Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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— Incroyable, comment se fait-il que l’extérieur des temples soit si délabré et l’intérieur si splendide ?
— Ah ! Eloah, oui, tu ne sais pas, toi…
— Quoi donc ?
— Hé bien, disons que devant les dégradations volontaires des temples par les adorateurs de l’autre gros tas…
— Dari ! coupa Ferora.
— Moui, hé bien, nous avons abandonné l’idée de maintenir nos belles structures extérieures…
— Je vois, trop d’argent et de main d’œuvre gaspillés…
— C’est cela, oui. Du coup on a des crédits supplémentaires pour la déco intérieure ! Hi ! Hi ! Hi ! Tenez ! Nous arrivons dans ma chambre. Allez-y, entrez !

La chambre était coquette, bien rangée et lumineuse. Sur une étagère en verre, une collection de sabliers prenait la poussière.

— Un sablier par année validée au temple ! Enfin, là, ce sont ceux de celui qui occupait la chambre avant moi, là, il est mort, une mauvaise rencontre à ce qu’il paraît… Le mien, c’est le plus petit, et j’ai eu un mal fou à leur prouver que j’avais déjà fait une année entière de noviciat, le seul qui n’est pas poussiéreux au moins.
— Il est déjà très beau. Les autres sont de plus en plus gros, et beau aussi, constata Eloah.
— Ici, mes livres d’histoire ! continua la jeune excitée sans tenir compte de la remarque de son aînée. J’adore l’histoire. Ça me donne envie de voyager, de voir par moi-même tout ce qui est écrit là-dedans. Et puis…

Un chant de cloches interrompit la visite. La disciple de Xélor conduit ses hôtes dans la salle centrale, où venait de se dérouler la messe. Une personne aux habits très travaillés s’apprêtaient à la quitter.

— Hum ! Hum… Grand-Prêtre ?
— Oui, ma petite ?
— Deux amies voudraient s’entretenir avec vous.
— Bien bien. Suivez-moi, nous allons nous mettre au calme, dans mon bureau.

Après quelques pas, le prêtre les fit entrer dans une pièce douillette et installa les deux amies sur une banquette, tandis que Darinao se restait debout, à côté.

— Alors, mesdemoiselles, en quoi puis-je vous aider ?
— Et bien, il se trouve que mes frères, Lean et Ahiâm, se sont retrouvés dans cette époque par accident…

Eloah commença le récit de son histoire, dont le prêtre semblait y prêter forte attention. A la fin de son discours, le prêtre reprit :

— Hum ! Votre frère, Lean, ne fréquentait pas ce temple. Je le connaîtrais sinon. Mais je peux me renseigner pour savoir de quel temple il dépendait. Pour ce qui est de ce disciple qui l’a enlevé, je dois dire que malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. Les temps sont durs, nous formons des disciples qui se détachent du droit chemin au fil du temps et vendent leurs connaissances de façon malhonnête. Le monde dans lequel vous vivez, habituellement, a ses brigands et malandrins, mais il y règne un certain équilibre stable. La morale aujourd’hui, ce n’est plus ce que vous connaissez.
— Je ne sais comment vous remercier.
— Je dois me téléporter dans un lieu secret pour consulter les dossiers des disciples. Retrouvez-moi ici, dans exactement 3 heures.

Le prêtre disparut aussitôt. Les trois amies se regardèrent.

— Trois heures… Bien, ça me laisse le temps de me rendre au temple Eniripsa. Je pourrais peut-être y collecter des informations sur Ahiâm.
— Je t’accompagne, déclara Ferora en se levant.
— Hey ! Mais vous ne croyez pas que vous allez me laisser là comme un jeune boufton !
— En route, alors.

Darinao se fit une joie de conduire le groupe à travers le village, en prenant soin de présenter les diverses anecdotes attachées à cette ruelle, cette place, ou à cette statue.

— Nous y voilà ! Le temple Eniripsa !
— Aussi délabré de l’extérieur… constata Ferora, dépitée.
— Tiens ! Un disicple de Iop qui en sort ?
— Oui, les Dieux ont « élargi » leur panel d’adorateurs. En ces temps on peut adorer plusieurs Divinités, même, changer de Dieu…
— Comment tolèrent-ils ça ? questionna Eloah surprise.
— Bah, ils n’ont pas tellement le choix… Les adeptes pratiquants, ce n’est plus comme avant, depuis leur défaite ils…
— Dari ! l’interrompit Ferora.
— Pardon, Fero. Tu me connais. Je parle, je parle…
— Fais attention, rappela-t-elle encore une fois.
— Tous ces non-dits commencent à me peser, ajouta Eloah, froide. Allez, on entre.

