha peut tenir, justement, tu serais morte !
— Mais non ! Zéphyr sait très bien la place qu’il me faut. C’est pour ça qu’il miaule, c’est un signal, tu vois !
— J’avoue. Je suis plutôt impressionné.
— Je comprends, se vanta Eloah très fière, allez entre, j’ai quelque chose à te montrer.
— Déjà ?

Zéphyr s’était glissé par un trou conduisant à la cave de la maison. En remontant de cette cave pour aller ouvrir la porte, Eloah avait découvert l’entrée d’un tunnel.

— Tu veux vraiment aller voir où ça mène ? s’inquiéta Shadan.
— Etant donné la direction, j’ai déjà ma petite idée.
— Sous la ville, c’est certain.
— Le bâtiment remarquable le plus proche étant… mit en suspend Eloah comme pour faire partager sa réflexion.
— Le temple d’Osamodas ?
— Juste un aller-retour pour s’en assurer, reste là. Je reviens vite.


Par Eloah

Pendant ce temps, Ferora et Darinao étaient arrivées au temple Xélor. Les disciples qu’elles croisèrent vers la chambre de la jeune femme leur jetèrent des regards suspicieux, eux aussi devaient avoir entendu les rumeurs des événements de la nuit dernière. Aussi, Fero rangea-t-elle rapidement ses affaires en prenant bien garde de ne rien oublier, avant de passer à la chambre de son amie. Comme à son habitude, Eloah rangeait parfaitement ses effets. Par conséquent, elles eurent vite fait de tout rassembler. Enfin, si Sibur n’avait pas eu une soudaine envie de jouer avec le foulard de la disciple de Sacrieur. Heureusement, il finit par se lasser devant les incessantes demandes de sa maîtresse de le lui rendre. L’incident clos, elles se dirigèrent vers la chambre d’Ahiâm qu’elles découvrirent vide. Ainsi, Jamal n’avait pas menti, le prêtre d’Eniripsa avait bien obtenu sa libération. Seulement, si ses affaires n’étaient plus là, c’était qu’on l’avait sans doute obligé à quitter la ville.

Comme ni Dari, ni Ferora n’y pouvaient quelque chose, sinon espérer le retrouver quand elles quitteraient elles aussi la cité, les deux compagnes se dirigèrent vers la dernière chambre, celle de la jeune disciple de Xélor. Bien entendu, le responsable fit de l’obstruction en prétextant qu’une apprentie n’avait rien à faire là pendant la journée. Encore une fois, cela risquait de dégénérer. Heureusement, le Grand Maître qui avait appris leur arrivée apparût à ce moment là. Il venait s’assurer que le groupe allait bien, mais aussi, qu’elles quitteraient le plus rapidement possible la cité. Apparemment, il n’avait pas crû l’histoire de Darinao sans pourtant le signaler au gouverneur. Seulement, il fallait maintenant qu’elles partent avant qu’il ne s’en aperçoit. Il expliqua donc au responsable que Darinao était bien sous la responsabilité de la disciple de Féca et de son amie Sacrieur jusqu’à la fin de son voyage initiatique, et qu’elles devaient présentement partir. Réalisant que son supérieur donnait raison aux filles, il rentra dans son bureau en ronchonnant et ne fit plus de difficultés.

Après la dernière visite à la chambre de la jeune fille, celles-ci se rendirent aux enclos où les attendaient les trois dragodindes d’Eloah. Elles vérifièrent leur état en appliquant de leur mieux ce que leur avait appris leur amie durant leur voyage. Jugeant qu’elles étaient en pleine forme et bien nourries, Ferora les chargea de leurs affaires, puis les fit sortir de l’enclos en tenant deux par la bride, Dari faisant de même avec la dernière. Le Grand Maître les ayant accompagnées, la disciple de Féca le remercia chaleureusement de son hospitalité, s’excusa de son coup de colère l’avant-veille, et exprima sa gratitude au nom de son amie pour les soins apportées à leurs montures. Leur hôte les remercia à son tour, puis ils se firent leurs adieux.

Les deux compagnes quittèrent alors le temple dédié au Dieu du Temps et de l’Espace et rejoignirent la rue très animée en cette fin de matinée. Le jeune femme s’inquiétait des activités de son amie, malheureusement, celle-ci avait raison et elles ne pouvaient la rejoindre. Aussi, eut-elle l’idée de se rendre une dernière fois à la place du marché, voir si elle pouvait remplacer ce qu’avait abîmé les gardes en les fouillant, ou même découvrir de nouvelles choses utiles à leur quête. A part, elle avait également l’envie de revoir le disciple d’Enutrof cartographe. Peut-être aurait-il des informations sur les lieux de réunion des Sœurs de Dathura, lui qui avait parcourut une bonne part de ce monde.

