Ferora Les aventures d’Eloah et Ferora Eloah
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Saison 1 : À la taverne de Soin Tan Ranci

Episode 5 : Trois sœurs

Ça y est ! Les compagnons sont enfin sortis. Cependant, ils ne s’attendaient pas à arriver ici, ni à y rencontrer des connaissances. Comment cela a-t-il pu arriver ? Néanmoins, cela va aider les compagnons à comprendre où ils sont et leur redonner espoir. L’espoir que la famille d’Eloah n’est pas perdue pour toujours, qu’elle peut être retrouvée. Alors, voici les compagnons et leurs nouveaux complices partis dans une quête comme il n’en existe que peu dans toute une vie. Les suivrez-vous ?


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Les trois amis franchirent donc le portail, mais ils ne savaient pas où sortir. Cela paraissait si simple avant de le franchir, mais ce réseau de téléportation est gigantesque. Tout les mondes doivent y être reliés, sûrement pour une bonne raison. Ferora ne disait rien. Unician semblait émerveiller par ce qu’il voyait. Eloah songeait, derrière chacune des sorties devant lesquelles ils passaient, il y a avait peut être Lean, comment choisir la bonne ? Mais la raison regagna alors la jeune disciple de Sacrieur, qui s’exprima alors.

— Toutes ces aventures nous ont épuisés. Nous devons reprendre des forces.
— C’est vrai, je boirai bien une bonne bière !
— …
— Allez, prenons la prochaine. On va se poser dans une taverne, bien mangé…
— Et bien boire !
— On a compris, Uni ! Fero ?
— Peu m’importe. Je vous suis.
— Allez, ne fais pas la tête. Un bon sommeil après un bon repas et demain sera un autre jour.
— A gauuuuche toute, les filles !

Les trois compagnons franchirent donc une sortie et se retrouvèrent dans une contrée lumineuse, mais déserte. Enfin, à première vue, elle semblait désertée. Le portail se trouvait au milieu d’une vaste clairière, les herbes étaient hautes, le soleil illuminait cette plaine encerclée par une forêt dense. On entendait les oiseaux et d’autres animaux au loin.

— Bonne pioche Uni ! s’exclama Eloah contemplant le paysage.
— Moué, j’suis pas sûr qu’on trouve une taverne à moins de 1 000 pas !
— J’ai toujours aimé la nature, c’est beaucoup plus reposant que la meilleure des chambres de la plus célèbre taverne.
— Puf ! Tu parles !
— Evidemment, je ne pense pas qu’on trouve des chopes de bières à la cime d’un de ces arbres, mais question nourriture et eau, ça ne devrait pas poser de problème, regarde comme ce paysage est verdoyant.
— L’eau, ça rouille.
— Fero ? Tu ne dis rien ?
— Je n’ai ni faim, ni soif, merci…
— Hum… Bon et bien, il faut que l’on avance tout de même, il y a peut être un sentier qui démarre dans cette forêt. Je me demande sur quel monde nous sommes.
— Biereland tu crois que ça existe ?
— Uni… En route !

La petite troupe se dirigeait tout droit vers la forêt luxuriante, les herbes hautes caressant leurs corps jusqu’aux bras, l’air était chaud et le vent doux.

— Oh ! Regardez les filles ! Il y a deux soleils !
— Waoh ! C’est vraiment magnifique, ça donne envie de voyager à travers les mondes !
— Je doute qu’ils soient tous comme ça, l’Univers ne survivrait pas sans bière.

Cette remarque fit rire Eloah, qui regardait en direction de son amie, sans réaction.

— Hey ! Y’a quelque chose qui vient de passer devant moi !
— Pour un disciple d’Osamodas, tu sembles bien vite effrayé par un animal, le taquina Eloah.
— Puf ! Je n’ai pas peur ! Mais je suis curieux de voir à quoi il ressemble !

Alors Unician se mit à courir après cette bestiole, essayant de la capturer malgré les herbes hautes. Profitant de l’éloignement du disciple d’Osamodas, Eloah prit la main de Ferora qui avançait depuis tout à l’heure comme un robot, absente de toute réaction.