« Lean, où es-tu ? Je t’en supplie, reviens, ne me laisse pas. Lean… »

— Vous avez entendu ?
— Quoi, Elo ?
— Cette voix, comme chez Okun et Chiisana. Quand je dormais…
— Tu ne m’a pas parlé de ça, assura Ferora.
— Oh ! Oui, c’était… Quand tu étais partie, la nuit…

« Ma déesse, ramenez-le moi. Je vous en prie. »

— Avançons, j’ai l’impression que cette voix est de plus en plus proche.
— Eloah, nous n’entendons rien.
— Chut ! Dari, s’il-te-plaît.
— Eloah ? … Elo ?

Ferora essayait de capter l’attention de son amie qui avançait comme à l’aveuglette dans les couloirs du temple. Elle avançait de plus en plus vite, bousculant les gens qu’elle croisait. Ferora et Darinao, gênées, s’excusaient auprès d’eux au nom d’Eloah.

— Elo, où vas-tu ?
— Je n’en sais rien, je suis cette voix.

Eloah finit par pousser une porte à double battant et atterrit dans une salle de prière. Une statue immense au centre, à l’effigie d’Eniripsa, le sol recouvert de tapis en lin. L’entrée brusque d’Eloah dans cette salle, on ne peut plus calme, attira l’attention de tous les fidèles sur le groupe des trois amies.

— Comment osez-vous ! Un minimum de respect dans ce temple mesdames, est-ce encore trop demandé de nos jours ? s’indigna une prêtresse.
— Pardon, je, connaissez-vous… balbutia Eloah.
— Que dites-vous ? Ne restez pas ici, c’est la salle de prières.
— Ahiâm ? demanda Eloah.
— Je vous le demande encore une fois, sortez je vous prie, répliqua la prêtresse sans même avoir écouté l’intruse.

Une voix au fond de la salle s’éleva soudain, puis, quelqu’un s’approcha.

— Attendez, prêtresse. J’ai cru entendre…
— Quoi donc mon jeune disciple ?

Le disciple s’approchait pendant que les autres reprenaient leurs prières, le calme revenu. Eloah fixait l’individu qui avançait, lentement, son corps se glaça, son cœur battait comme jamais. La prêtresse eut alors un déclic et se mit a dévisager Eloah, minutieusement. Elle finit par sourire, et déclara :

« Dans ce triste monde, aujourd’hui, Eniripsa guérit deux cœurs. La puissance de notre Déesse n’est pas affaiblie, oh que non, elle est toujours parmi nous… »

Puis la prêtresse s’éloigna, elle semblait ravie. Le disciple arriva à hauteur d’Eloah. Cette dernière tomba sur les genoux. Lui, il s’agenouilla devant elle, lui prit les mains. Des larmes coulaient le long de son visage. Eloah était figée, elle venait de comprendre. Ferora, après quelques hésitations, brisa le silence.

— Ahiâm ?
— Ahiâm, le frère d’Eloah ? demanda Darinao un peu troublée.

Le frère et la sœur se serrèrent dans les bras. Ce geste donna la réponse à la question de Ferora. Eloah venait, enfin, de retrouver son frère jumeau.


Par Eloah

— Et bien… Si je m’attendais…
— Elle aussi, ça lui aurait éviter de s’effondrer comme une vieille chaussette !
— Dari ! Je ne me souvenais pas d’une telle impertinence, se fâcha Ferora.
— Bah, tu sais… Ma pauvre Fero, même si tu connais en partie cette époque, tu n’y as pas vécu. Ça se voit tout de suite, sans vouloir te vexer, ajouta-t-elle avec espièglerie en lui tirant la langue.
— Oh ! Là ! Là…
— Ce sont tes amies ? demanda Ahîam à sa sœur. Elles m’ont l’air d’avoir du caractère…
— Oh ! Oui, Fero en a beaucoup. Parfois, ça lui retombe dessus mais c’est une amie fidèle et la meilleure que je connaisse. La fillette, nous venons de la retrouver au temple Xélor. Il s’agit de la cadette d’une bonne amie de Ferora qui s’est retrouvée par accident à cette époque.
— Ferora, dis-tu ? Ce nom me dit quelque chose… Mais, non, celle à laquelle je pense a les cheveux et les vêtements d’un rouge flamboyant.
— Tu… Tu la connais ?
— Comment ça ? Tu veux dire que c’est elle ? La Ryukana de Féca du temps des Dofus ?!
— Heu…
— Ah, non ! Je suis bête, tu ne dois pas le savoir puisqu’elle doit garder le secret.
— Hum… Si, si… Je suis au courant, depuis peu, mais je le suis.
— Et bien, on peut dire que c’est une sacré amie que tu as là, sans mauvais jeu de mots.
— Oui, c’est vrai, répondit-elle sans ajouter la raison de ce changement de couleur. Mais, toi, comme le sais-tu ?
— Oh ! Plus tard, plus tard, présentes-nous plutôt.