Hélas, quand elles arrivèrent à la zone « réservée » aux cartographes, le stand de celui-ci avait disparu. Déçue de ne pas le trouver, elle sortit l’orbe qu’il lui avait remise. S’en servant pour la première fois, elle hésita à se lancer, d’autant plus que tout ses sorts avaient échoué depuis qu’elle n’était plus une Ryukana. C’est à ce moment qu’un des confères de Lasat les interpella :

— Hé ! C’est vous la jeune femme blonde qui a voyagé dans le temps ?
— Heu… Oui.
— Ah ! Enfin ! Deux heures que je vous attends.
— Hein ! Quoi ?! Pourquoi ? s’étonna celle-ci.
— Bah, franchement, je sais pas trop. C’est Lasat qui voulait absolument que je vous remette un mot. Il était sûr que vous reviendriez ce matin, alors il me l’a demandé à moi, expliqua le disciple de Sadida.
— J’avoue être un peu perdue…
— Oh ! Ne vous en faîtes, il fait le coup à tout le monde. Il adore surprendre son monde et organiser des coups de théâtre. Remarquez que vous aussi, vous lui en avez joué un pas mal en venant du passé. Il ne s’en ai pas remis de l’après-midi ! Faut dire aussi que c’était la première fois qu’on avait enfin une carte exacte du monde avant la catastrophe. Vous saviez qu’il avait parcouru les îles de long en large pendant de nombreuses années pour arriver au résultat que vous avez vu. Et voilà que vous lui sortez que presque rien n’est à la bonne place, ha ! Ha ! Ha !
— Non, je l’ignorais. Si j’avais sû, je me serais montrée plus diplomate…
— Vous en faîtes pas pour ça, c’est un disciple d’Enutrof comme on en rencontre peu. Lui, ce qui l’intéresse, ce n’est pas tant le trésor indiqué sur la carte, mais plutôt la carte elle-même. Ça, c’est un trésor pour lui de tracer des cartes qui mènent à des richesses, ou autres chose d’ailleurs.
— En effet, c’est assez rare comme comportement pour un disciple du Dieu de l’Avarice.
— N’est-ce pas !
— Mais, vous n’aviez pas un message à me donner ? rappela la jeune femme.
— Si, si. Vous avez raison. Attendez un peu que le retrouve. Ah ! Le voilà. Tenez ! Et, vous lui direz bien que j’ai fait mon travail, hein ?
— Oui, oui. Ne vous inquiétez pas. Merci beaucoup, le remercia-t-elle tandis qu’il lui faisait le signe d’adieu avant de se fondre dans la foule du marche.
— Alors ! Alors ! C’est quoi, Fero ? s’empressa de questionner Darinao.
— Hé ! Attends que je l’ouvre, s’amusa cette dernière.

Il s’agissait d’un parchemin roulé tenu par un ruban rouge fermé d’un sceau représentant le blason des Ryukane. Ferora n’en revenait pas ! Comment Lasat pouvait-il savoir qu’elle avait été une Ryukana, en particulier depuis qu’elle avait perdu ce statut. Elle se souvint alors qu’il avait dû l’apprendre de la même manière qu’Ahiâm, ce qui n’était pas étonnant pour un aventurier qui a parcouru le monde autant que lui. Toutefois, cela n’expliquait pas qu’il soit arrivé à créer ce sceau. Seul un des leurs pouvait le faire, ou un membre du Panthéon bien entendu, mais Ahiâm avait affirmer qu’ils n’existaient plus. Décidément, cette époque était vraiment pleine de surprises.

— Alors ? s’impatienta la jeune fille.
— J’y viens, j’y viens. Voilà ! exprima-t-elle en brisant le sceau pour dérouler le parchemin.

Bien sûr, Darinao ne pouvait pas attendre et lu par-dessus le bras de son amie. Elles découvrirent donc, en même temps, les quelques mots écrit par Lasat : « Les Sœurs d’Orchomène ne sont pas celles que vous pensez. »

— C’est tout ! s’étonna vivement Dari déçue.
— Oui, c’est tout ce qui est écrit. Mais, je ne comprend pas plus que toi ce que cela signifie… annonça l’ex-Ryukana.