— Fero, tu sais, il y a des choses qui ne peuvent pas nous échapper. Tes cheveux… On a bien vu… Parle-moi, je t’en supplie. Que s’est-il passé là-bas ?
— …
— Quoique qu’il se soit passé, sache que je mettrai toute mon énergie à te venir en aide, comme tu le fais pour mon frère. Comme tu l’as déjà fait maintes fois pour moi.
— …
— Regarde ce monde, le paysage est splendide. Mais, même les deux soleils qui rayonnent sur nous ne parviennent pas à réchauffer mon cœur. Tu a été la première à réanimer la flamme d’espoir, d’amitié, d’amour dans mon cœur. Ton silence me glace, ta présence ne me suffit pas. J’ai besoin de toi, j’ai besoin de ton esprit. Parle-moi. Tu sais que tu peux me faire confiance, tu peux compter sur moi. A plusieurs, on est toujours plus fort.


Par Eloah

— Ce que tu dis n’est pas faux. Cependant, cette fois, tu ne peux rien pour moi.
— Pourquoi ?! Déjà, rien qu’en m’expliquant ce qui t’arrive, je pourrais peut-être te conseiller. Mais, le plus important, c’est que tu ne seras pas la seule à porter ce fardeau.
— Tu as déjà le tien. Même pour une disciple de Sacrieur, celui-ci est déjà lourd. Je ne peux, en tant que disciple de Féca, t’en ajouter un autre qui te mettrais en danger.
— Mais, enfin ! Où est passé ton insouciance ? Où est passé la Fero tout feu tout flamme ? Où est mon amie ?
— Je n’en sais rien…

Devant cette réponse plus qu’improbable, Eloah fut très décontenancée, et, le fit savoir.

— Laisse, Elo, lança Unician qui revenait bredouille.
— Pourquoi ? Je veux l’aider, et je ne supporte pas de la voir ainsi.
— Pour l’instant, tu ne peux rien y faire. Je n’ai pas très bien compris ce qui s’est passé tout à l’heure, mais, je sais tout de même qu’il s’est passé quelque chose d’important, de très important pour Fero. Il faut qu’elle accuse le coup. Et puis, tu la connais, elle est très très têtue. Si elle a décidé de ne rien dire, elle le fera, quoique tu fasses.
— Mais…
— Je crois que le disciple d’Osamodas a bien résumé la situation. Par conséquent, tu sais dorénavant quoi faire, déclara péremptoirement leur compagne.
— Fero ?! s’exclama Eloah stupéfaite du ton presque agressif de son amie.
— J’ai vu de la fumée au loin lorsque je suis arrivé de l’autre côté de ce bois. Nous devrions y aller, ne serait-ce que pour savoir où nous sommes, intervint Unician avant que la discussion ne s’envenime.
— Fero…
— Il raison, tu sais.
— Tu ne t’en tireras pas aussi facilement, céda finalement la disciple de Sacrieur en se tournant vers la direction indiquée. Allons-y, alors…


Par Ferora

Ils tombèrent sur un sentier, Unician de plus en plus perplexe… Comme si ça lui été familier. Mais pourquoi ne sent-il pas le reste… Ah ! Mais, bien sûr !

« Les filles, je vais devoir lâcher mon corps physique, annonça-t-il avant de retrouver sa forme spectrale. Ha ! Mais, je me disais bien que je connaissais ! Suivez-moi ! »

Le spectre traversa la forêt suivie des deux amies. Ils arrivèrent près d’une petite clairière où poussaient de l’orge, du houblon, quelques céréales. Eloah essoufflée d’avoir couru et s’étant griffée les jambes sur les ronces, demanda :

— On est où là ? Tu viens de nous faire traverser la moitié de la forêt en courant, ajouta-t-elle en ronchonnant.
— C’est chez moi ! C’est ma petite ferme familiale.

Uni montra un bâtiment à l’autre bout de la clairière, sous un grand chêne. Il était composé de multiples petits ajouts comme des tours, des ailes, une avancée, un étage, le tout dans des styles toujours différents. La construction semblait tordue, des parties étaient même en ruines. Des dépendances se dessinaient dans le reste de la clairière et à la sortie du bois. Elles étaient à l’image du bâtiment principal, dans des styles encore différents, semblant tenir debout par magie, certaines tombées en ruines, ou ne semblant pas être utilisées depuis longtemps.