Ce qu’elle fit aussitôt, ravie de pouvoir enfin présenter son frère et toute à sa joie de l’avoir retrouvé. Il ne fit aucune allusion à son statut lorsqu’il parla avec la disciple de Féca, mais la fit rougir en répétant tout le bien qu’en avait dit son amie. Enfin, il donna à Darinao un bonbon aux trèfles à cinq feuilles, spécialité des disciples d’Eniripsa de ce temple, quand ils furent présentés.

— Bien, et si nous allions boire un petit quelque chose, il faut fêter nos retrouvailles !
— J’ai entendu parler de boisson, et de fête ! intervint soudainement Unician en effrayant Ahîam.
— Uni !! s’écrièrent en chœur Eloah et Ferora. Ça ne se fait de faire peur aux personnes qu’on vient juste de rencontrer, enfin… continua Eloah aussi furieuse contre Uni qu’amusée devant la tête faîte par son frère.
— Qu’est-ce que… Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda tout pâle le jeune disciple des soins.
— Un ami, un brin farceur et qui accourt à la moindre allusion à une fête ou à la bière. Il était disciple d’Osamodas… Pour son état actuel… C’est une longue histoire que je ne comprends qu’en partie. Peut-être te la racontera-t-il tout à l’heure, expliqua assez rapidement Ferora, d’autant plus que les autres disciples d’Eniripsa ne comprenaient pas cette soudaine agitation de leur condisciple, Unician leur étant invisible.
— Brr… Tu as vraiment des amis fascinants sœurette, ne pu s’empêcher de conclure Ahiâm.
— Oui, en effet, répondit cette dernière avec un clin d’œil à son amie. Tu parlais de boire un coup ? Je ne serais pas contre, surtout après de pareils émotions. Je mangerais bien aussi un petit quelque…
— Moi aussi, moi aussi ! intervint soudainement Darinao comme si elle avait toujours fait partie de ce groupe.


Par Ferora

— Je connais un bon endroit pour se restaurer au calme, avec un cadre sympa, proposa Ahiâm.
— On te suit, alors. Mais, quelle coïncidence incroyable tout de même que tu sois rattaché à ce temple Ahiâm, fit remarquer Darinao.
— En fait, je ne dépens pas de ce temple. Je suis là pour une quête.
— Une quête ? demanda sa sœur.
— Oui, je suis parti de mon temple d’attache il y a déjà un mois et demi. Je dois visiter chaque temple de ce monde.
— Dans quel but ? questionna Ferora à son tour.
— Et bien, c’est une mission multiple. Je dois apporté en chacun de ses temples une fiole d’élixir contenant une larme d’Eniripsa, et, d’autres substances secrètes.
— Oh ! J’ai entendu parler de ça, c’est la mission finale des disciples, c’est ça ? Hein, c’est ça ? Tu as fini ton initiation ? piaillait Darinao.
— Oui. Eniripsa se rend régulièrement dans cinq temples pour y verser ses larmes. C’est à nous, disciples, après que les prêtres aient préparé l’élixir complet, de porter cette potion aux quatre coins du monde. C’est une mission avec beaucoup de responsabilités.
— Ce genre d’élixir doit être très convoité, c’est risqué aussi, non ? demanda Eloah, inquiète.
— C’est bien pour cela qu’il s’agit de la mission finale qui valide notre formation initiale. Un disciple d’Eniripsa doit aussi savoir se défendre, ou tout du moins protéger ce qui lui importe. Tenez ! C’est cette auberge, entrons.
— Je suis fière de toi, mon frère.
— Et toi, Elo ? Tu es rendu à quel niveau ?
— Hé bien, je dois dire que…

— Bonjour, une table ? demanda le patron de l’auberge en s’avançant vers le groupe qui entrait.
— Oui, oui, celle sur la terrasse, s’il-vous-plaît, répondit aussitôt Ahiâm à son habitude.
— Ça, elle a pas mal avancé depuis la fin de son initiation ! déclara Ferora avec un sourire.
— Oui, nous avons beaucoup voyagé avec Fero. J’ai le statut de Protecteur.
— Tu vas finir Gardien des Temples !
— Il y a encore du chemin… Pour le moment, j’ai d’autres priorités.