Par Ferora

À un bon kilomètre des remparts de la ville, loin de tous ces évènements, un jeune disciple d’Eniripsa apprivoisait un lapino des forêts. Seule compagnie de ces bois, Ahiâm parlait à cet animal comme l’aurait fait un patient chez son psychiatre. Cela lui permettait de réfléchir et d’envisager les diverses solutions qui s’offraient à lui. Ne pouvant approcher plus près de la ville à cause des patrouilles de gardes, ne souhaitant aller plus loin au risque de perdre sa sœur et ses amies, il était bloqué là. La conclusion de son monologue et l’expression du regard du lapino fut d’attendre ici, perché sur une haute branche, le regard plongé vers le Nord. Attendre… Il n’y avait que ça à faire…

À Orchomène, dans la fraîcheur d’un souterrain, sa sœur soulevait une lourde trappe en chêne. L’odeur qui se dégagea alors de l’extérieur remplit les narines d’Eloah en moins d’une seconde. Une odeur forte, semblant mélanger foin pourrit, fumier et charbon lui donna la nausée. Mais un grognement sourd et hostile lui fit oublier aussitôt ce désagrément olfactif. Elle eut juste le temps de reconnaître le sangliarche et tira aussitôt la trappe à sa position initiale. Quel tordu faisait déboucher un tunnel dans la cabane d’un sangliarche ? Quelqu’un qui savait maîtriser un tel animal, sans aucun doute. Elle fit part de sa découverte à son ami Shadan.

— Tu es sûre ? lui dit-il, incrédule.
— J’ai bien reconnu son groin, crois-moi !
— Comment ça, reconnu ?
— Ben heu, oui… C’est typique un groin de sangliarche ! répondit-elle rougit par sa gaffe.
— Quel fou peut bien faire déboucher un tunnel dans le dortoir d’un tel cochon ?!
— Un Maître disciple d’Osamodas, lança froidement Eloah.
— Tu n’es pas sérieuse, là ?

— Tu y vois une autre explication ?
— En y repensant, en effet, ce sont les seuls capables de les maîtriser. Mais tout de même… Un Maître, voué à son Dieu, depuis toujours… disciple des Soeurs ?
— Les temps ont changé, j’ai rencontré un garde qui priait Iop et qui est rendu chez Crâ !
— Ce n’est tout de même pas pareil…
— Bon. Continuons. Ce tunnel ne nous délivrera pas plus d’informations. Faisons notre petit tour dans cette baraque !
— On se sépare ?
— Je ne préfère pas. On ne sait jamais…
— Quoi ? Tu as peur ? lui dit-il en souriant.
— Moi, non, j’ai Zéph’. Mais toi, tu sera seul…
— Très bien, allons-y ensemble, alors.

En écumant les différentes pièces des différents étages de la maison, Eloah et Shadan découvrirent de nombreux rapports d’activité sur chaque temple d’Orchomène, des messages cryptés incompréhensibles, une liste de noms inconnus, et tout un tas d’autres papiers dont ils ne pouvaient rien tirer. Dépitée, Eloah prit place en soupirant longuement dans un fauteuil moelleux, bien que fort poussiéreux.

— Ça ressemble plus à un repère, un point de refuge éventuel, qu’à un lieu d’habitation… constata Eloah.
— C’est peu habité, c’est certain.
— On rentre ?
— Mouais, y’a plus grand chose à faire ici, se résout Eloah.

En repartant, après avoir fait quelques mètres, Eloah trébucha et jura une bonne minute en conséquence. Après avoir retrouvée ses esprits, tout comme Shadan choqué par ce qu’il venait d’entendre, elle considéra l’objet responsable de sa chute.

— C’est quoi, ça ? grincha Eloah en désignant une statue en diamant poli.
— Mazette ! Un diamant ! s’étonna Shadan les yeux comme des billes.
— Qu’est ce que ça représente ? Quel manque de goût… C’est moche d’enlaidir un diamant ainsi…
— Quoi ? Tu ne reconnais pas… Shadan s’interrompit, ta chute a dû te déplacer quelques cases !
— Hey !
— Enfin, une statue à l’effigie d’Ogrest, c’est assez contradictoire pour des disciples des Sœurs, non ?
— Ogrest ? Hein ? Ah… Oui, évidemment. Mais heu, ça a une signification particulière une statue en… diamant ?
— Et bien, c’est en général une récompense pour des disciples. Enfin, j’ai entendu parler de ça pour les divers groupes extrémistes… Après avoir accomplit avec brio une mission, les disciples les plus émérites reçoivent ce genre de présent en guise de reconnaissance. Ça permet de se faire respecter par les autres et d’avoir accès à un certain nombre de privilèges dans ces clans.
— Hum hum. Mais… Des disciples des Sœurs récompensés par Ogrest ?
— Justement, ça paraît insensé. C’est à ne rien y comprendre…
— Il faut que j’en parle à Fero…
— Prends-la, et partons. Cela fait assez longtemps que nous traînons ici. Et même si cela semble peu habité, ce n’est pas totalement abandonné.


Par Eloah
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