— Bon ! On y va ? lança le disciple d’Osamodas.
— Hum, attends. Tu peux nous dire à quelle époque nous sommes ? demanda Fero.
— Heu… Dans le futur !
— Oui, mais à quel point ? s’impatienta la disciple de Féca.
— Ouh ! Là ! Loin… répondit-il avant de commencer à compter sur ses doigts. En tout cas, bien plus que j’ai de doigts…
— Et tu veux qu’on rentre comme ça, dans une maison dont tu ne sais pas qui y habite ! remarqua Eloah.
— Mais, non ! Je sais qui y habite ! C’est mon petit-petit-petit-petit-petit-petit-petit… Rhâ ! Mince, j’ai perdu le compte. Heu… Enfin bref, c’est un descendant !
— Et tu crois qu’il va nous croire en lui disant : « Salut, nous sommes des amis d’Unician. Tiens ! Regarde, voilà son spectre ! »
— Heu… Oui ! Pourquoi il ne nous croirait pas ?
— Comme si c’était courant que le fantôme d’un de tes aïeuls se ramène avec des amies venant du passé ? s’impatiente à son tour la disciple de Sacrieur.
— Ah ! C’est vrai que je ne leur ai jamais présenté des personne du passé… Mais, c’est bon. Il comprendra ! Y’a pas de soucis.
— Oui… Et te voir là, comme ça, ça ne leur posera pas de problème ?
— Hein ?! Ah ! Mais, non ! Il me connaît ! C’est ça qui vous inquiétez ? Il sait qui je suis, pas de souci. affirma le spectre du disciple d’Osamodas.

Ainsi, ils traversèrent finalement la clairière, passant à coté d’un champs de fleurs et d’un petit potager. Unician frappa à la porte. Ils entendirent des bruits de bas, un choc, quelques injures d’une personne qui venait de se cogner les orteils, puis la porte s’ouvrit. Un disciple de Pandawa d’une trentaine d’année sortit.



— Heu, bonjour… Nous sommes des amies de… Heu… Unician, réussit-elle à prononcer avant que l’homme n’éclate de rire et qu’elle ne devienne toute cramoisie.
— Et, vous allez me faire croire qu’il se trouve à coté de moi ?
— Heu, non. Juste en face, ne pu-t-elle que corriger avant un nouveau fou rire et une gène de plus en plus grande pour la disciple de Sacrieur.
— Ha ! Ha ! Ha ! Elle est bien bonne ! ria-t-il à gorge déployée sans s’arrêter pendant un petit moment jusqu’à ce qu’il dû reprendre son souffle. Allez, j’arrête ! Uni, montre-toi !
— Tu veux me voir ?
— Vui… Ah ! Te voilà ! En effet, t’étais en face de moi ! Elle était bien bonne, tu savais que j’allais pas te voir !
— Vui ! Merci, d’avoir jouer le jeu, fiston ! Rhâ ! Elo, il fallait voir ta tête !
— Entrez, entrez ! On fera les présentations à l’intérieur ! Chérie ! C’est Uni, et il n’est pas seul.



— Bonjour, Unician.
— Bonjour Chiisana, ça va bien ?
— Je me sens grosse, lourde, prête à éclater. En plus, le bébé n’arrête pas de donner des coups ! Je vais, tout de même, très bien.
— Tu nous présentes, Uni ! intervint le futur père.
— Vui, vui ! Voici, des amies de mon époque, Ferora, première du nom, et Eloah. Fero, Eloah, voici mon petit Okun, sa femme Chiisana et un futur petit-fils ou future petite-fille. Au fait, vous avez trouvé un nom ?
— Avec Okun, nous avons décidé de l’appeler Sanoko si c’est un garçon, et Nei-Xian si c’est un fille.
— Ferora, c’est une joie de vous rencontrer. Eloah, très enchanté de vous voir ! Papy, t’étais plutôt bien entouré à ton époque !