Le petit groupe s’installa autour de la table en terrasse. Le cadre boisé était très agréable et reposant, une petite rivière sifflotait au bas de la terrasse. Un rayon de soleil faisait de l’œil à Darinao, qui grognait.

— Lean, quand l’as-tu vu la dernière fois ?
— Lean ? Je me disais bien que tu n’allais pas tarder à m’en parler. Et bien, je suis désolé mais… La dernière fois que j’ai vu notre frère, c’était sur l’île des Mino. Il se téléportait souvent près de moi, prendre de mes nouvelles. Et puis, plus rien. J’ai, plus tard, appris que ses amis n’avaient plus de nouvelles non plus. Il a disparu…
— C’est pour ça que nous sommes ici, ajouta Ferora.
— Quoi ? Comment ça ? Vous l’avez vu ? Il va bien ? Où est-il ?

Alors, Ferora et Eloah contèrent l’histoire. Le visage d’Ahiâm se décomposait au fur et à mesure des informations qu’il entendait. Puis, il prit une grande inspiration et reprit ses esprits.

— Bon. Il faut rester confiant. On vient de se retrouver. Je ne suis plus tout seul. On va réussir, ensemble. On va le ramener.
— Oui, Ahiâm. Oui, je te le promets, le rassura sa sœur en lui prenant la main.

Ferora voulant remonter le moral à la petite troupe eut la bonne idée de lancer une conversation sur les membres de la famille d’Eloah et Ahiâm restés dans le monde des Dofus. Leur sœur aînée, son bébé, et surtout, Woger et les anecdotes autour de lui plus ébouriffantes les unes que les autres. Il en avait fait du chemin avec le duo Eloah et Ferora. Ainsi, Ferora se souvenait de nombreuses situations hilarantes dans lesquelles ils avaient pu se retrouver à cause du disciple d’Enutrof.


Par Eloah

Soudain, elle s’interrompit. Un flash de souvenirs venait de la frapper : le parchemin que Lean était venu chercher, où était-il maintenant ? La dernière fois qu’elle l’avait vu, Eloah le tenait dans ses mains lors de la chute de sa « bulle », mais depuis on ne l’avait pas revu… « Rhâ ! De quoi il s’agissait déjà comme parchemin ? » Ferora tentait tant bien que mal de rassembler les souvenirs de ces moments vifs et troublés. Elle retrouva ainsi le nom de Lagoa, le mot prophétie, et une histoire de sang unique dans l’Univers, mais c’était à peu près tout. Ce n’était pas très digne d’une Ryukana, mais elle ne l’était malheureusement plus. Ce fut Dari qui attira son attention quand son silence devient long. Pendant ce temps, Eloah avait repris le récit des anecdotes sur Woger, accompagnées par les commentaires d’Unician qui pourtant n’avait pas souvent été avec Woger et elles.

— A quoi pensais-tu Ferora ?
— A rien d’important, Dari, en tout cas, je l’espère. J’essayais de me souvenir d’un parchemin que possédais Elo mais dont je n’arrive pas à me souvenir de son contenu.
— Bah ! Pourquoi tu ne lui demandes pas ? Elle saura sûrement, elle, non ?
— Oui, oui. Seulement, je sais que ça concerne son frère et comme nous ne l’avons plus, je ne sais si c’est bon d’en parler devant lui. Tu vois, réfléchir avant de parler, ça peut être utile parfois.
— Rhô, rabat-joie ! Ça enlèverais à mon charme toute ma spontanéité.
— Pour une gamine de treize ans, tu parles vraiment bien, et tu as un sacré caractère !
— Bah, tu sais…
— Hé ! Les filles ! Il est temps de retourner au temple de Xélor, les trois heures sont bientôt écoulées, se rappela soudain Eloah. Tu viens avec nous, Ahîam ?
— Non, non. Je ne peux pas vous accompagner tout de suite, il me reste des formalités à accomplir au temple d’Eniripsa. Mais, on peut se retrouver ici, ce soir ?
— Ah, oui ! Alors ! Maintenant, je ne lâche plus, frérot.
— Alors, nous sommes d’accord. A tout à l’heure, les filles. Et, toi aussi, Unician, ravi de t’avoir rencontré.
— A plus tard, Ahiâm, saluèrent ensemble la disciple de Féca et de Xélor.
— Burp, déclara le disciple d’Osamodas.

Après une dernière embrassade du frère et de la sœur, le groupe au complet prit le chemin du temple de Darinao. Les différentes rues qu’ils traversèrent étaient beaucoup moins animées que trois heures plus tôt. Dari leur expliqua que c’était l’heure idéal pour la chasse au Bouftou, et autres animaux du genre, puisque c’était le moment où, généralement, ils se restauraient. Ainsi, ils atteignirent beaucoup plus rapidement leur destination et purent en profiter pour admirer une fois de plus l’intérieur en se rendant au bureau du Grand-Prêtre. Unician avait disparu dés leur entrée, sans dire un mot.

La porte du bureau était entre-ouverte, aussi Eloah ne frappa-t-elle qu’une fois. Le Grand-Prêtre vient immédiatement leur ouvrir. Il avait l’air assez fébrile, et même complètement agité lorsqu’il reconnut ses visiteuses. Il les fit entrer très rapidement, et sans même prendre la peine de les installer commença à leur expliquer ses découvertes.

Tout d’abord, le disciple qui les avait trahi n’était pas un, mais une. La cadette de deux autres sœurs disciples d’autres membres du Panthéon. Elle avait apparemment cacher son identité à l’aide d’un puissant sortilège, mais les dossiers de son noviciat étaient formels. De plus, le Grand-Prêtre avait aussi découvert que les sœurs aînées avaient rejoint le parti des Sœurs de Dathura voici quelques années, et qu’elles y occupaient dorénavant une place importante. Il n’était donc pas exclu que notre dissident est aussi rejoint ce groupe et agisse pour leur compte. C’est là qu’Eloah arrêta le Grand-Prêtre pour demander des explications sur ce « parti ».

— Ah ! Oui, c’est vrai que vous n’êtes pas de notre époque. Et bien, il s’agit d’un groupe presque exclusivement féminin, extrémiste, qui croit fermement à la réincarnation de Dathura. Cette dernière ayant été la femme dont serait tombé amoureuse Ogrest et qu’il aurait tué sous le coup de la colère. Elles pensent que c’est la seule personne capable de mettre fin au règne d’Ogrest. C’est tout ce que je vous dirais sur ce sujet, vous ne devez pas trop en savoir sur votre avenir, disciple de Sacrieur.
— Bien… accepta cette dernière avec réticence.

Eloah commençait sérieusement à en avoir assez de toutes ces cachotteries, mais elle n’y pouvait rien, alors, elle acceptait. Le Grand-Prêtre continua en leur recommandant de se rendre dans une ville plus importante où elles pourraient recueillir davantage d’informations sur ce parti et les trois sœurs. Et, justement, il y en avait une à quatre jours de marche. Là-bas, leur assura-t-il, il sera facile de récolter des informations sur ce qui se passe dans le monde, pas comme ici où les nouvelles n’arrivaient que partiellement. Eloah et Ferora durent se rendre à ses arguments, mais elles étaient tout de même un peu déçue. Enfin, elles avaient déjà apprises quantité de choses, et même retrouvé le frère jumeau de la disciple de Sacrieur. Leur visite n’était pas sans résultats. Les deux amis s’apprêtaient à quitter le bureau, après avoir saluer le Grand-Prêtre, quand elles aperçurent Darinao toute timide qui s’approchait de son maître. Ce dernier avait déjà compris ce qu’elle allait demander, mais il voulait qu’elle se lance, qu’elle prenne son courage à deux mains. Finalement, elle se lança :

— Grand-Prêtre, je souhaiterais partir avec Ferora et Eloah, si vous le voulez bien les filles, ajouta-t-elle précipitamment en se tournant rapidement vers elles.
— Heu…
— Je sens qu’il est temps que je parte pour mon premier voyage initiatique, commença à plaider la jeune disciple sans attendre de réponse, que je découvre ce monde par moi-même. Ces deux femmes sont expérimentées et puissantes, mais elles ne connaissent pas cette époque, je pourrais leur servir de guide. De plus, elles ont une quête à accomplir, quoi de mieux pour un voyage initiatique ? Enfin, nous ne sommes pas des inconnues les unes, les autres, mon intégration n’en sera que plus rapide et aisée. Je ne les gênerai pas, promis ! conclut-elle son plaidoyer.
— Et bien, je me vois mal refuser après un tel discours, et…
— Oh ! Merci, merci, merci, merci, merci ! Vous verrez, vous ne le regretterez pas les filles.
— A-t-on le choix ? se demandèrent ces dernières en se sondant du regard.
— Pas vraiment, je crois.
— Oui. Allez ! Viens donc. Mais attention, à la moindre incartade, on ne se privera pas de te punir comme bon nous semblera.
— Oui, oui, tout ce que vous voulez ! On y va ?
— On y va, répondit Ferora.
— Adieu, Grand-Prêtre, répéta son amie.