— Ok’, j’ai vu que tu t’apprêtes à descendre au village, demain, pour faire ta livraison de tonneau et de fleurs de Chii. Est-ce que tu pourrais nous emmener ? T’auras de la place sur ton ballon ? demande Unician à son descendant. Elles sont pas trop lourdes, rajouta-t-il, fort à propos.
— Oui, c’est la dernière livraison que je fais, une toute petite. L’accouchement est pour bientôt, et je ne veux pas laisser Chiisana seule.
— Merci beaucoup. Les filles ! On repart demain, on descend au village avec Ok’, et on va au temple voir un prêtre de Xélor.


Par Unician

Le groupe fût ensuite convié à se mettre à table. Le repas fut apprécié de tous, la nourriture n’était pas si différente plusieurs siècles après. Et de toute façon, les dernières aventures avaient suffisamment creusés l’appétit de chacun pour avaler a peu près tout ce qu’il y avait de mangeable. Malgré tout, ce fut un repas assez calme et silencieux. Unician et Okun animaient principalement la discussion. Les femmes, pour diverses raisons propres à chacune d’elles, semblaient complètemant fatiguées et ne parlaient guère. Ainsi, la future maman présenta, après dîner, les chambres des filles. Ou plutôt, la chambre avec les lits. Eloah et Ferora étant suffisamment complices et fatiguées pour partager la même chambre cette nuit. Chacune s’installa donc rapidement dans son propre petit lit. Okun débarassait la table tandis que sa femme fermait les volets. Une paisible et reposante nuit s’annonçait pour nos aventuriers. Tout ce monde ferma les yeux de bonne heure et s’endormit aussitôt.

« Lean… Lean ! Où es-tu ? … NOOOON ! … Reviens, reviens, reviens… »

Dans son sommeil, Eloah entendait ces mots raisonner. D’une voix qui lui était inconnue, mais lui semblait familière. La disciple de Sacrieur s’agitait dans son lit, si bien qu’à un moment, un de ces gestes fit tomber au sol la bougie et son portoir qui étaient posés sur son chevet. Le bruit de la chute de l’objet la réveilla en sursaut. Eveillée, perdue, ne sachant plus où elle était, elle entendait toujours ces appels dans sa tête. Ses yeux commencèrent à s’habituer à l’obscurité.

« Où suis-je ? Il y a quelqu’un ? murmura t-elle. Ah ! Oui ! Unician, ses descendants, la maison dans la forêt… Fero ! Pss… Fero, tu es réveillée ? »

Eloah descendit de son lit et se mit à tâtonner en direction du lit de son amie. Elle se heurta le pied à quelque chose par terre, ce qui la fit trébucher. Elle tomba sur le lit de Ferora, en s’attrapant aux draps tant bien que mal afin d’adoucir sa chute et de limiter le bruit. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte que le lit était vide. Eloah se remit alors à tâtonner autour d’elle. Les affaires de son amie n’étaient plus à la place où Ferora les avait déposé avant de se coucher.

« Leaaaan ! »

A nouveau, cette voix dans la tête d’Eloah, pourtant bien réveillée maintenant. La disciple de Sacrieur essaya alors de répondre à cette voix, dans sa tête.

« Vous connaissez Lean ? Vous connaissez mon frère ? »

« ELOAH ?! »

A ce moment précis, en même temps que la voix eut prononcée son nom, un bruit sourd fit sursauter Eloah. La porte de sa chambre venait d’être ouverte par Okun suivi de sa femme qui tenait une bougie.

— Eloah ? Tout va bien ?
— Okun. Oh ! Je suis désolée. Je vous ai réveillé ?
— Et bien, c’est que nous avons entendu du bruit, alors… On s’est inquiété.
— Heu… Non, tout va bien, enfin… Ferora n’arrivait pas à dormir ?
— Ferora ? Diantre ! Elle n’est pas là ?!
— Et bien non. J’imaginais qu’elle était en bas.
— Non, elle n’y est pas. Mais…
— Où est-elle alors ?

Chiisana descendit immédiatement, suivie de son mari et d’Eloah. Ils fouillèrent la maison et appelèrent Ferora. Rien. La disciple de Féca était introuvable. Unician se matérialisa alors devant eux.