Ce dernier se demandait s’il n’avait tout de même pas rajouté une sacré épreuve à ces jeunes femmes déjà éprouvées. « Enfin, il est trop tard maintenant. Que Féca veille sur eux. » ne pu-t-il s’empêcher de penser.


Par Ferora

Les trois filles quittèrent le temple Xélor, après un passage par la chambre de Darinao qui emporta avec elle un baluchon contenant diverses affaires personnelles, et se dirigèrent vers le temple Eniripsa pour retrouver Ahiâm, comme convenu.

— Ah vous voilà !
— Je t’ai manqué frérot ?
— Toute ma vie sœurette, dit-il en prenant à part Eloah et chuchota, elle vous colle tout le temps la petite !
— Elle vient avec nous ! répondit Eloah entre ses lèvres.
— Oh ! Bien.
— Mais, quel est ce bruit ? C’est toi qui fait ça ? Tu es affamé ou quoi ?
— Hein ?

Ferora et Darinao s’étaient rapprochées entre temps et Ferora demanda à Ahiâm :

— C’est toi qui ronronne ainsi Ahiâm ?
— Hein ?! Oh ! s’exclama ce dernier avant de rire puis de sortir de sous sa cape bleu-argent ce qu’Eloah estimait fait de plumes de kwak des glaces, un petit chaton qui ronronnait dans les bras d’Ahiâm.
— Un prêtre du temple a trouvé un petit groupe hétéroclite d’animaux lors d’une ballade en forêt, dont ce petit chacha.
— Tu l’as adopté ? demanda Darinao tout en le caressant tandis qu’Eloah et Ferora regardaient le chacha, attentivement. Ferora prit la parole, voulant exprimer sa pensée.
— Dis Elo, tu ne trouves pas que…
— Si, coupa aussitôt Eloah.

— Quoi ? questionnèrent en cœur les deux autres.
— Zéph’ ? appela Eloah le petit chacha qui d’un bond rejoignit ses bras et se mit à lui lécher le visage.
— Tu connais ce chacha Elo ?!
— C’est mon cha’, oui. Darinao, je le connais !
— Ça alors ! s’exclama Ahiâm, c’est sans doute pour cela qu’il m’a adopté. Car c’est ce que j’allais te répondre Darinao, quand le prêtre m’a montré ces animaux, ce petit là est venu tout de suite vers moi.
— Incroyable ce que les animaux sont capables de ressentir, s’étonna Ferora, mais, il était le seul chacha ?
— Oh non, il y en avait un autre, et aussi des animaux bizarres que le prêtre a conduit au temple d’Osamodas pour les faire examiner.
— Les drago, sûrement… lâcha Eloah à voix basse, mais Fero, ton chacha, il doit être dans le coin !

Le petit groupe se pressa au dehors, direction le temple d’Osamodas pour rencontrer le prêtre. Menés par Ahiâm et Darinao, ils ne mirent pas de temps à atteindre le lieu, d’autant plus qu’ils courraient plus qu’ils ne marchaient. En chemin Eloah apprit à son frère que le chacha s’appelait Zéphyr, un fidèle compagnon qui l’avait accompagné dans ses aventures depuis toujours et qui de plus, s’entendait à merveille avec le chacha de Ferora. Ces deux là s’entendant nettement moins facilement avec le bwak de Woger.

Ils arrivèrent au temple et furent rapidement autorisés à entrer, après avoir succinctement expliciter leur situation. Le prêtre du temple d’Eniripsa discutait avec une petite assemblée de cinq disciples d’Osamodas, d’un niveau assez élevé selon Ahiâm, à la vue de leurs accoutrements. Le prêtre disciple de la Déesse des soins reconnu Ahiâm aussitôt son entrée faite dans la salle.

— Un soucis au temple, mon enfant ?
— Aucun, maître, restez assis je vous en prie. J’ai des informations sur les animaux que vous avez trouvés !