— Mais vous êtes debout bien plus tôt que je ne l’aurais pensé !
— Uni ! Fero a disparu…
— Comment ça disparue ?
— Ce n’est quand même pas compliqué à comprendre ! Elle est introuvable, on se sait pas où elle est. Rien. RIEN ! Tu comprends ça ? On ne sait RIEN !

La colère soudaine d’Eloah envers Unician surpris tout le monde, même si personne ne dit un mot. Eloah attrapa sa cape et enfila une paire de bottes puis sortit dehors, à la recherche de son amie.

— Et bien, ceci la met dans un tel état… constata Okun, surpris.
— Ouep, c’est bizarre. Fero est une grande fille, elle sait bien ce qu’elle fait. Je ne vois pas pourquoi elle s’énerve comme ça.
— Déjà, quand tu es rentré dans la chambre, elle était par terre l’esprit complètemant perdu, ajouta Chiisana, comme si elle avait vu un fantôme !
— Bon, retournez vous coucher, surtout toi Chiisana. Je vais essayer de les retrouver et de les ramener ici.

Unician se mit alors en route, mais il ne savait pas par où commencer. Cette forêt était si vaste…


Par Eloah

Pendant ce temps, ignorante des événements qui agitaient la ferme, Ferora se trouvait allongée au sommet d’une butte à quelques pas de là. Elle regardait fixement la voûte céleste, ses bras repliés derrière sa tête. On ne peut pas dire qu’elle réfléchissait, en fait, elle ne pensait même pas. Elle préférait perdre son regard au travers des étoiles. Ainsi, elle n’entendit pas son amie Eloah sortir bruyamment de la maison, ni ses cris d’appel. Finalement, ce fut Unician qui la trouva en voulant prendre de la hauteur. Il appela immédiatement la disciple de Sacrieur, très remontée, qui arriva très rapidement.

« Fero ! Non, mais ça ne va pas la tête ! s’exclama-t-elle furieuse. Qu’est-ce qui t’as pris de partir en pleine nuit, comme ça, sans prévenir personne ! Tu es… Tu es irresponsable ! Est-ce que tu as pensé à nous avant de faire une chose aussi absurde ! Déjà que tu nous fais ta mauvaise tête depuis que nous sommes sortis du monde des Morts ! C’est pas vrai ça… termina-t-elle par dépit. »

La disciple de Féca n’avait pas semblé réagir pendant la diatribe de son amie, et ce fut d’un grand sang froid qu’elle lui répondit :

— Elo. Si je n’ai prévenu personne, c’est qu’il me fallait être seule. Il faut que je me retrouve, que je retrouve un sens à ma vie même. Tu te serais inquiétées si je t’avais dit vouloir sortir seule dans la nuit, dans ce monde encore inconnu pour nous. Et puis, tu avais grand besoin de repos. Moi, je n’y arrivais pas… Je ne veux pas repenser aux derniers événements, et en même temps, il me faut y réfléchir…
— Mais enfin ! Je suis là pour t’aider, je suis ton amie. Pourquoi crois-tu que c’est fait l’amitié, bon sang !
— A dire vrai, je ne sais plus trop quoi penser… J’ai perdu tout sens à ma vie, ou plutôt, ma Déesse m’a repris ce que j’avais de plus précieux…
— Tu veux dire que tu n’es plus une Ryukana, c’est bien ça ?

Ferora n’eut pas la force de répondre, elle s’effondra en larmes. Son amie la rejoint et la pris dans ses bras pour la réconforter, toute colère oubliée.

— Une Ryukana ?! Tu étais une Ryukana ?! Voilà qui explique beaucoup de choses… réagit Unician.
— C’est donc pour ça que tes cheveux ont blondit ? demanda Eloah à son amie qui acquiesça de la tête.
— Je vais aussi devoir changer de vêtements, je n’ai plus le droit de porter ceux-ci, ajouta l’ex-Ryukana un peu calmée par l’étreinte de son amie. Mais… Je ne sais pas quoi faire après ! Elo, aide-moi, s’il-te-plaît ! Je… Je ne peux pas continuer comme ça…


Par Ferora

« Oh ! Hé ! Bien… Ne t’inquiète pas, nous allons trouver une solution… »

Eloah ne savait pas trop quoi dire. Elle était totalement impuissante et confrontée à une situation unique. Que pouvait-elle faire contre la décision de Féca. Mais, Eloah, disciple de Sacrieur jusqu’au plus profond de son corps et de son âme, allait tout tenter pour aider sa meilleure amie, sa sœur de cœur.

— Unician, tu dois nous conduire au temple de Sacrieur le plus proche.
— Au temple de Sacrieur ? Pour quoi faire ? C’est au temple Xélor qu’on devait aller…
— Je sais ce que je fais ! Ne discute pas, chaque chose en son temps.
— C’est que… La ville est éloignée. Il faut y aller avec Ok’, et il s’est recouché là…
— Non, nous n’allons pas les déranger encore. J’ai une autre idée…
— Elo, ne risque rien pour moi… avisa Ferora à son amie.
— Oh ! Non, ne t’inquiète pas. Je sais ce que je fais. Tout ira bien.

Ferora avait déjà compris qu’en réalité, Eloah ne savait pas ce qu’elle allait faire. Ou tout du moins, elle n’était pas si à l’aise qu’elle voulait le laisser penser.

— Uni… Hum ! On va descendre là bas, dans la petite clairière… Ça va être parfait. Tu veux bien me ramener toutes les feuilles de bumbu que tu trouveras à terre ?
— Parfait pour… Quoi ? Et, ces feuilles ?
— Heu… Je vais faire une petite invocation.
— Invocation de quoi ?
— Rhô ! Mais cesse de poser des questions inutiles ! Aide-moi, s’il-te-plaît. Fero, viens avec moi.
— Elo, qu’est-ce que tu fais ?
— Je vais essayer de trouver au moins une réponse à ton problème.
— Je ne comprends pas. Tu parlais d’un temple, puis finalement d’une invocation ?
— Oui, oui… Tu verras, tout va vite s’expliquer.
— De quel genre d’invocation s’agit-il ?
— Heu… D’une invocation complexe et… Heu…
— Oui ?
— Ecoute ! Je veux t’aider. Et si tu me fais confiance, alors suis-moi et ne t’inquiète pas.
— Je te fais confiance, mais tu me fais un peu peur, là. Tu as l’air très préoccuppée, et stressée.
— N’en touche pas un mot à Uni, mais, cette invocation, je ne l’ai jamais faite. Et puis, ce n’est pas vraiment une invocation…
— Elo, tu sais…
— Non. S’il-te-plaît, fais-moi confiance. Uni arrive… Laissez-moi faire.
— Voilà tes feuilles !
— Parfait, merci. Maintenant, observez. Et, silence s’il-vous-plaît. Je dois me concentrer.

Eloah disposa les feuilles de telle manière à décrire un cercle d’environ trois pas de diamètre. Elle se tenait debout, au centre. Puis, elle sortit une dague dorée et s’entailla le corps à divers endroits et prononça quelques mots qui jaillirent de son sang. Alors, ce dernier alla se répandre à l’intérieur du cercle. Elle s’agenouilla ensuite au sol, dans son propre sang. A ce moment Ferora eut un élan vers son amie qui lui fit d’un signe de la main de rester où elle était. Eloah se mit alors a prier. Pour Unician et Ferora, d’interminables minutes s’ensuivirent. Puis, les feuilles de bumbu qui décrivaient le cercle furent balayer, et le sang d’Eloah se mit littéralement en ébullition. Ce sang bouillant commença par s’élever et décrivit une forme amorphe devant Eloah. Cette forme grandissait sans cesse et prenait petit à petit la forme d’un être vivant. Finalement, le sang se résorba dans cet être, laissant apparaître, la déesse Sacrieur.