L’attention de la petite assemblée se focalisa sur Ahiâm, les trois filles étant restées un peu en retrait, ne sachant trop comment se comporter dans cette situation. Ferora avait toutefois envie de courir partout à la recherche de son chacha adoré.


Par Eloah

Toutefois, ce fut lui qui vient à elle. En fait, un étrange tofu fit une entrée brusque et remarquée par l’une des ouvertures de droite. Il courait aussi vite qu’il pouvait en poussant ses cris perçants, et laissant de nombreuses plumes dans son sillage. La raison de cette course s’expliqua bien vite. En effet, un chacha, bien connu de Ferora, fit à son tour son entrée, et visiblement, il était le poursuivant de l’étrange tofu. Ce dernier se dirigeait d’ailleurs vers nos trois amies derrière lesquelles il se réfugia.

Le chacha le suivit, bien évidement, mais quand il arriva à proximité, il pu mieux sentir les odeurs des filles. Alors, soudain, il s’arrêta net ! Il releva sa mignonne grosse tête et examina la jeune femme blonde qui avait la même odeur que sa maîtresse. Cet examen dû le satisfaire car bientôt il vient se frotter à ses jambes en ronronnant. Ferora se baissa alors pour le caresser, heureuse d’être reconnue et de l’avoir retrouvé. Après les caresses d’usage, il sauta dans les bras de sa maîtresse, puis il grimpa sur ses épaules où il resta là à contempler le temple comme pour dire « Vous voyez, ma maîtresse, elle m’appartient, et ici, c’est chez moi. »

Darinao était un peu étonnée de voir un chacha faire une telle chose, et que Fero et lui aient une telle complicité. Par contre, de son côté, Eloah était tout sourire et contente que son amie retrouve son petit compagnon. C’est à ce moment que l’étrange tofu poursuivi sortit de la robe de Dari. Eloah et Ferora purent ainsi le regarder. Elles furent stupéfaites de reconnaître un autre petit compagnon, mais comprirent aussi que la « poursuite » n’était pas mortelle, elle n’était qu’un jeu entre les deux animaux.

— Tiens ! Tit’Neva, hips ! s’exclama soudain une voix désincarnée.
— Uni ! Où étais-tu encore passé ? demanda, un poil exaspérée, la disciple de Féca.
— Heu… Par-ci… Par-là… Ils ont de bonnes bières dans le coin, hips !
— Puf…
— Bah ! Tu sais bien qu’on ne le refera plus, remarqua judicieusement son amie sacrieuse.
— Ouai, ouai, je sais… Enfin, tu tombes bien, nous comptons quitter la ville pour rejoindre une plus importante. De plus, Ahiâm nous a dit que d’étranges animaux avaient été découverts il y a peu, et il s’est révélé que l’un d’entre eux était Zéphyr, le chacha d’Elo. Voici le mien, et aussi Tit’. Nous espérons donc retrouver le reste de notre petite troupe d’animaux. Tu viens avec nous ?
— Oh ! Hum… Il me reste des choses à voir, hips ! Allez-y sans moi. Je vous retrouverais, hips ! Plus tard. Tu viens, Tit’.

Le tofu se dépêcha de rejoindre le disciple d’Osamodas et tout deux disparurent vite dans la foule de la rue, au pied du temple. De l’autre côté, Ahiâm avait fini d’expliquer la nouvelle situation à son maître et celui-ci les rejoignait.

— Ainsi, ses étranges animaux seraient peut-être à vous. Et bien, en voilà une drôle de coïncidence, ne pu-t-il s’empêcher de remarquer.
— Nous n’en sommes pas sûr, Maître Eniripsa. Toutefois, le fait que trois d’entre eux soient bien nos compagnons, et que vous ne reconnaissiez pas les autres, tentent à nous faire penser que cela pourrait être le cas, en effet, expliqua Eloah.
— Bien, bien. Suivez-moi, alors. C’est par ici.

Les trois amies et Ahiâm le suivirent dans l’ouverture par laquelle étaient sortis plus tôt le chacha et le tofu. Ils arrivèrent dans un patio luxuriant, une fontaine centrale, des allées ordonnées, des fleurs de nombreuses espèces différentes, un lieu de repos, de plaisir, et de savoir. Mais le Maître ne les fit pas quitter le couloir et s’engagea bientôt par celui de gauche. Au bout, une nouvelle ouverture qui menait à un petit vestibule où se trouvaient accrochées des tenues de travail de la terre. Ils sortirent par l’autre bout de la longue pièce pour mettre les pieds dans un vaste terrain d’exercices en sable jaune.