— Eloah ! Comment as-tu… Je dois dire que malgré ton insolence pour me convoquer ainsi, tu m’impressionnes. Seuls les grand prêtres sont capables de faire une telle chose.
— Pardonnez moi, mais… L’existence de ma meilleure amie, même, de ma sœur, est en péril.
— Ton adoration pour moi, et en conséquence les pouvoirs dont tu disposes, sont là pour régler ce genre de problèmes. Tu sais, tu es parmi les disciples les plus prometteurs, mais je suis très occupée.
— Encore une fois, pardonnez-moi. Mais, mes pouvoirs sont bien insuffisants pour la sauver de son péril. Et puis, sans vouloir vous paraître insolente, vous êtes en partie responsable…
— Comment ?!
— Si Ferora se perd. Je suis perdue, Lean est perdu, Ahiâm est perdu… Toute ma famille…
— Oh ! Oui, Ferora… Chaque disciple se doit de prendre conscience de ses actes et de répondre de ses trahisons.
— Je ne peux pas vous laisser dire ça ! Ferora n’a jamais trahi qui que ce soit. Au contraire, elle s’est dévouée plus que jamais. Tout ce qui lui arrive est lié à moi, tout comme ce qui m’arrive est lié à elle. Sans moi, ce disciple de Xélor ne l’aurait pas entrainé sur le monde des morts. Là-bas, elle a tout fait pour me protéger.
— Eloah…
— Non, laissez-moi finir, s’il-vous-plaît. Quand j’ai fait mes vœux auprès de vous, tout au long de mon apprentissage, on m’a appris et j’ai répéter que la seule chose qui importait pour un disciple de vous-même, c’était les autres, toujours les autres, avant tout les autres. C’est ce qu’a fait Ferora, disciple de Féca, et non de Sacrieur ! Elle savait pertinemment le risque qu’elle prenait en tant que Ryukana. A quoi elle risquait de s’exposer. En toute conscience de cause, elle a fait passer mon intérêt avant le sien.
— Eloah, je…
— Tout ce que je veux dire, ma chère Déesse, c’est que Ferora mérite votre gratitude. Elle a tous les principes, tout le courage, la détermination et l’amour d’un disciple de Sacrieur. A ce titre, à vos yeux, elle est réellemant tout ce qui forme un de vos disciples. Elle a le droit à vos faveurs.
— Tu parles bien, tu as beaucoup mûri à ce que je vois. Qu’attends-tu de moi ?
— Et bien, je dois dire que je trouve injuste la châtiment qu’on lui inflige. Je vous prie, ma Déesse, d’intervenir auprès de Féca. Je sais que vous vous entendez plus que bien. Ferora et moi, nous sommes un peu le reflet de Féca et de vous. Je suis sure que Féca vous écoutera.
— Ma chère Eloah, vous n’êtes pas le reflet de notre relation. C’est nous, qui sommes l’image de la votre… Tu ne lâcheras rien, n’est-ce pas ?
— Je ferais tout ce que je peux pour l’aider. Mais dans ce cas, je suis bien impuissante. Je ne veux pas m’opposer à une volonté Divine. Mais le fait est que, la réalité des choses qui se sont passées, sont bien plus complexes que ce que les règles invoquées sont capables de prendre en compte. Aidez-la, je vous en supplie. Aidez-moi.
— Je vais parler à Féca. Elle sera, cependant, seule maîtresse de sa décision. Je n’ai pas à m’immiscer dans la relation entre Féca et Ferora.
— Le fait que vous acceptiez simplement de lui en parler, me touche beaucoup, et je vous en suis reconnaissante. Merci, infiniment, merci…
— Oh ! Et… Puisque je suis ici. Si tu vas en ville au temple de Xélor et si tu le peux, fais un tour au temple d’Eniripsa.

Sur ces mots et sans rien dire de plus, Sacrieur s’effaça discrètemant du paysage.

« Elo ! Tu es folle ! Tu aurais pu te tuer avec cette invocation ! » gronda Unician.

Mais Eloah était si heureuse, emplit d’espoir pour son amie, qu’elle n’entendait pas les remarques d’Unician. Ferora, quant à elle, était restée muette, se sentant quelque peu mal à l’aise face à Sacrieur. Eloah sourit à son amie. Ferora avait les larmes aux yeux et lui rendit ce sourire. Puis, Ferora se dirigea vers Eloah, toujours agenouillé, et commença à lui panser ses blessures, légères.

— Tu es folle, tu n’aurais pas du faire ça, lança d’une voix douce une Ferora souriante.
— Oh ! Tu as fait bien pire pour moi !
— Tu crois que ça va marcher ?
— Je crois que Sacrieur et Féca sont de très grandes Déesses. Nous verrons bien. Sois confiante. Je le suis.


Par Eloah
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