Après quelques instants à explorer de leurs yeux cet endroit, le Maître leur montra sur la gauche, à la lisière d’un bosquet, un enclos de bois où jouaient ce que nos amis dofusiens connaissent sous le nom de dragodindes. Il y en avait trois, toutes la propriété d’Eloah. Cette dernière reposa bientôt Zéphyr à terre pour courir examiner les montures qu’elle savait maintenant être bien les siennes. Ferora la suivit bientôt, après avoir remercié le Maître de l’aide et de la générosité qu’il avait donné à leurs animaux, Dari et Ahiâm sur ses talons et Sibur devant.

Eloah caressa ses montures une à une, heureuse de les retrouver. Puis, elle entra dans l’enclos pour les examiner sous toutes les coutures, une obligation après une séparation de plusieurs jours. Pendant ce temps, Ferora expliquait ce qu’était ces animaux à Ahiâm — qui avait quitter l’époque des Dofus avant la découverte du territoire des Koalaks — et pourquoi elles étaient aussi dociles — de telles montures n’existaient donc pas à ce moment là non plus. Ensuite, il lui demanda ce qu’elle entendait tout à l’heure par rejoindre une ville plus importante. Ainsi, elle lui relata ce que le Grand Maître Xélor leur avait dit.

— Dans ce cas, je viens avec vous !
— Mais, nous ne comptions pas te laisser tout seul, de toute façon, frérot. On se quitte plus, tu te souviens ?
— Oui, c’est vrai. Tu as raison. Mais, je compte trois montures et nous sommes quatre avec Dari.
— En effet…
— Je la prendrai avec moi, elle n’est pas bien grosse…
— Hé !
— … pourra nous porter toutes les deux sans problème, non ?
— Oui, sans doute. Et, si ça ne peut pas aller, nous la prendrons chacun notre tour.
— Comme un vieux sac de pomme de terre ?! s’indigna Dari.
— Hé ! C’est toi qui a voulut venir avec nous. C’est déjà bien que nous ayons trois montures. Tout à l’heure, tu as dit être prête pour l’aventure. Et bien, sache que l’aventure n’est pas souvent confortable, facile, ou même amusante. L’aventure, c’est aussi les galères, les obstacles presque infranchissables, ou le désespoir. J’espère que tu en es consciente, discourue Eloah.
— Oui, oui… Je sais…
— Bien ! Maintenant que j’ai finit mes examens, je vais aller demander au Maître s’il peut nous vendre de la nourriture pour elles. Pendant ce temps, chargez vos affaires, Ferora vous montrera.

La disciple de Sacrieur alla donc parler au Maître d’Ahiâm pendant que son amie donnait les explications nécessaires. Darinao dû s’y reprendre à deux fois, mais le frère y arriva du premier coup après quelques hésitations. Ferora s’occupa alors de ses propres affaires.

— Dis-moi, Ferora…
— Appelle-moi Fero, comme tout mes amis.
— Bien, Fero. Je voulais te demander pourquoi tu ne portes pas les vêtements de ta classe ?
— Ah, oui ! Moi aussi, ajouta la jeune disciple de Xélor.
— Humpf. Je n’ai plus le droit de porter ceux que je portais jusqu’à présent… Et, ceux-ci sont les seuls que j’ai pu mettre… expliqua mal à l’aise l’ex-Ryuakana, la douleur étant toujours là.
— Heu… Bien… hésita Ahiâm devant la soudaine tristesse de la joyeuse amie de sa sœur. Seulement, la tenue d’Eloah est déjà assez différente des disciples de Sacrieur de cette époque, mais la tienne… Vous ne passerez jamais inaperçues dans ces conditions. Et, l’incident avec les gardes que m’a raconté Elo risque de se reproduire.
— Que nous conseilles-tu, alors ? demanda-t-elle en faisant de son mieux pour se ressaisir.
— De vous rendre dans vos temples respectifs pour obtenir une tenue plus adéquate.
— Moi, aller au temple de Féca… Je… dit soudain prise de panique la disciple de Féca.
— Fero ? interpella-t-il.
— Je…
— Fero ? réagit également Dari.
— Non, je… Je… Je ne peux pas… furent les derniers mots qu’elle murmura avant de s’accroupir et de caresser en continu son chacha, comme une petite fille caresserait sa peluche, jusqu’au retour d’Eloah.


Par Ferora
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